[Avis et coût de la fertilisation] Modulation d’azote avec l’optRx

Sur le terrain
modulation d'azote optRx ag leader ©Ag Leader

La modulation des 2e et 3e apports en azote permet d’optimiser le rendement, tandis que la modulation du 4e apport joue sur le taux protéique (photo d’illustration).©Ag Leader

16/05/2018 - 16:46

Nous les avions rencontrés en 2016, la Cuma Amandine (Pas-de-Calais / Somme) venait alors de faire un gros investissement en matériels pour l’agriculture de précision, notamment une rampe OptRx (Ag Leader) pour moduler l’apport d’azote. Quel bilan en fontils deux ans après ? Rencontre avec Damien Guise, le vice-président.

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En 2015, la cuma Amandine (20 ans d’existence, 38 adhérents), basée à Achiet-le-Petit dans le Pas-de-Calais, changeait de président et souhaitait trouver une nouvelle dynamique. En 2016, elle se lance pleinement dans l’agriculture de précision avec un investissement de plus de 200.000 euros comprenant notamment un ensemble pour la modulation d’azote et son apport : un tracteur John Deere 6175R, un semoir à engrais Vicon avec pesée et coupure de tronçons et le système OptRx.

Modulation d’azote : optimiser le rendement et le taux protéique

Damien Guise, vice-président de la cuma Amandine depuis sa création.

Damien Guise, vice-président de la cuma Amandine depuis sa création.

« Historiquement, nous faisions déjà de la modulation de dose via des prestataires externes utilisant le N-Sensor de Yara », raconte Damien Guise. Une modulation des 2e et 3e apports permettait d’optimiser le rendement et celle du 4e permettait de valoriser le taux protéique. « Mais nous souhaitions disposer d’une solution en interne pour mieux maîtriser le coût et la disponibilité du matériel. Nous avons choisi l’OptRx d’Ag Leader, car le fonctionnement du capteur est similaire au N-Sensor et il y avait une opportunité à saisir. »

Dans le détail, l’OptRx ajuste les taux d’azote à la volée en se basant sur un indice de colorimétrie du végétal, le NDVI, qui permet de différencier une plante saine d’une plante malade en mesurant les bandes de fréquences du rouge et du proche infrarouge. « Pour valoriser ce type de capteur, il faut un bon semoir
derrière », insiste Damien Guise.

La cuma Amandine a acheté le premier OptRx de son secteur. Ajoutez à cela un nouveau tracteur avec un guidage RTK et un nouveau semoir, et vous obtenez une prise en main plutôt délicate. « Avec ce type de matériel innovant, il faut compter une saison de prise en mains », précise le vice-président. Pour répondre aux exigences de ce matériel pointu, seul le chauffeur de la cuma règle et utilise l’ensemble OptRx – semoir à engrais. Le chantier est livré clé en mains et l’adhérent n’a qu’à fournir l’engrais.

« Pour une question d’efficacité nous demandons simplement à l’adhérent que l’engrais soit prêt à être chargé dans la ferme quand le chauffeur arrive avec le semoir. » Au champ, le chauffeur étalonne l’OptRx, paramètre les valeurs haute et basse de modulation à ne pas dépasser, et c’est parti ! Et la satisfaction des adhérents est au rendez-vous, avec un azote mieux distribué et un taux protéique optimisé.

HDF-CumaAmandine-capteur

A l’aide de deux capteurs, l’OptRx est capable de déterminer l’état de santé d’une plante en utilisant le NDVI (indice différentiel normalisé de végétation) : une plante en bonne santé absorbe davantage de lumière rouge qu’une plante en stress.

Un prix de revient de 12 à 13 € par hectare

Côté facturation, « nous sommes aujourd’hui sous les prix des prestataires auxquels nous faisions appel (-20 %) et nous avons un prix de revient de 12 à 13 euros par hectare ». Un tarif incluant l’utilisation des matériels et les heures du chauffeur. Ne reste en complément à la charge de l’adhérent que l’achat de l’engrais. Un prix très intéressant, preuve en est des sollicitations d’autres exploitations voisines reçues par la cuma.

« Nous étudierons ces sollicitations à l’avenir, il pourrait être intéressant d’augmenter le nombre d’utilisateurs pour optimiser le coût de l’équipement, mais pour le moment nous ne voulons pas faire entrer des personnes qui viendraient uniquement pour un prix, sans s’investir dans la cuma », explique Damien Guise.


Pour aller aller plus loin sur la modulation d’azote sur entraid.com :

[Photo mystère] Connaître l’état de santé d’une plante à partir de la lumière réfléchie

La modulation de la fertilisation azotée


Retrouvez prochainement sur Entraid votre édition spéciale Hauts-de-France en version numérique, dans la rubrique éditions départementales.

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