Banques et R&D: pas encore de demande spécifique des exploitants

Les agriculteurs, lorsqu'ils innovent, ne font pas de demande de financement auprès des banques. Pourtant dans quelques cas, les banques pourraient suivre.

Aujourd’hui, ce sont les fonds publics, les coopératives et les collectifs d’agriculteurs qui financent les opérations de recherche et développement sur les exploitations agricoles. «Il n’existe pas de demande spécifique de la part des agriculteurs pour le financement bancaire de ce type de projet», résume Sébastien Prin, du Crédit mutuel.

Ce pour une raison très simple : les agriculteurs n’ont généralement rien à vendre après la phase de test. Le gros des expérimentations dans les exploitations agricoles concerne actuellement l’agronomie et la simplification des opérations culturales et, dans certains cas, l’optimisation de la gestion et de l’organisation.

Deux exceptions toutefois :

  • Le développement de matériel novateur, qui se fait souvent de manière très progressive et sur fonds propres. «Après la phase de prototypage, cette activité décolle en général avec le prêt, puis la location de ces matériels à des tiers. Lorsqu’elle prend encore de l’ampleur et que l’agriculteur envisage de commercialiser des machines, cette activité se détache de l’exploitation agricole et on entre alors dans le cadre du financement des Toutes petites entreprises (TPE)», note Sébastien Prin.
  • La commercialisation de l’expertise et du savoir-faire. «C’est arrivé par exemple lors du développement des références bio dans les années 1990, se souvient Sébastien Prin. Les pionniers rentabilisaient leurs investissements, soit en les louant, soit en louant leurs conseils.»

Dans les deux cas, les investissements requis pour le développement de l’activité (vente de matériel ou de conseil) sont peu importants et pris sur les capitaux propres. Les banques auraient la possibilité de s’appuyer sur des garanties tangibles dans le cas du développement de matériel, mais pas pour le développement de services immatériels comme les activités de conseil : l’activité n’inclut pas d’actif sur lesquels elles pourraient se rembourser en cas de difficulté. D’où leur éventuelle frilosité… si la demande existait.


Le complément du mensuel Entraid de juin 2016 

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Recherche et développement R&D dossier tracteur juin 2016 Entraid

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