La cuma des trois cantons en Meurthe-et-Moselle n’a pas fait les choses simplement. Elle a décidé de revoir les engagements de ses adhérents tous les ans et de s’appuyer sur ces volumes pour facturer les outils. Une technique qui demande du temps mais qui assure les financements de certains outils et l’équité. Retour sur la facturation en cuma et les engagements.
Facturer selon les engagements
Cette méthode de calcul ne concerne pas toute la panoplie d’outils que dispose la cuma, seulement ceux qui peinent à être utilisés. “Les outils à dents, illustre Bertrand Choné, président de la cuma. Nous étions moins rigoureux et finalement, ils ne travaillent plus assez de surfaces pour être financés.”
Ainsi, pour assurer l’achat d’un nouveau matériel, les adhérents sont invités à respecter leurs engagements. Toutefois, s’ils ne les assurent pas, un mécanisme est mis en place pour ajuster la facture. “L’année suivante, les engagements sont revus et prennent en compte les volumes réalisés l’année dernière s’ils sont plus élevés”, explique Bertrand Choné.
Part fixe et part variable
Pour la facturation, il y a toujours une part fixe, qui correspond au volume engagé. Et une part variable selon l’utilisation. “Le but est que ce soit le plus équitable et transparent possible”, avoue le président.
Facturation en cuma et engagements : rien de mieux qu’un exemple
Un adhérent s’engage pour utiliser un déchaumeur pour 30 ha. Selon la règle définie à l’avance, il payera 5 €/ha de part fixe quelle que soit son utilisation. S’il respecte son engagement, il payera 25 €/ha. Au total 30 €/ha.
En revanche, s’il déchaume 50 ha, il payera toujours 30 ha à 5 €/ha de part fixe. Auxquels il ajoutera entre 15 et 20 €/ha sur les 50. Ce dernier montant sera calculé selon l’activité totale. Le tarif reste le même que s’il l’avait utilisé pour 30 ha mais incite à utiliser davantage l’outil.
Vers des pénalités ?
Cependant, si l’adhérent venait à utiliser le déchaumeur sur une moindre surface, la facture se détaillerait ainsi : 30 ha à 5 €/ha et 30 ha à un tarif plus onéreux comprenant des pénalités. “Nous n’avons pas encore mis en place ce système, avoue le président. Pour le moment, ce tarif suffit à inciter les adhérents à respecter leurs engagements.”
L’année suivante, les volumes engagés selon les outils sont relevés. S’ils sont plus importants par rapport à la moyenne, la base de la facturation évolue vers ce chiffre. S’il est moindre, la facturation se base sur la moyenne.
Plus chronophage
Points négatifs de ce calcul, la réticence qu’ont les adhérents à s’engager mais aussi le temps à consacrer pour facturer. Alors avant de s’imposer, elle s’immisce petit à petit dans la cuma. “Nous sommes dans une période de transition, annonce le président. Ça reste difficile à appliquer quand on passe d’engagements verbaux à cette stratégie. Mais c’est pour un bien.”
Pour s’assurer de la pertinence des chiffres, la cuma a investi dans des boîtiers Karnott. Fiables, ils permettent de comptabiliser les volumes travaillés sans les contester. “Nous arrêtons chaque année les comptes au 1er novembre, poursuit Bertrand Choné. Puis le conseil d’administration se réunit pour relever les compteurs et établir les montants de facturation. La secrétaire va ensuite faire les calculs.” Plus de temps, moins d’engagements mais la cuma des trois cantons utilise cette méthode pour assurer la pérennité de ses activités.
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