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Quand un tiers d’une vache sert à payer des charges de mécanisation

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Quand un tiers d’une vache sert à payer des charges de mécanisation

Dans la continuité de l’étude réalisée sur les exploitations bovins lait, la Fdcuma48 a poursuivi le travail en étudiant cette fois-ci la production bovins viande.

Des charges de mécanisation atteignant 288 € par UGB. Ou encore 37 % d’un animal vendu servant à payer les charges de mécanisation (hors primes PAC donc), en moyenne ! Ces chiffres marquants émanent d’une étude approfondie des charges de mécanisation, menée par Johan Portalier, animateur agroéquipement au sein de la fdcuma de Lozère et révélés cet hiver.

Aujourd’hui, la réduction des charges de mécanisation est le principal levier pour améliorer le revenu des éleveurs. Paradoxalement, l’analyse de la mécanisation reste marginale alors qu’elle a un impact direct sur la viabilité économique et sociale de l’exploitation. Dans la continuité de l’étude réalisée sur les exploitations bovins lait, la fdcuma48 a poursuivi le travail en étudiant cette fois-ci la production bovins viande. L’objectif est de sensibiliser et communiquer sur l’importance des charges de mécanisation sur les exploitations agricoles, mais également de constituer un référentiel de données locales et actualisées.

Échantillon et méthodologie de l’étude

Cette étude a porté sur 24 exploitations, en système spécialisé bovins viande, réparties sur tout le département (Margeride, Aubrac/Contreforts et Causses/ Mont Lozère) et avec des modes d’équipement variés (propriété majoritairement, copropriété, délégation). Ainsi, cet échantillon est assez représentatif de la « ferme Lozère ».

En moyenne, ces exploitations comptent 2,3 UTH pour un effectif moyen de 135 UGB (84 vaches allaitantes). Concernant le foncier, les 185 ha mécanisables sont valorisés pour plus de 70 % en prairies permanentes et parcours mécanisables, près de 20 % en prairies temporaires, et 5 % en céréales.

Pour des résultats comparables, la main-d’œuvre (interne et externe) et le remisage des matériels ne sont pas comptabilisés. Sont donc pris en compte dans le calcul des charges : amortissement (réel et non linéaire), frais d’entretien, assurance, consommables (carburant, ficelles…), location et prestations.

Après une étude individualisée et détaillée des charges de mécanisation sur chacune de ces exploitations, l’étude met en avant un coût global de la mécanisation de 36 878 € par an en moyenne. Pour ces exploitations, ces charges représentent tout de même 19 % des charges de l’exploitation, et 18.5 % du chiffre d’affaires.

36 878 € de charges de mécanisation par an

Si l’on ventile ces charges de mécanisation, on s’aperçoit que la traction et le carburant représentent 56 % des charges de mécanisation (33 % traction et 23 % carburant).

charges de mécanisation

Selon cette étude, la traction et le carburant représentent 56 % des charges de mécanisation.

Une majorité d’exploitations ont investi ou renouvelé au moins un de leurs tracteurs sur les 2-3 ans avant l’étude. La moyenne du nombre de chevaux par hectare est de 1,8. Ce qui est relativement peu élevé, mais qui est dilué sur une surface moyenne assez importante.

Ensuite, les matériels de récolte représentent 20 % des charges de mécanisation. Certains exploitants choisissent de déléguer la partie fauche pour un gain de temps et un meilleur débit de chantier. Cependant dans l’ensemble, ces matériels sont encore très peu utilisés en commun par crainte de disponibilité et de ne pas pouvoir assurer la récolte des fourrages au bon moment.

Puis, le poste transport et manutention représente 16 % des charges de mécanisation. Un poste non négligeable qui a son importance de par la présence de télescopique ou valets de ferme pour les travaux de manutention dans les bâtiments, du matériel pour la distribution (ex. désileuse-pailleuse), du matériel de transport des animaux ou parfois des véhicules frigorifique utilisés pour la vente directe.

Total : 288 €/UGB

Enfin, nous retrouvons les postes de semis / fertilisation et de travail du sol qui représentent moins de 8 % des charges de mécanisation. Pour ces matériels, les éleveurs font souvent le choix de la location à la Cuma ou la délégation pour diminuer les frais et assurer un coût plus intéressant.

Les charges de mécanisation représentent 288 €/UGB ou 450 € par vache allaitante

Si l’on ramène ces coûts à la production animale, on comptabilise en moyenne 288 € de charges de mécanisation par UGB. Sur l’échantillon étudié, le ratio charges de mécanisation / produits vendus est en moyenne de 37 %. Autrement dit, en moyenne, plus d’un tiers de l’animal vendu sert à payer les charges de mécanisation (hors remisage et main-d’œuvre) !

Les chiffres synthétisés dans le tableau ci-dessous, montrent que sur une même production, il peut y avoir de très importants écarts d’une exploitation à l’autre !

En effet, sur cet échantillon de 24 exploitations, les écarts type sont très grands avec plus de 260 € par UGB d’écart entre le quart inférieur et le quart supérieur. Si l’on regarde les chiffres ramenés au nombre de vaches allaitantes, il y a 518 € d’écart entre la valeur minimale et la valeur maximale.

4 éléments pour expliquer ces écarts de charges de mécanisation

En fin d’année, cela peut représenter une réelle différence de revenu d’une exploitation à une autre. À travers cette étude, nous avons tenté de démasquer le vrai du faux sur quelques facteurs qui peuvent expliquer ces différences.

1. Le secteur géographique influe sur les charges

VRAI.

Les exploitations situées sur la zone Aubrac et ses contreforts ont des charges moins élevées de 20 % par rapport à la moyenne du groupe. Ceci s’explique par la forte proportion de prairies naturelles dans les assolements de ces exploitations.

2. Plus on a de surfaces, plus les charges augmentent

VRAI.

C’est la tendance. Toutefois, le graphique ci-dessous montre d’importants écarts pour des exploitations ayant des surfaces quasi identiques. Pour deux exploitations de 250

charges de mécanisation

3. Acheter des tracteurs de forte puissance est inutile

FAUX.

Il faut se poser la question de la rentabilité de l’outil (nombre d’heures d’utilisation, besoins…). Une bonne adéquation entre le tracteur et l’outil attelé est très importante.

charges de mécanisation

4. Le taux de vétusté, un facteur déterminant sur les charges de mécanisation

VRAI.

Les investissements dans du matériel récent ont un impact considérable sur le niveau de charges. L’amortissement des matériels constitue une charge majeure sur les charges de mécanisation (40 000 € de différence entre un parc matériel à 55 % de vétusté et un à 90 % de vétusté). Il faut essayer de trouver le bon compromis entre investissement et vieillissement du parc.

compromis entre investissement et âge du parc matériel

En résumé, gérer ses charges de mécanisation c’est :

Adopter une stratégie d’équipement en connaissance de cause et l’assumer jusqu’au bout !

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