[Stratégie de groupe] Le hangar, structurant et fédérateur

Gestion économique Organisation des chantiers
Ranger, abriter le matériel : le hangar est investissement que cette cuma a fait : une fonction structurante pour les projets coopératifs.

L’hypothèse d’une production photovotaïque, afin de compenser l’investissement de 79.000 € pour un bâtiment d’environ 760 m², a été d’autant plus facilement envisagée que le terrain se trouve à proximité d’un transformateur.

17/10/2017 - 10:55

Au-delà de sa fonction première – ranger, abriter, protéger le matériel – le hangar possède aussi une fonction structurante renforçant le projet coopératif.

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Construire, ou acheter, un hangar représente souvent, pour une cuma, une véritable décision stratégique. Un investissement qui présente de nombreux avantages. Le premier, et le plus évident, réside dans la mise à l’abri du matériel. Moins exposé, donc moins sensible à l’usure. Le hangar permet par ailleurs une meilleure visibilité de la disponibilité des outils ainsi rassemblés. Prolongé parfois par un atelier, il facilite leur entretien et les interventions mécanique.

Gain d’argent et de temps

Il évite, ou limite, la multiplication des bâtiments individuels chez les adhérents. Et offre au final une solution économique en mutualisant les mètres carrés pour loger le matériel. Il doit, en principe, se traduire par un gain de temps, en matière de déplacements, pour les adhérents. Et à cet égard, le choix du site, autant que possible central, revêt une réelle importance.

Au cœur de la cuma, le hangar est ainsi lieu de rencontre, de réunion, renforçant les liens entre les membres. Et il facilite, avec un local dédié, les réunions du bureau et la gestion administrative. Mais le hangar a aussi une autre fonction, tout aussi positive mais immatérielle. Symboliquement, il formalise le projet coopératif du groupe. Il devient un élément structurant de la vie de la cuma et peut, au final contribuer à conforter l’activité de celle-ci.

Hangar : de nouvelles facilités pour investir

Cet investissement peut obéir à plusieurs raisons et prendre plusieurs formes. Achat et transformation d’un bâtiment déjà existant, comme pour la cuma de Livernon ; extension et réaménagement à l’exemple de celle de Paunac ; création d’un atelier dans le cadre du projet d’embauche d’un salarié, à la cuma de Gramat ; ou encore lié à une production photovoltaïque permettant de compenser l’investissement, comme la cuma de Labastide-Murat.

Un décret de décembre 2015 autorise une cuma à construire un hangar sur une parcelle classée agricole au PLU. La Région est aussi favorable à l’ouverture du volet « hangar » du DiNA Cuma vers lequel pourraient être fléchés certains projets. Nous souhaiterions en particulier orienter vers ce dispositif, mais pas exclusivement, les projets permettant d’améliorer le fonctionnement du groupe (bureau, salle de réunion) et les conditions de travail à l’intérieur des hangars-ateliers existants (isolation, chauffage, ventilation, vestiaires, sanitaires, aménagements divers, mise en sécurité, …) notamment pour les cuma qui emploient des salariés.

Labastide-Murat
Louer le toit et produire du photovoltaïque


Dès l’automne, le toit du hangar de la cuma de Labastide-Murat, dont la construction vient de s’achever, va produire 100 KW/h, en crête, d’électricité. Une centrale photovoltaïque qui a, dans une large mesure, conditionné la construction du bâtiment.

«Le fait de disposer d’un hangar était évoquée depuis l’élection d’un nouveau bureau, il y a deux ans, explique Frédéric Addenin, président de la cuma. Le matériel était jusqu’alors entreposé à l’extérieur, sur les parcelles des adhérents. Avec un taux d’usure qui se traduisait par de nombreuses réparation et hypothéquait
sa valeur de reprise. Avec les nouveaux investissements, plateau, herse étrille, conditionneuse, bob de nettoyage, une mise à l’abri s’imposait.»


Première étape, l’achat d’un terrain, un demi-hectare, un investissement de 5 000 € sur une parcelle se trouvant, heureux hasard, à proximité d’un transformateur. L’hypothèse d’une production photovoltaïque, afin de compenser l'investissement, 79.000 € pour un bâtiment d’environ 760 m², a été d’autant plus facilement envisagée que le groupe bénéficie de l'expérience du tréssorier. Thierry Mérican, lui-même équipé depuis longtemps à titre individuel.

Un atelier en projet

Après un premier contact, infructueux, avec une société spécialisée «nous avions quelques craintes sur le plan fiscal» , l’équipe se rapproche du département Energie de Fermes de Figeac (Sicaseli), qui intervient dans les installations d’énergie renouvelable sur les exploitations.

A travers une SAS créée pour la circonstance, Fermes de Figeac assure l’investissement, environ 100.000 €, le montage des 650 m² de panneaux photovoltaïques, et commercialise l’électricité auprès d’EDF. En contrepartie, la SAS verse à la cuma un loyer de 2.500 € sur 20 ans.

«Ajouté aux 20.000 € de subventions Région, cela permet d’amortir une partie de notre investissement», indique Thierry Mérican. Mais le fait de disposer d’un hangar représente un autre avantage, souligne Frédéric Addenin : «Nous prévoyons d’aménager un atelier qui permettra à notre salarié de prendre en charge l’entretien du matériel. Chose dont il ne pouvait pas s’occuper auparavant...»


Numéro spécial Lot paru en septembre 2017 : hangar et enjeux de demain en cuma.

Retrouvez l’intégralité de l’édition spéciale Lot parue en septembre dernier en cliquant ici.

Par Jean-Marie Constans.
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