Mécanisation : plus d’un temps plein sur le tracteur !

Gestion économique
Plus de 13 000 € d’économie de charges de mécanisation par exploitation dans les exemples présentés le 25 janvier par Philippe Coupard, lors de l'AG de l'Union des cuma des Pays de Loire, section Vendée.

Le raisonnement des charges de mécanisation redevient d’actualité dans une économie agricole globalement maussade. Un thème approfondi le 25 janvier à l’AG de la section Vendée de l’Union des cuma des Pays de la Loire.

08/02/2018 - 12:00

Au cours de l’assemblée générale de l’Union des Cuma Pays de la Loire, section Vendée, Philippe Coupard (section Sarthe) a introduit le débat sur les charges de mécanisation, références et témoignages à l’appui.

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Une analyse des coûts de mécanisation raisonnée indépendamment du système d’exploitation n’a guère de sens. Philippe Coupard, dans son intervention, a abordé prudemment cette thématique pour laquelle le réseau cuma capitalise désormais de nombreuses références et une réelle expertise.

De profondes disparités

Certes, les écarts de coûts de mécanisation relevés dans 65 exploitations des Pays de la Loire diagnostiquées en 2016 (dont 43 avec une dominante laitière) révèlent de profondes disparités : de 566 €/ha en moyenne pour les 10 supérieures contre 257 € pour les 10 inférieures. Cependant, le degré d’intensification, la configuration du parcellaire, le type de production, les techniques culturales, … sont autant de variables qui influent lourdement sur les besoins d’équipement en machines de chaque exploitation.

Pas de dilution de charges avec l’agrandissement

Toutefois, en épluchant les chiffres, des tendances significatives apparaissent. Ainsi, malgré l’agrandissement des exploitations, on n’observe pas de dilution des charges de mécanisation. Explications : le prix du matériel augmente, les puissances sont plus importantes, les technologies plus évoluées et plus coûteuses, enfin, la mécanisation est souvent un levier utilisé pour absorber les surcharges de travail.

Le tracteur de tête sous-utilisé

On le savait déjà, le couple traction + carburant représente 50% des charges de mécanisation. « On note que la moitié des exploitations justifient de moins de 400 heures par an de besoin en grosse  puissance » relève Philippe Coupard qui dans ces conditions s’interroge : « Faut-il s’équiper seul ? » Autre fait marquant de l’étude : la sous-estimation des charges d’entretien du matériel qui sont en moyenne de 51 €/ha, directement liées à la vétusté du matériel.

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Philippe Coupard est intervenu le 25 janvier à l’assemblée générale de la section Vendée de l’Union des cuma des Pays de la Loire, sur le thème des charges de mécanisation.

Un temps plein sur le tracteur !

L’analyse de la mécanisation sur l’exploitation a un rapport direct avec le temps de travail. En effet, quand on parle d’heures de tracteur, cela signifie bien entendu aussi des heures de chauffeurs, parfois très nombreuses, passées au volant ! En l’occurrence, certains font plus d’un temps plein sur le tracteur. La moyenne d’heures de tracteur par UTH atteint 743 heures. Les 10 exploitations les plus élevées dans ce registre culminent à 1426 heures. Philippe Coupard avance deux explications : le recours au tracteur dans l’élevage qui  est plus ou moins important (organisation de l’élevage, mode d’alimentation, fréquence du curage pour atténuer les risques sanitaires…) et des temps de déplacements en tracteur qui se rallongent considérablement en cas de reprise de parcelles éloignées du siège de l’exploitation.

13 000 € d’économies par exploitation !

Les charges de mécanisation des 65 exploitations ont été calculées avec Mécagest Pro à un niveau de charge optimisé pour chaque exploitation. Il en résulte que pour les 46 exploitations qui ont des charges supérieures à l’optimum, l’écart est en moyenne de 13 576 € et peut même aller jusqu’à 27 500 € !
En concluant son intervention, Philippe Coupard  affirme :   « Il n’existe pas une solution unique pour s’équiper en matériels. Cela dépend de ses objectifs, ses envies, la façon de concevoir son métier d’agriculteur tout en prenant en considération le temps de travail. Mais il faut anticiper pour ne pas subir sa mécanisation « .       

 

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