Découvrez l’histoire et le fonctionnement de la cuma de Paunac-Cazillac dans le Lot avec Olivier, Philippe et Lucas.
Cuma de Paunac-Cazillac : 60 ans d’histoire et d’entraide agricole dans le Lot
Tout commence il y a soixante ans, quand quelques agriculteurs comprennent qu’ils n’auront pas les moyens de s’équiper seuls. Ils vont de ferme en ferme convaincre leurs voisins de s’associer, et la cuma naît.
Le groupe se compose alors quatre ou cinq adhérents et aujourd’hui on en décompte une cinquantaine. « Ils ont pris leur bâton de pèlerin et ils sont partis faire le tour de la campagne », Olivier Roche, président.
Philippe Rauly, également président de la fédération des cuma du Lot, a rejoint la structure il y a 37 ans. Pour lui, ce qu’ont fait les pionniers de l’après-guerre force le respect. Cet esprit collectif reste la meilleure arme face aux crises. « Ils n’avaient pas de téléphone, pas d’internet, il n’y avait que de la parole. Ils se sont retroussé les manches. »
Un héritage, une mentalité qui continue encore aujourd’hui.
Rencontre avec la cuma de Paunac-Cazillac en vidéo
Des machines pour tous les profils d’exploitation
La cuma accueille des producteurs de noix comme des éleveurs de chèvres, de bovins et d’ovins. Des exploitations qui vont d’une dizaine d’hectares à des surfaces bien plus importantes.
Le parc de matériel s’est construit pour répondre à chacun, de l’épandeur et la débroussailleuse côté élevage à la machine à noix côté production. La cuma propose aussi un service complet de ramassage de noix, avec deux chauffeurs et un vibreur mis à disposition des adhérents. Le même principe a été appliqué au tracteur.
Face aux demandes qui n’arrivaient pas toujours à passer en priorité, le groupe a choisi d’y associer un chauffeur plutôt que de changer de matériel. « Pendant que le chauffeur ramasse les noix, on peut lui faire confiance et garder le travail sur autre chose », Olivier Roche, président
Une économie fondée sur l’engagement de surface
Le chiffre d’affaires se situe entre 45 000 et 50 000 euros, avec une hausse d’environ 20 % attendue grâce au service tracteur. Pour la machine à noix, chaque adhérent règle au départ des parts sociales calculées selon la surface qu’il s’engage à ramasser, et puis paie à l’heure d’utilisation.
Les outils plus modestes sont financés à parts égales, et la facturation intervient un an après : les noix ramassées cette année seront facturées en 2027. « Les années où il n’y a pas de noix, la machine tourne très peu, mais il faut bien payer l’amortissement », Olivier Roche, président.
La rigueur est de mise. Chaque outil a son référent, et le bureau n’hésite pas à rappeler à l’ordre un adhérent qui rend une machine sale ou en retard de paiement.
Une nouvelle génération qui s’intègre
Lucas Laumond a poussé la porte de la cuma dès son installation, en janvier. Son grand-père en était adhérent avant lui, et il y a trouvé de quoi alléger ses charges. Du matériel récent et entretenu, sans avoir à investir seul. Il confie qu’il n’aurait pas pu poursuivre sa production de noix sans la machine. « En tant que jeune installé, j’apprends toujours des anciens. Ils nous laissent nous exprimer », Lucas Laumond, jeune adhérent.
Côté anciens, la fierté est évidente. Et le réseau ne se limite pas aux machines. Quand l’un des associés du GAEC d’Olivier a disparu en pleine période de foins, les adhérents se sont mobilisés sans qu’on leur demande rien. « La cuma a tout de suite réagi sans rien demander. Tous les adhérents se sont mobilisés, se sont organisés », Olivier Roche, président de la cuma.
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