Quels équipements choisir pour son pulvé ? L’avis de Christophe Guille

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Quels équipements choisir pour son pulvé ? L’avis de Christophe Guille

Christophe Guille, conseiller à la chambre d'agriculture du Nord-Pas de Calais, explique lors d'une démo dédiée à la pulvérisation, quels sont les intérêts des équipements proposés lors d'un achat de pulvé. (© Entraid)

Avoir un pulvérisateur bien équipé nécessite aussi un sacré budget. Mais à quoi bon ? Pour augmenter le débit de chantier ou gagner en précision, chacun y voit son intérêt. Explications avec Christophe Guille conseiller à la chambre d'agriculture du Nord-Pas-de-Calais.

SOMMAIRE

En pulvérisation la tendance, c’est de vouloir se sécuriser mais aussi faciliter cette tache. Les constructeurs l’ont bien compris et proposent aujourd’hui des pulvérisateurs traînés équipés de technologies de pointes, parfois très onéreux (entre 150 et 200.000 euros). Alors comment choisir ses équipements pour la pulvérisateur agricole, éléments de réponse.

Rampe acier ou alu ?

Tout dépend de l’usage du pulvé. Pour appliquer une solution azotée, les rampes acier assurent une moins bonne résistance que l’aluminium. « Ca peut rouiller, explique Christophe Guille conseiller à la chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais . Mais à l’heure actuelle, les peintures sont assez robustes. »

L’avantage des rampes en acier reste qu’elles peuvent être réparées par les utilisateurs du pulvé.

Rampe stable, quel intérêt ?

Avec une rampe stable, l’agriculteur peut traiter à 30 cm de haut au lieu de 50 plus classiquement. « Une rampe plus basse permet de réduire la dérive du produit phyto avec le vent, fait remarquer Christophe Guille. Mais l’agriculteur peut également rouler à 20 voire 25 km/h dans la parcelle, si celle-ci est bien configurée. »

Un gain de temps, parfois précieux lorsque les conditions d’application sont limitantes.

Des buses anti dérive et c’est parti ?

Là, c’est un gros sujet qui est rarement abordé entre le concessionnaire et l’agriculteur. Or, c’est assez décisif dans l’application d’un produit phytosanitaire. « Les concessionnaires n’apportent aucun conseil sur ce sujet, regrette le conseiller. Et bien souvent, ils équipent le pulvé quelques jours avant la livraison, sans vraiment laisser le temps à l’agriculteur d’y réfléchir. » Elles ne représentent pas un gros budget mais pourtant, ce sont elles qui assurent l’efficacité de l’opération.

« La buse a pour objectif de gérer la taille des gouttelettes, ajoute Christophe Guille. Pour qu’elles soient denses, bien réparties sur la plante, pas trop grosses et pas trop petites. » L’angle de recouvrement défini par la hauteur de traitement, la pression va varier selon les habitudes des agriculteurs. La buse à injection d’air reste une valeur sûre. Mais des formations pour adapter la buse à l’usage existent.

Coupure de tronçon ou buse par buse, un choix utile ?

Cet équipement permet d’apporter la bonne dose au bon endroit et d’éviter les recoupements. « Elle permet souvent de maximiser la culture en place, estime le conseiller. Pour utiliser les outils de pulvérisation localisée, les agriculteurs doivent se munir d’une cartographie fiable. » Pour cela, les prises de vues doivent se répéter et les cartes compatibles avec le pulvé. Une option qui permet également de réaliser quelques économies de produits phytosanitaires. Jamais négligeable.

« Dans tous les cas, que l’agriculture utilise déjà la modulation ou non, je conseille toujours de débloquer toutes les options, explique Christophe Guille. Toute licence a un coût et cela peut davantage se négocier au moment de l’achat. » Il va encore plus loin, en incitant les agriculteurs à l’inscrire sur le bon de commande. Et ce, pour toutes les solutions de cartographie qui existent.

La technologie PWN, vraiment avantageuse ?

La technologie la plus innovante reste le PWN. Elle permet l’ouverture des buses à très haute fréquence de manière électrique. « Cette ouverture varie selon la position de la buse sur la rampe mais aussi l’endroit où se situe le pulvé dans la parcelle, explique le conseiller. Avec cette technologie, les coins des parcelles ne sont plus oubliées. »

Le volume apporté est ainsi respecté.

Nettoyage express, débit de chantier assuré ?

Lorsque l’agriculteur doit multiplier les interventions sur une même journée mais dans des cultures différentes, l’enjeu est de bien rincer son pulvé pour ne pas craindre de phytotoxicité. Certains fabricants de pulvé proposent des cycles de nettoyage très rapides. Ils se font vite et bien sans volumes morts. »

En trois minutes, le pulvé peut être nettoyé. Une manière de ne pas risquer de mélange dans la cuve mais aussi de gagner du temps.

Etre bon techniquement

Enfin, pour être efficace lors de l’utilisation d’un pulvérisateur, la priorité est de traiter au bon moment. Christophe Guille, conseiller à la chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais explique : « Certains commencent à traiter à 4h du matin et finissent à midi, illustre t-il. Mais ce n’est pas toujours possible. Avec un tel créneau, les conditions météo ne peuvent pas être tout le temps optimales. » Moins il y a d’hygrométrie, plus les pores de la plante vont se refermer et moins l’application sera efficace. Là, aucune technologie peut combler la perte. « Par ailleurs, avec une hygrométrie idéale, l’agriculteur peut réduire ses doses ou appliquer la méthode du bas volume, poursuit le conseiller. Là, c’est efficace. »

Christophe Guille ajoute « il y a parfois de gros dysfonctionnement entre le siège et le volant. Voire même avant, lors de la préparation et le remplissage de l’outil. »

Un pulvé bien équipé trainé va vite atteindre les 150 voire 200 000 euros.

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