Deux choix pour l’herbe

En région
Herbe. Les éleveurs de la cuma de la Chaize dans l'allier sont pleinement satisfaits de la remorque auto-chargeuse : les tas de foin sont faciles à faire.

Sylvain Bellini et Kevin Redondaud, 25 ha d’herbe récoltés à deux en une journée, avec leur remorque auto-chargeuse.

05/10/2017 - 11:15

Le foin comprend toujours sa part de risque, tandis que l'ensilage suscite moins d'enthousiasme. Des alternatives prennent de l'ampleur. Deux groupes viennent de s'équiper, l'un en remorque auto-chargeuse, l'autre en enrubanneuse. Retour sur les raisons de leur choix.

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La remorque auto-chargeuse entame sa seconde campagne à Venas, dans le groupe de 5 éleveurs de la cuma de la Chaize. Elle donne entière satisfaction. Bien sûr, il a fallu louer un 200 ch, mais le service est efficace. « On récolte 25 ha/jour à deux, en choisissant précisément notre moment d’intervention selon la météo et le stade de l’herbe en prairies », expliquent Sylvain Bellini et Kevin Redondaud.

Certes, les parcelles distantes freinent le rendement de chantier. « Le bon cadencement pour notre caisse de 38 m3 est d’une remorque toutes les 20 minutes. Cela dépend aussi de la distance à la parcelle. A 12 kilomètres, on tombe à une par heure. » Une fois arrivée, la matière est si bien hachée que les tas sont faciles à faire, même « en taupe ». Plus tard, la distribution est aisée et la digestibilité améliorée. Le tout pour 40 € par voyage et peu de plastique, sinon le bâchage du silo.

En revanche, ils déplorent une machine lourde, « qui laisse des traces dans les champs » quand les conditions ne sont pas porteuses. Cependant, ils remarquent aussi que la remorque-plateau, chargée de ballots enrubannés, présente également cet inconvénient.

Des petits chantiers, même en fin de saison

A Nizerolles, en Montagne bourbonnaise, le relief rend difficile l’utilisation de la remorque auto-chargeuse. L’ensilage devient moins attractif en raison du «temps à rendre» qui provoque presque deux semaines d’absence de l’exploitation et un parcellaire qui devient compliqué au fil de l’accroissement de puissance des ensileuses.

«L’enrubannage est intéressant si l’on abandonne l’enrubanneuse mono-balle qui devient trop lente », constatent Yves Affaires, Philippe Laurent et Sébastien Compagnat, réunis dans une copropriété pour une presse enrubanneuse. Leur choix s’est porté sur une presse enrubanneuse de diamètre 125-130, à rouleaux, cœur mou.

presse enrubanneuse cuma de la chaize

Pour Yves Affaires, Philippe Laurent et Sébastien Compagnat, un principe souple et une matière toujours de qualité : « On ne reviendrait pas en arrière. »

« On suit le développement des prairies, les petits chantiers sont possibles, surtout en troisième coupe et l’on peut sauver de la matière, toujours de bonne qualité. » Les chantiers s’organisent à trois et ça tombe pile ! Le débit de la presse correspond à peu près à ce que deux hommes transportent, soit 15 t de matière brute rentrée par heure.

Le rendement de chantier est de l’ordre de 30 ballots par heure, variant de 20 à 40 ballots par heure, et donc 1,5 à 3 ha/h selon les conditions. « On ne reviendrait pas en arrière », déclarent en chœur les trois éleveurs.

Souple à l’usage, mais coûteux en plastique

Le principe est souple et à l’usage, il est plus aisé d’ouvrir quelques ballots qu’un tas d’ensilage… et pas de silo à construire. Reste le coût du plastique, de l’ordre de 2,20 € par ballot, qui constitue un réel budget. C’est le prix de la souplesse, de la flexibilité et de la réversibilité face au foin.

Toutefois, celui-ci représente toujours la moitié de la récolte d’herbe (en bottes carrées). Pas de parti pris, chacun a trouvé sa solution, mais chaque fois, le travail de groupe améliore le rendement des chantiers et permet l’accès à un matériel neuf et performant.


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Par Paul Loglais.
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