[Stratégie de groupe] Une cuma ensilage qui va au-delà de la prestation complète

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Le tracteur du groupe de la cuma sert aussi à l'ensilage

Depuis quelques campagnes, la cuma propose aussi la prestation du tassage.

22/09/2017 - 12:48

Non seulement la cuma des Vallons du Douet propose une prestation intégrant l’ensileuse, récente, le tracteur tasseur, sa lame, des chauffeurs… mais elle s’implique aussi dans un travail régional pour faire avancer la qualité des chantiers. Ses choix l’ont jusqu’ici conduite à développer une belle activité.

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Des évolutions pour être innovants et performants. L’ensilage de maïs est l’activité principale de la cuma des Vallons du Douet depuis sa création en 1979. Depuis, les responsables ont adapté l’organisation et la gestion de l’activité en fonction des besoins des adhérents.

La conduite était assurée par de la main d’œuvre saisonnière ou par les adhérents. Le renouvellement avait lieu tous les 4 à 5 ans pour une activité globale de 390 ha. Jusqu’en 2013…

Le changement c’est en 2013

Cette année-là, la cuma a signé un contrat de location pour une ensileuse à maïs 7480 John Deere 8 rangs. Cette décision s’explique par un questionnement global du groupe, dans un contexte de potentielle baisse d’activité due à des changements de système pour certaines exploitations. La cuma localisée à Cambremer était aussi dans une réflexion de création d’emploi. Elle passe le cap du premier salarié. Une seconde embauche suivra, dès 2014.

Le groupe commence aussi un travail en intercuma pour pouvoir réaliser de l’ensilage d’herbe avec la cuma des Quatre Rivières. Jusqu’alors la cuma des Vallons du Douet est la seule à ne pas avoir d’activité ensilage d’herbe avec la machine. Cependant, les besoins des adhérents sont présents et peuvent conditionner pour certains, l’adhésion à l’activité.

Avec des tracteurs, on peut tasser des silos

Avec l’arrivée des salariés, la cuma a créé un groupe tracteur. En accord avec le groupe ensilage, elle décide d’acheter une lame pour équiper le tracteur et embauche un saisonnier pour proposer une activité comprenant le tassage.

Au bout de 2 ans, l’activité fait quasiment l’unanimité. L’équivalent de 400ha de surfaces ensilées (maïs et un peu d’herbe) est tassé par la cuma. Le service est facturé 20€ par hectare de maïs (tracteur + chauffeur) et pour l’herbe 42€ par heure (tracteur, chargeur, chauffeur), sans compter le carburant.

Du nouveau aussi pour le renouvellement et la facturation

Pour l’ensileuse, en 2016, après les 3 années de location et la fin du contrat, le choix a été fait d’acquérir une automotrice neuve John Deere 8400 pour plus de 325.000€ avec un bec Kemper pour le maïs et un pick up pour l’herbe.

Nouveauté également pour la facturation: c’est la première fois que le groupe facture l’activité à l’heure rotor et non plus à l’hectare pour plus d’équité dans le groupe. Pour le maïs, il est fixé à 224€ par heure rotor (hors main d’œuvre), pour l’herbe, c’est 200€ par heure rotor (chauffeur compris, sans fuel) + 25€ par heure de présence du chauffeur (route + attente).

L’objectif du groupe est de maintenir l’activité ensilage dans la cuma en alliant disponibilité pour les chantiers et performance économique. En 2016, cette activité a représenté 145h pour le maïs et 78h pour l’herbe.

Une coopération élargie pour des ensilages performants

Quid de 2017? Les maïs ont muri très vite cette année, avec 3 points par semaine, beaucoup ont été surpris, mais finalement, aujourd’hui, les caprices de la météo ont permis de retrouver de la souplesse. Les chantiers ont commencé dès le 9 septembre à la cuma des Vallons du Douet. Après des analyses de MS effectuées par Littoral Normand le 6 septembre, le planning a été calé le soir même au hangar de la cuma.

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L’ensileuse équipée pour un chantier de récolte d’herbe.

La machine a déjà récolté 500 ha d’herbe cette année. Avec les 250ha de maïs en cours, le prix de revient se situe en moyenne à 100 €/ha avec tasseur. De quoi en laisser pantois plus d’un, d’autant quand on se souvient qu’en 2012 la cuma récoltait 357 ha.

Pour allier encore plus de performance, la cuma a intégré un programme de travail régional autour des ensilages, nommé «Ecosilage». Fédérations des cuma et contrôles laitiers y interviennent avec pour objectif de limiter les pertes, du champ à l’auge, et améliorer la qualité des fourrages produits.

Des suivis de chantiers sont en cours auprès de plusieurs groupes. Des diagnostics de silos ont d’ailleurs été réalisés sur la campagne précédente et des conseils sont prodigués pour celle en cours : analyse des fourrages et du travail fait par l’ensileuse, réglage de la machine (longueur de coupe, serrage de l’éclateur), appui sur la conception des silos, etc.

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Le chantier ensilage à la cuma des Vallons du Douet.

Dans l’hiver, des relevés (pH, densité, température) seront faits une fois les silos ouverts. Les groupes suivis possèdent tous une désileuse automotrice, cela permettra notamment d’établir des coûts alimentaires complets.

Des outils à l’ensilage
L’application «TassSilo» a été mise à jour. Disponible gratuitement sur android, elle vous permet de vérifier si vos pratiques vous permettent d’aboutir à un silo de qualité selon différents paramètres, un bon moyen pour éventuellement faire des corrections en amont d’un chantier de récolte.

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