Si trois agriculteurs achètent un tracteur en cuma…

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25/11/2015 - 12:48

Plusieurs cuma font le choix de mettre la traction en commun. A la clé, des économies bien souvent substantielles, sur les coûts de mécanisation. Exemple.

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Un agriculteur qui investit seul dans un tracteur de 160 cv payé 96 000 € a une annuité moyenne de 11 700 € (prêt sur 9 ans ou 7 ans si reprise). Prenons un groupe de trois agriculteurs d’une cuma, qui réfléchissent à cet investissement en commun, sur une base de 350 heures d’engagement au total. Le taux d’utilisation prévu par chacun pour ce tracteur, laisse de la marge pour une augmentation de l’utilisation parmi ces adhérents (évolution des exploitations) ou pour accueillir un adhérent ou deux de plus, vu l’estimation réalisée avec « Mécaflash » (outil proposé par le réseau cuma).

Pour 350 heures engagées, l’annuité en cuma peut être mise sur 10 ans (sous-utilisation du tracteur qui vieillira moins vite) afin de baisser le coût horaire, avoir un prix d’appel et inciter plus d’adhérents de manière à obtenir plus d’heures. Dès que l’augmentation des heures atteint 500 heures, la cuma peut réviser la durée de son prêt avec la banque (prêt modulable) afin de le remettre à 7 ans, voire 5 ans et maintenir un tarif à l’heure cohérent avec l’utilisation annuelle. En cuma, les tracteurs arrivent en effet rapidement à plus de 600 heures. Pour une utilisation de 700 heures au lieu de 350 prévues au départ, le coût annuel ne double pas dans les exploitations si les engagements sont doublés.

Au final, un groupe de 4 adhérents

Depuis cette réflexion, une quatrième exploitation a rejoint le groupe dans cet exemple qui arrive lui aussi aux 600 heures désormais. Cet investissement en collectif présente l’avantage d’éviter le suréquipement individuel d’un tracteur de forte puissance et donc une charge financière supplémentaire. Et bien sûr, il coûte moins cher.

Ce tracteur acheté en commun permettra de réaliser des travaux de semis, travail du sol, transport, épandage de lisier et fumier en complément de la puissance présente sur l’exploitation. Un tel projet mené avec un petit groupe motivé, laisse une flexibilité sur son utilisation au sein du groupe ou à d’autres adhérents. Par la suite, il préfigure une évolution possible de la cuma à moyen terme (achat de matériels à atteler de type grande largeur ou grande taille) afin de répondre aux attentes des adhérents.

Sources : Valérie Letellier, spécial Entraid’ Basse – Normandie, février 2015; Vincent Barou, spécial Indre-et-Loire, février 2015

 

Auteurs : Vincent Demazel et Lise Monteillet
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