La diversité fourragère améliore la résistance aux aléas climatiques

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La diversité fourragère améliore la résistance aux aléas climatiques

La luzerne est un levier d'adaptation des systèmes fourragerss au channgement climatique (©Entraid).

La rudesse des canicules pousse les élevages à repenser la notion de stock de sécurité. Plusieurs productions fourragères sont pour cela envisageables.

Méteil de sécurité. Plutôt explicite comme qualificatif. Par rapport à un maïs par exemple, l’intérêt d’une culture fourragère d’hiver telles que ces associations est qu’elles valorisent la pluviométrie hivernale et printanière et du même coup esquivent les sécheresses estivales. Faut il rappeler que ces dernières promettent de gagner en fréquence ? L’année 2026 en illustre par ailleurs et de façon assez précise l’ampleur des conséquences.

Plusieurs solutions fourragères pour sécuriser les stocks

Déclenché de la mi-mai à fin juin, « dans nos secteurs, un ensilage de méteil fournira entre 6 et 12 tMS/ha », approche Jean-Marc Seuret, chargé de missions fourrages de la Chambre d’agriculture de Bretagne. « L’idée de cette solution est vraiment de sécuriser son stock fourrager. » En outre sa tendance a apporter des protéines aux rations est un autre avantage.  À l’inverse, le méteil conserve naturellement le bémol indissociable des cultures complexes : la variabilité du rendement, et surtout celle de sa composition.

En résumé, ces méteils ont des valeurs alimentaires relativement inconstantes. Par ailleurs, ces méteils de sécurité seront une culture principale, en lien avec leur date de récolte tardive. Du fait de cette dernière, escompter bichonner un maïs à la suite est inenvisageable.

Dérobée fourragère estivale : de l’ordre de 40 ou 50 €/tMS

En revanche, ils laisseraient la place à une autre ressource fourragère potentielle : la dérobée estivale. Ce genre de couverts peut permettre deux récoltes avant l’implantation à l’automne d’une prairie ou d’une céréale. « L’idée d’associer l’avoine ou le colza à de la chicorée ou du teffgrass, parait intéressante », propose Jean-Marc Seuret.

Les deux premières grâce à leur démarrage rapide fourniront le volume d’une première coupe, début juillet. Le teffgrass et la chicorée pouvant pour leur part enrichir la seconde coupe. « Sur des essais de 2021 à 2023, nous avons ainsi produit en moyenne 4,3 tMS/ha à 0,99 UFL et 216 g de MAT, sur des cycles d’une centaine de jours. Du point de vue des coûts, la tonne de matière sèche de fourrage était de l’ordre de 40 et 50 €. »

Il y a méteil et méteil

Retour aux méteils, cette fois avec un ensilage précoce, c’est-à-dire avant mai. Les avantages sont comparables aux méteils de sécurité, le volume de récolte en moins. En effet, avec ces coupes au stade début épiaison de la céréale, le rendement escompté n’est plus que de l’ordre de 4 à 8 tMS/ha. En contrepartie de quoi, les méteils en dérobée induisent de bien meilleures valeurs alimentaires.

De plus, ils rendent possible une implantation de maïs en culture principale.

Méteil après la levée

Récolté avant mai et l’implantation d’un maïs, le méteil « dérobée » réduirait moins l’humidité du sol qu’une raygrass d’Italie (©Entraid).

À la manière d’un raygrass d’Italie, le méteil en dérobée « permet d’augmenter la production fourragère par hectare. Mais ils peuvent limiter le rendement du maïs qui suit », alerte Jean-Marc Seuret. Toutefois l’ampleur de ce risque serait atténuée dans le cas du méteil, notamment en raison du fait que contrairement à la graminée, il permet un semis simplifié du maïs.

Dans son exposé qu’il présente au Space 2026, le conseiller évoque aussi les espèces fourragères qui tirent leur épingle du jeu quand il fait chaud. Bien entendu, si l’éleveur souhaite adapter son système fourrager aux étés chauds et secs, « la luzerne figure parmi les leviers auxquels il faut penser. » Outre sa production brute qui résiste relativement bien dans ces conditions, l’intérêt de la légumineuse « c’est aussi son apport protéique dans les rations. »

Exotisme ?

« Enfin, on pense aussi au sorgho fourrager multicoupe. » L’expert résume les observations d’un essai à la station de Mauron : « On voit qu’en année ‘normale’, il manque de températures pour performer autant qu’un maïs sous le climat breton. En revanche, en 2022, les sorghos fourragers multicoupes de type Sudan Grass, avaient eu l’avantage. »

Quoi qu’il en soit la présentation invite surtout à varier les ressources fourragères. « Si une culture échoue suite à un aléa climatique, une autre peut compenser la perte », indique Jean-Marc Seuret. « C’est en multipliant les espèces à l’échelle de l’exploitation, comme à celle de la parcelle, que les éleveurs sécurisent leur système fourrager. »

Donner sa confiance à plusieurs espèces prairiales

Dans la prairie, le conseil sera donc de miser sur la diversification des flores. La prairie multi-espèce « qui intègre des plantes qui passent mieux les pics chauds et sec », serait donc le meilleur rempart à la pénurie d’herbe.

« On sait bien qu’il faut tout de même de l’eau, mais la fétuque élevée ou le dactyle ont des résultats intéressants dans ces contextes. On constate aussi que les semenciers proposent des variétés qui ont amélioré leur appétence. »

Selon des essais, sur une année comme 2026, ce type de flore pâturée produirait 30 % d’herbe de plus que la traditionnelle association raygrass trèfle.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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