Le lentillon renaît en cuma

En région
Rencontre dans la Marne avec la cuma du Lentillon : tri, investissement machines, matériels, semis, récolte.

Rencontre : le renouveau du lentillon dans la Marne. Didier et Frédéric Lambin nous expliquent le fonctionnement de la cuma.

21/02/2018 - 18:00

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La cuma du Lentillon, située à Coupéville en pleine Champagne crayeuse, est la seule cuma du département de la Marne avec un atelier de diversification.

La cuma du Lentillon a été créée en 2012. Elle compte aujourd’hui 9 adhérents, tous en agriculture biologique pour une partie ou la totalité de leur exploitation, et réalise un chiffre d’affaire annuel de 25 000 €. Pour réaliser le triage de la production du lentillon de la Champagne de ses adhérents, la cuma a investi en 2012 dans un trieur optique.

Ce groupe d’agriculteurs répartis sur les départements des Ardennes, de la Marne et de l’Aube possédait déjà une station de tri en copropriété depuis 2004. Le président de la cuma, Didier Lambin, explique : «La copropriété fonctionnait bien mais il manquait un cadre juridique pour faciliter la facturation de l’entretien du matériel à chaque membre du groupe. L’investissement dans le trieur optique a été l’élément déclencheur de la création de la cuma.»

Aujourd’hui, la cuma possède un trieur plan, un trieur calibreur rotatif, un trieur alvéolaire, une table densimétrique et un trieur optique.

La station de tri de la cuma du Lentillon.

La station de tri de la cuma du Lentillon.

La production du lentillon relancée dans les années 80

Cet ensemble de matériels d’une valeur de 180 000 € à l’achat, permet de trier la production du lentillon de la Champagne qui représente une surface totale de 70 ha. Le lentillon était une plante cultivée durant dans la seconde guerre mondiale mais qui a disparu dans les années 70. La production a été relancée dans les années 80 par un agriculteur situé à Queudes, René Devalance, suite à la découverte de graines dans un grenier à Courtisols.

Le lentillon biologique est une culture qui se sème au mois d’octobre en association avec du seigle qui lui sert de tuteur. L’itinéraire technique est simple, aucun intrant n’est nécessaire. Seuls plusieurs passages de herse étrille sont effectués à partir de la mi-mars. Le lentillon est récolté, avec le seigle fin juillet, avec un rendement moyen de 1 t/ha pour le lentillon et de 3,5 t/ha pour le seigle. L’ensemble est ensuite trié afin de séparer le lentillon du seigle et des impuretés pour le rendre consommable par l’homme.

Chaque adhérent de la cuma apporte sa récolte de seigle et de lentillon chez Didier Lambin, où l’installation est située. Un trieur plan est d’abord utilisé afin de débarrasser le produit de ses plus grosses impuretés, le lentillon est ensuite séparé du seigle via un trieur alvéolaire. Chaque opération peut être réalisée plusieurs fois suivant la qualité du produit entrant. Pour finir, le lentillon est incorporé dans un trieur optique où celui-ci détecte, en prenant en compte les différences de couleurs, les graines d’adventices qui sont expulsées via un flux d’air d’un diamètre inférieur au millimètre.

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Le triage s’effectue tout au long de l’année et représente trois mois de travail pour Didier Lambin et son fils. «La station de tri pourrait encore être utilisée davantage mais le facteur limitant reste la main-d’oeuvre», précise Didier Lambin.

Commercialiser ensemble ?

La commercialisation du lentillon de la Champagne est assurée individuellement par chaque adhérent via les circuits courts comme les marchés ou les magasins de producteurs locaux. Cependant, les adhérents de la cuma sont en réflexion pour créer une organisation de producteurs et ainsi mutualiser la partie commercialisation. «Avec le développement du végétalisme, on observe une augmentation de la demande en lentillon, ce qui représente une opportunité pour le développement de la cuma», souligne Didier Lambin.

Le lentillon a encore de beaux jours devant lui grâce au développement de cette production en cuma.


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