L'édito du mensuel de février 2010

Haïti a besoin de ses paysans
Le terrible tremblement de terre qui a frappé Haïti a rappelé à l’opinion l’existence de ce pays, si pauvre, qui a autrefois appartenu à la France. Un pays où la moitié de la population est rurale, mais sans qu’une véritable politique agricole soit à l’œuvre. On y produit un peu de tout : du lait, des volailles, du sucre, du café, du riz, des fruits, etc. Mais les semences et les engrais sont chers. La transformation est peu développée. Les faibles droits de douane permettent à des denrées alimentaires importées de décourager la production locale. Bref : le plus gros de l’alimentation des Haïtiens vient de l’extérieur. Pendant ce temps, certains voudraient installer dans ce pays périodiquement affamé des cultures de jatropha à des fins énergétiques ! Suite au séisme du 12 janvier, la FAO a préconisé que l’aide internationale aille rapidement aux agriculteurs pour qu’ils reprennent la production alimentaire. Une réaction de bon sens. De nombreuses ONG travaillent d’ailleurs en Haïti sur des projets agricoles. Parmi elles, l’Afdi Dordogne, dont nous évoquons régulièrement les actions menées au Bénin avec la Frcuma Aquitaine.
L’accès au crédit pour tous, thème de notre portrait du mois, fait partie des outils qui permettront aux paysans haïtiens de contribuer à relever le pays. Pour produire plus, stocker sa récolte, la transformer, c’est-à-dire mieux maîtriser toute la chaîne, il suffit parfois d’un peu de trésorerie ou d’investissements modestes.
Pascal Bordeau
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