La cuma a un rôle économique mais aussi social

Christophe Boissières, président de la fdcuma de Haute-Loire, est convaincu de la nécessité de promouvoir le modèle cuma et notamment auprès des jeunes.

Forte participation des cuma lors de l’évènement Terres de Jim avec en démonstration de nombreux matériels.

La fdcuma s’est investie à «Terres de Jim». Quel était l’objectif de cette implication dans un événement à la fois professionnel et grand public ?

promouvoir le modèle cuma, interview du président de la fdcuma de Haute-Loire

Christophe Boissières, président de la fdcuma: «Il y a peu d’organisations capables de réunir des gens avec différentes productions, de différentes sensibilités syndicale pour travailler ensemble.»

 

Christophe Boissières: «Terres de Jim» est un événement très important pour un territoire et il est tout naturel que la fdcuma y participe et même soit moteur en lien avec les JA. «Terres de Jim», c’est d’abord un concours de labour… et le matériel y a donc toute sa place. C’est pourquoi la fdcuma a mis en place un stand avec de nombreux matériels en exposition ou en démonstration, des matériels des cuma locales. On peut citer les broyeurs et ramasseurs de pierres en statique pour des questions de sécurité, les pulvérisateurs pour arrêter de se cacher, faire face aux attaques et répondre aux questions du grand public en montrant des innovations et du matériel performant… Soulignons aussi que plusieurs matériels des cuma du secteur de Bains ont été mis à disposition des organisateurs pour l’implantation du site avant l’événement.

Sur les 3 jours, c’est aussi la fédération régionale qui a été mise en avant et les actions régionales. Animateurs et élus ont répondu aux nombreuses questions sur le fonctionnement des cuma et des intercumas souvent méconnues.

Le vendredi, nous avons organisé une conférence sur le mouvement cuma avec les écoles pour toucher un public de jeunes.

Alors justement, quel avenir pour le mouvement cuma?

C.B.: Le mouvement cuma répond à un enjeu financier sur les exploitations, mais aussi social. Il y a, en effet, peu d’organisations capables de réunir des gens avec différentes productions, de différentes sensibilités syndicales… pour travailler ensemble. La cuma a ce rôle social, c’est un lieu de rencontres autour d’un outil de travail, le matériel.

Un salarié en cuma

Aujourd’hui, les exploitations sont confrontées à un manque de main-d’œuvre et un manque de temps. La cuma peut répondre à cette problématique en embauchant un salarié. C’est difficile en raison des fluctuations de charges de travail avec des temps creux et des pointes de travail, mais c’est possible… C’est un axe d’évolution sur lequel nous travaillons.

Coopérative d’utilisation de matériels en commun, la cuma a évolué. S’est-elle éloignée de son objectif premier?

C.B.: Non, la mise en commun de matériels est toujours au centre des cuma. Mais, on se rend compte aujourd’hui qu’un jeune qui s’installe n’a pas toujours l’esprit cuma. Il pourrait acheter du matériel en co-propriété… mais ce qu’il vient chercher au sein d’une cuma, au-delà de l’intérêt économique, c’est cet aspect social, de la solidarité, de l’entraide, mais aussi des conseils professionnels auprès d’autres agriculteurs et des animateurs de la fédération.

Comment mobiliser les jeunes pour adhérer, utiliser du matériel en commun, s’investir au sein d’une cuma et prendre des responsabilités?

C.B.: J’insiste sur l’aspect coopératif d’une cuma. Un adhérent, qu’il ait une petite ou une grosse exploitation, c’est 1 voix. Une exploitation égale une voix. La cuma est accessible à tout le monde et chacun a la parole. Un adhérent doit respecter ses engagements de départ mais, en AG ou en conseil d’administration, peuvent être rediscutés les critères liés à l’utilisation et au coût de chaque matériel. Il doit aussi respecter l’organisation, les plannings…

Un réseau solide

Dans nos cuma locales, nous n’avons pas trop de problèmes pour trouver des responsables. C’est plus difficile à l’échelle départementale, puis régionale. Pourtant en Haute-Loire, nous avons une équipe très dynamique avec trois animateurs, une secrétaire-comptable et, actuellement, en appui, une secrétaire pour la mise à jour des statuts des cuma. Nous avons un réseau solide et assurons une présence dans chaque cuma.

Quelle est la place aujourd’hui des cuma dans le département?

C.B.: La Haute-Loire compte 132 cuma réunies au sein de la fédération départementale. Celle-ci est très active auprès de toutes ces coopératives. Elle les suit de près en participant à toutes les assemblées générales et en les accompagnant dans leurs démarches de fonctionnement et leurs projets. Cet accompagnement, c’est la préparation de l’AG, la comptabilité et la facturation en partenariat avec Cerfrance, les inventaires et calculs de coût…

Le parc matériel des cuma est très large que ce soit pour les récoltes, le travail du sol, l’épandage, l’entretien des parcelles…

Pouvez-vous nous citer un axe de travail en cours pour la fdcuma?

C.B.: Nous nous sommes aperçus que le mouvement cuma n’était pas assez mis en avant dans les lycées agricoles auprès des jeunes futurs agriculteurs. Nous réfléchissons à des idées d’interventions dans les lycées. Nous avons demandé à tenir notre assemblée générale, le 26 novembre, au sein d’un établissement d’enseignement agricole pour sensibiliser les jeunes, le renouvellement des générations étant le thème de notre AG 2019. 

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