L’arbre, un fourrage comme un autre?

Elevages
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L’INRA expérimente la production de ressources fourragères alternatives d’origine ligneuse, à partir de l’exploitation agroforestière d’arbres ou d’arbustes.

15/11/2017 - 12:29

L’INRA expérimente l’exploitation d’espèces ligneuses en tant que ressources fourragères potentielles. Des essais sont menés à la station de Lusignan (Vienne).

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1976: la sécheresse s’abat sur l’Hexagone. Les éleveurs bovins sont en quête de ressources alimentaires pour pallier les déficits de fourrages. Le foin est à prix d’or, quand il y en a… Des presses moyennes densité migrent dans les plaines pour conditionner la paille et des contingents d’éleveurs volontaires s’activent pour la transporter. C’est à cette époque aussi que l’on tente des essais improbables. Pourquoi ne pas couper par exemple certaines branches de châtaigniers pour les distribuer aux animaux?

Des ressources avec l’agro-foresterie

Mis à part cet épisode, les éleveurs et notamment les éleveurs laitiers ont rarement eu l’occasion de mettre en pratique cette démarche. Seuls quelques élevages pastoraux que l’on rencontre un peu en agriculture méditerranéenne ou dans les estives, sont dans cette situation. Alors que l’agroforesterie déploie petit à petit ses ailes, les chercheurs de l’INRA ont cherché à savoir, dans quelle mesure certaines espèces ligneuses permettraient à la fois de diversifier les ressources fourragères tout en offrant un micro-climat plus favorable aux animaux (voir le résumé de l’étude de l’INRA parue sur le site de l’AFPF).
A Lusignan, des pieds de vignes et une dizaine d’espèces d’arbres ont été plantés en lignes dans une parcelle de 9ha. En parallèle, des haies nouvelles ou déjà existantes ont été rendues accessibles aux animaux. Plusieurs espèces sont testées du point de vue de leur intérêt alimentaire: aulne, chêne, frêne, acacia, saule, noisetier, aubépine, prunelier… Ce théâtre d’expérimentation offre la possibilité aux chercheurs d’évaluer plusieurs caractéristiques: la valeur nutritive des diverses espèces ligneuses d’arbres et d’arbustes, leur productivité, leur capacité à supporter une coupe mécanique ou un pâturage en prise directe, leur adaptation au changement climatique… Le panel de mesures est large: teneur et dégradabilité de la MS et de la MAT, teneur en fibres, en tanins condensés, disgestibilité réelle par les bovins laitiers, etc.

Fourrages alternatifs?

Il faudra patienter quelques années pour obtenir les résultats définitifs des études en cours.  Selon les premiers retours, il existe beaucoup de différences entre les différents échantillons étudiés. «Plusieurs espèces présentent un excellent profil, tant pour leur valeur protéique que pour les valeurs énergétiques. C’est le cas du mûrier blanc et du frêne commun», affirment les chercheurs. Face à l’enchaînement des étés chauds et secs, ces ressources ligneuses pourraient donc constituer des substituts aux fourrages pâturés habituels. A condition toutefois que cette alternative ne complique pas excessivement le travail de l’éleveur…

Voir aussi l’article « L’agroforesterie  très en vogue » paru sur le site Entraid’

 

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