[Essais Faneuses] 6 ou 8 toupies, quelle machine est la plus efficace pour limiter les pertes ?

Machinisme Agricole Tests et avis
essai faneuses

Prise d'échantillons pour la mesure de matière sèche.

01/06/2017 - 06:30

Un essai réalisé en 2016 dans le Limousin montre qu’à largeur égale, une faneuse 8 toupies offre le meilleur compromis entre pertes et vitesse de séchage. En petit rendement, un boîtier réducteur est favorable pour préserver les fourrages fragiles.

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Le fanage d’un fourrage provoque des pertes, qu’il est souhaitable de réduire au maximum. Un groupe de techniciens du Limousin l’avait mesuré lors d’un essai sur les itinéraires de fenaison. Ces spécialistes ont cherché à savoir si le diamètre des toupies de la faneuse pouvait jouer un rôle. Un groupe de travail (1) s’est attelé à la tâche, pour comparer une 6 et une 8 toupies, de même largeur (7,80 m DIN). Les machines sont intervenues sur des ensembles de 3 andains de 1,60 m, à régime normal, et à régime lent (moteur du tracteur à environ 1350 tr/min au lieu de 1800). Le fourrage était un mélange de graminées et légumineuses à 50-50.

Avantage aux petits rotors

Les techniciens ont mesuré l’homogénéité de la répartition du fourrage au sol. Leur conclusion : la 8 toupies offre une meilleure répartition que la 6 toupies. On dit souvent que l’idéal pour faire coller une faneuse à la largeur de fauche est que chaque andain soit saisi par une paire de toupies. En fait, le facteur « petit diamètre » semble ici plus fort car il permet de diviser finement la masse de fourrage. Autre avantage de la 8 toupie sur la 6 : elle ramasse mieux sans pour autant gratter le sol, pour des raisons de géométrie faciles à comprendre. Pour bien ramasser, la 6 toupies a besoin d’être réglée en inclinaison avec un angle plus faible, mais du coup elle soulève moins. C’est là aussi qu’on mesure l’intérêt de ne pas faucher trop ras…

faneuse 6 toupies

La 6 toupies.

Viser 5 coups de fourche

Point commun aux deux machines : un régime lent améliore la répartition homogène du fourrage au sol. Les techniciens ont calculé que pour obtenir une bonne répartition, « il faut concilier régime prise de force et vitesse d’avancement pour avoir 5 coups de fourche par mètre linéaire et par toupie ». Avec la 8 toupies de l’essai, cela signifie par exemple avancer à 7 km/h avec un régime moteur réduit (330 tr/min à la prise de force), ou bien pousser à 10 km/h avec le régime normal (450 tr/min à la prise de force). Ce compromis assure un ramassage suffisant, sans brasser inutilement le fourrage.

Un gain de 60 €/ha

Deuxième facteur mesuré : les pertes. Au régime de rotation rapide, la 6 toupies accuse le maximum de pertes : 4% de la récolte, pour deux passages. Pour sa part, la 8 toupies offre un résultat constant, et similaire à celui de la 6 toupies au régime lent : autour de 3%. Pour la 6 toupies, la différence de pertes entre régime rapide et régime lent a été chiffrée : elle équivaut à 60 €/ha, pour une première coupe, soit 15% du coût de production.

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faneuse 8 toupies

La 8 toupies.

Séchage rapide

Troisième critère : la vitesse de séchage. Au moment du pressage, le traitement le plus énergique, 6 toupies et régime rapide, affichait 79% MS. La 8 toupies aux deux régimes de rotation laissait un foin à 76% MS. Et la 6 toupies à régime lent, seulement à 72% MS. La 8 toupies semble donc offrir le meilleur compromis entre pertes et vitesse de séchage.

Les bénéfices du boîtier réducteur

Dans un deuxième essai, les techniciens ont utilisé dans la comparaison une faneuse 6 toupies avec boîtier réducteur. Elle fournissait à peine 2 coups de fourche par mètre et par toupie, et a été employée en marche oblique. Cette méthode revient à travailler le fourrage en andains. Les andains sont simplement aérés, et décalés grâce à la marche en oblique. Le tracteur roule très peu dessus. Bonne pioche : cette modalité a permis de diviser par deux les pertes de l’opération de fanage : à peine 4% de la récolte, au lieu de 8% ou 9% pour les autres itinéraires, pour un seul passage. Le séchage s’est par contre avéré un peu plus lent : 5-6 points de MS de retard, mais la parcelle affichait un rendement de 4,2 t MS/ha. Dans une petite récolte, le séchage aurait sans doute été suffisamment rapide. Disposer sur la faneuse d’un boîtier réducteur a ainsi pour intérêt de pouvoir travailler en andains les fourrages fragiles quand le rendement est faible.

andain de foin

Fanage en andains.

(1) Essai réalisé par la Chambre d’agriculture du Limousin, Arvalis, le GDA de Bourganeuf, la Cuma Vallée du Thaurion, Kuhn, le GIEE du Thaurion, avec l’appui du ministère de l’Agriculture. Commentaires de Pierre Lépée (Chambre d’agriculture de la Creuse), coordinateur de l’essai.

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