Tout démarre en 2003-2004, quand un petit groupe de vignerons veulent se protéger des gels hivernaux. « Ça a été la protection antigel qui est en bas du coteau. Ça a été vraiment le cœur du départ de la CUMA. »déclare Jean-Marie Raimbault, membre fondateur du groupe. De grandes hélices installées en bas des parcelles, chargées de brasser l’air pour protéger les bourgeons des gelées de printemps. L’outil fait ses preuves, et l’aventure collective ne s’arrête pas là. Un deuxième groupe se forme rapidement autour de la mise en bouteille. De dix adhérents à l’origine, la CUMA en compte aujourd’hui une quarantaine, preuve que la formule a convaincu au-delà du noyau de départ.
La cuma des Trompes Barils en vidéo
Des tours antigel aux outils de cave : un parc qui n’a cessé de grandir
Les tours antigel restent le symbole de la CUMA. « On a choisi l’alimentation fioul parce que c’était plus facile pour nous d’alimenter tous les jours. On laisse un minimum sur place pour éviter le vol. » explique Marius Tabordet, président de la cuma. Elles couvrent aujourd’hui une quinzaine d’hectares sur un site, et cinq hectares supplémentaires sur un second secteur. Quatre adhérents se relaient pour assurer le ravitaillement au fil des besoins, sachant que les tours peuvent tourner toute une nuit lors des épisodes de gel les plus sévères. Mais l’antigel n’est que la porte d’entrée d’un parc bien plus large. On retrouve plusieurs machines : mise en bouteille, tireuse, cireuse, tête de lavage, mais aussi filtre presse, filtre plat, plateau, sans compter les outils de nettoyage des cuves.
Une organisation résolument connectée
Avec un matériel dispersé sur plusieurs villages, la CUMA a fait le choix des outils numériques pour ne rien perdre en route. Chaque machine dispose de son propre agenda Google. « Chaque matériel a son petit agenda Google. Pour savoir à quel endroit il se trouve et qui il faut appeler pour le récupérer. » développe Sébastien Prieur, secrétaire du groupe. À cela s’ajoutent des groupes WhatsApp, qui permettent de signaler rapidement une panne, un souci technique ou une astuce à partager avec le reste du groupe. Chaque outil a également son propre responsable qui veille à son entretien. Les réunions de bureau, elles, restent informelles et se tiennent au gré des besoins, facilitées par le fait que les adhérents, voisins de village, se croisent très régulièrement.

Proche de Sancerre, la cuma des Trompes Barils est une cuma 100% vigneronne. ©Entraid Médias
Un modèle économique au prorata
En 2025, le chiffre d’affaires avoisine les 60 000 euros. La CUMA a mis en place un système de financement pensé pour rester équitable entre adhérents aux surfaces parfois très différentes. Chacun s’engage en prenant des parts sociales représentant environ 10 % du montant du matériel neuf investi. Pour les tours antigel plus spécifiquement, le prix du matériel neuf est ensuite réparti non pas de façon égale, mais au prorata de la superficie couverte par chaque vigneron. Une manière de faire correspondre l’investissement de chacun à l’usage réel qu’il en fait.
La cuma des Trompes Barils, un groupe tourné vers l’avenir
Côté projets, la CUMA vient tout juste de finaliser sa ligne de mise en bouteille. Un chantier de près de deux ans qui doit être livré début avril. Une nouvelle machine de traitement de la vendange en ligne continue, fonctionnant en tonnes, est également en cours de test.
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« Nous c’est l’équité » – Cum’apéro à la Cuma de la Croix-Avranchin
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