Réorganiser les chantiers d’ensilage d’herbe

En région Initiatives
Ensilage de l'herbe à la cuma saint bonnet labellisée GIEE

Christophe Bonhomme et Frédéric Chouvelon, : « L’ensilage est la réussite d’une année en une journée ! »

17/05/2018 - 10:58

La récolte de l’herbe apparaît à la cuma de Saint Bonnetle-Château comme le point central, déterminant les résultats des élevages. Une fois l’objectif défini, l’organisation
est à mettre en place et les moyens à mettre en face.

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C’est apparu comme une évidence à l’issue d’une réunion prix de revient, organisée par le contrôle laitier. « La qualité de l’ ensilage détermine la présence ou non du maïs dans la ration ainsi que l’achat de soja et de concentrés tant la diversité des résultats des élevages est grande ».

Désormais, il faut à chaque fois réussir son ensilage d’herbe, soulignent Christophe Bonhomme et Frédéric Chouvelon. L’exigence s’est affirmée en même temps que l’impact du changement climatique est devenue perceptible. « Dès 850-950 m d’altitude, une sécheresse estivale est marquée, le maïs comme la pousse de l’herbe est impacté. La récolte printanière est encore plus déterminante. Pour réussir son ensilage, les jours de beau temps doivent être optimisés. Augmenter les rendements de chantier, c’est accroître le nombre d’hectares récoltés. Et donc le nombre d’adhérents satisfaits car la pression est effroyable. »

Pour la circonstance, la cuma est labellisée GIEE. Le volet financier de ce dispositif aide à envisager des pratiques innovantes. Trois thèmes sont retenus : la récolte de l’herbe, les effluents d’élevage et les itinéraires techniques de maïs (même si les surfaces diminuent).

Ensilage de l’herbe : une organisation pointue

Constat central pour la récolte de l’herbe : pour maximiser la récolte en conditions optimales, l’ensileuse de 400 ch doit « tourner à fond ». Il faut lui apporter la matière en conséquence et donc récolter 45 à 50 hectares quand la journée se prête au travail.

Alors une vaste banque de travail est organisée : jusqu’à 5 faucheuses (et leur chauffeur) sont mobilisées dans le but d’obtenir, avec un regroupeur d’andain, un maximum d’herbe à 35-40 % de MS, quitte à refermer un andain pour l’ensiler seulement le lendemain. «La récolte d’herbe, c’est la réussite de l’année», souligne Frédéric Chouvelon. Auparavant, des surfaces étaient parfois «ratées» à 15 % de MS.

Apporter suffisamment d’herbe de qualité optimale à la machine pour qu’elle fonctionne au maximum, devient une évidence. «On a gagné 1 ha/h»! Le tarif à l’heure de rotor a donc augmenté car il y a moins d’heures mais. Ramené à l’hectare, le coût a diminué car le rendement de chantier est meilleur.

Ensuite, au tas, deux tracteurs sont désormais requis et la journée se termine par le bâchage hors d’eau de l’ensilage. La banque de travail permet d’ailleurs de se remplacer jusqu’à la traite. L’hiver 2017 fut propice aux réflexions. Au final, deux groupes de fauche de 6 m et deux andaineurs de 9 m sont achetés. Deux ensembles plutôt qu’un seul plus large car cela permet de contenter deux adhérents et de ne pas dépendre d’un seul train de fauche. A l’avenir, un tour
de champs pourrait déclencher le choix des parcelles. Ce serait encore plus performant que le pré-planning actuel réalisé selon l’attitude et l’observation générale des parcelles.

Agriculture de conservation : une dynamique créée pour la cuma

Cette petite révolution a créé une dynamique dans la cuma. Les adhérents se posent de nouvelles questions notamment en agriculture de conservation, sujet aigu sur sol sableux en pente. De même, l’épandage des lisiers par pendillards sera abordé. Il existe une grosse pression environnementale en raison des odeurs. «On a besoin de tout le monde dans un village» ! Par ailleurs, le développement de l’agriculture bio rejaillit sur les pratiques de tous. La herse étrille de 9 m avec semoir pneumatique permet un meilleur renouvellement des prairies. Les cultures de printemps sous couvert de céréales prennent de l’ampleur.

« Finalement, on redécouvre les pratiques de nos grands-parents », remarque Christophe Bonhomme. A ce niveau, la cuma n’est plus seulement un parc matériel doublé d’une banque d’entraide. Elle devient un carrefour d’échanges techniques afin que tout le monde réussisse grâce à la mutualisation des moyens et des compétences.


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Par Paul Loglais.
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