L’herbe des prairies retrouve petit à petit ses couleurs. Elle reprend vie après avoir été stoppée nette dans sa pousse cet été. Avec un été sec, chaud, la pousse de l’herbe était à l’arrêt depuis juin et ce, dans toutes les régions de France. Fait devenu historique. En illustre les territoires dont la suite de la récolte de l’herbe 2026 risque d’être compromise. En Grand Est, les éleveurs ont pu constater une baisse de quantité de 12% d’herbe par rapport aux cinq dernières années, soit 500 kgMS/ha en moins. Dans les Hauts-de-France, la pousse était très ralentie impliquant une baisse de la collecte de lait de 10 à 20%. Le point sur la pousse de l’herbe et la sécheresse de 2026.
Pousse de l’herbe et sécheresse : la récolte compromise en 2026
Ainsi, très peu d’éleveurs ont pu effectuer une deuxième coupe d’herbe alors que les troupeaux sont affouragés depuis cet été. Les éleveurs tentent de trouver des stratégies pour alimenter leur troupeau. Quand certains puisent dans les stocks de fourrage, d’autres pensent à réduire leurs besoins en limitant le troupeau. Les inquiétudes sont légitimes avec beaucoup de leviers actionnés pour tenter de maintenir le confort des animaux. Avec de l’ombre, des brumisateurs ou encore des ventilateurs notamment.
Cette situation qui a perduré jusqu’à la mi-août 2026 se poursuit encore ces dernières semaines dans certaines zones où la pluie n’est pas parvenue. Dans tous les cas, les éleveurs vont devoir protéger leurs prairies. Car si elles ne sont, pour le moment, pas revenues au vert, ce n’est qu’une histoire de temps. En attendant, les éleveurs peuvent pratiquer le bale grazing ou encore redécouper une parcelle parking.
Maintenir les rotations
La première stratégie qui consiste à affourager les animaux tout en maintenant une rotation des paddocks, permet de ne pas épuiser la prairie et ainsi favoriser sa repousse à l’automne. La seconde vise à sacrifier une prairie qui sera détruite à l’automne. Son but est de la diviser toujours pour maintenir une rotation et limiter les risques sanitaires.
Une fois les ondées arrivées, il faudra préparer les semis afin de ne pas entacher le potentiel de la récolte. Cela concerne les prairies qui ne repartiront pas avant les semis. L’idéal est d’attendre environ 20 à 30 mm de pluie et quelques jours avant de déterminer le devenir d’une prairie. Les graminées peuvent être simplement en dormance estivale.
Choisir les bonnes espèces à implanter
L’Idele, institut de l’élevage, préconise d’implanter des espèces adaptées au contexte pédoclimatique et à l’usage de la prairie. On n’implantera pas les mêmes espèces si la prairie est destinée à la fauche, au pâturage ou aux deux usages. Pour cela, le Herbe book permet d’identifier les espèces et variétés les plus adéquates à ce contexte.
Par ailleurs, la période de semis doit réunir deux conditions essentielles :
- Une humidité du sol suffisante ;
- Des températures favorables.
L’objectif est que la plante soit suffisamment robuste pour affronter l’hiver et les périodes de gel. Le sursemis peut être envisagé mais attention, la technique demande de la précision et reste très aléatoire avec des résultats peu probants.
Adapter ses stocks aux besoins
Par ailleurs, l’Idele, toujours, conseille de faire un inventaire précis des besoins du troupeau et des stocks actuels. Les stocks de report, les récoltes de l’année, les achats éventuels et la part attendue de pâturage doivent être estimé précisément. Il est plus prudent de prévoir un scénario pessimiste des rendements mais aussi des périodes d’affouragement. Le but étant de sécuriser le bilan fourrager et anticiper l’action de certains leviers.
À l’image de la détermination de l’assolement 2026-2027, de contrats d’achats de fourrages, de l’ajustement de l’âge des vêlages ou la date de sevrage ou encore de réduction du cheptel. L’achat de co-produits qui peuvent compléter la ration peut être également une bonne source nutritive à ne pas sous estimer.
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