Le programme pour l’agriculture des candidats à la présidentielle

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AFP Propositions concernant l'agriculture des cinq principaux candidats à la présidentielle.

Propositions concernant l'agriculture des cinq principaux candidats à la présidentielle.

30/03/2017 - 14:36

Revenu des agriculteurs, Politique agricole commune (PAC), liens avec l'industrie et la distribution, investissements et normes: les propositions pour l'agriculture des cinq principaux candidats à la présidentielle.

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François Fillon

Le candidat Les Républicains veut redonner des marges bénéficiaires aux agriculteurs. Pour cela, il propose d’encadrer par la loi la négociation des contrats entre producteurs et industriels, et entre industriels et distributeurs, en réformant la loi de modernisation de l’économie (LME).

L’épargne de précaution des agriculteurs serait défiscalisée, et il existerait un sursis au droit de succession tant que l’exploitation reste dans le cadre familial.

Il veut relancer les programmes de recherche, notamment sur les biotechnologies, et abroger par ordonnance toutes les normes ajoutées à la réglementation européenne.

Selon lui, la PAC doit réaffirmer la préférence communautaire et doit être fondée sur la gestion des risques et le soutien à l’investissement.

Benoît Hamon

Le candidat du Parti socialiste veut amplifier la transition agroécologique pour s’adapter au changement climatique, protéger la biodiversité, les ressources naturelles et le bien-être animal. Ce plan de transition agricole coûtera 5 milliards d’euros.

Pour permettre aux agriculteurs de vivre décemment de leur travail, il souhaite sortir l’agriculture de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et créer une exception « agriculturelle ». Dans ce cadre, la PAC doit pouvoir, selon lui, lutter contre la volatilité des prix grâce à une combinaison d’outils comprenant des aides contracycliques et une maîtrise des volumes de production au niveau européen pour éviter les surproductions.

Il s’engage à organiser, dès l’automne, un Grenelle de l’environnement pour développer une politique de l’agriculture et de l’alimentation qui inclut le consommateur citoyen. Il veut sanctuariser le principe de précaution.

Marine Le Pen

La candidate frontiste défend le modèle de l’agriculture familiale, seul moyen selon elle de garder du lien social et de lutter contre la diversification des campagnes.

Elle souhaite restaurer la souveraineté alimentaire de la France en remplaçant la PAC par une Politique agricole française. Au bout de deux ans, l’État fixera des prix minimum garantis pour qu’à terme, les agriculteurs puissent vivre de leur travail sans avoir besoin de recevoir des aides une fois sortis de l’Union européenne.

La France sortira des différents traités internationaux signés par l’Europe. Des droits de douanes seront prélevés sur les produits importés de pays qui font du dumping social et environnemental par rapport à la France.

Concernant les abattoirs, la candidate plaide pour l’électronarcose et estime que l’étourdissement des animaux avant l’abattage est un principe juridique qui fait l’objet de dérogations excessives par les communautés musulmanes et juives.

Emmanuel Macron

Le candidat d’En marche! veut un plan Marshall pour moderniser l’agriculture. Il compte dédier à ce secteur 10% des 50 milliards d’euros d’investissements prévus pour redresser l’économie française. S’y ajoute le doublement des fonds pour développer les mesures agroenvironnementales, portés à 200 millions.

Le candidat veut organiser un Grenelle de l’alimentation, rassemblant tous les acteurs de la filière, tout en accompagnant le regroupement des agriculteurs dans des organisations de producteurs plus puissantes pour peser plus dans les négociations commerciales et ainsi reprendre de la valeur.

Il souhaite changer la philosophie de l’administration sur la question des normes pour qu’elle conseille plus qu’elle ne sanctionne, et prévoit des allégements de charges pour les agriculteurs, ainsi qu’un prêt d’honneur à 0% pour ceux qui s’installent.

La PAC doit selon lui privilégier les aides couplées, la régulation et les aides contracycliques.

Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de la France insoumise veut privilégier une transition de l’ensemble des exploitations vers l’agriculture écologique et paysanne pour garantir une alimentation de qualité pour tous et créer 300.000 nouveaux emplois.

Pour garantir une politique de prix rémunérateurs, il veut revenir à une régulation du marché et garantir des prix minimum aux producteurs grâce à un mécanisme public de fixation des prix. Les produits étrangers seraient taxés afin de ne pas créer de distorsions de concurrence.

Il souhaite créer des établissements publics fonciers ruraux élargissant les missions des actuelles Safer pour stopper l’accroissement du prix du foncier agricole.

Il veut également sortir des traités de libre-échange et exiger la refondation de la PAC dont les aides seraient dédiées à la transition écologique, à développer de nouvelles filières et rémunérer les services que rendent les agriculteurs.


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