Partout, la canicule impose son rythme. L’agriculture, la moisson surtout, n’y échappe pas. Au vu des conditions météo de ce début de semaine, la vague de chaleur et un important dessèchement de la végétation augmentent le risque de départ des incendies. Ainsi, La Fpcuma du Poitou alerte que le préfet de la Vienne a pris un arrêté de restriction d’activités. Le but est bien d’éviter des départs de feux. Des feux déjà observés cette semaine, notamment dans le Sud-Ouest, avec des dégâts. Le point sur les premiers arrêtés de restriction pour la moisson.
Les arrêtés de restriction en cours en France
L’activité agricole et sylvicole suspendue aux heures chaudes
Dans le détail pour ce département de la Vienne, les activités agricoles de récolte de grandes cultures, de fenaison, fauche et pressage sont temporairement interdites entre 14 heures et 20 heures. Idem dans les Deux-Sèvres à partir de ce 20 juin 2026 et jusqu’au 26 juin 2026, mais plus tôt, de 12h à 19h. Parfois les activités d’exploitation forestière et de travaux sylvicoles sont concernés. Le Cher est aussi concerné, de 13h à 19h pour ce département. Ainsi que la Seine-et-Marne. Ils viennent d’être rejoints ce 26 juin en Bourgogne par l’Yonne et la Nievre, où il n’est pas possible de moissonner de 13 à 18h.
L’usage de tout outil ou engin à moteur thermique ou électrique (broyeur, débroussailleuse…) ainsi que tout engin produisant du feu ou de la chaleur (fer à souder, chalumeau, désherbeur thermique, enfumage des ruches …) est interdit de 14 heures à 20 heures dans la Vienne. Ces interdictions s’appliquent à compter du vendredi 19 juin 2026 et jusqu’à l’abrogation de l’arrêté.
En Occitanie, les arrêtés préfectoraux de restriction pour les moissons 2026 entrent en vigueur
En Haute-Garonne, le département est en zone rouge maximale sur les massifs exposés et plaines sèches. Un arrêté a été pris et indique une interdiction totale des travaux agricoles mécanisés (moisson, pressage, broyage) entre 12h00 et 20h00. Cette mesure est en place jusqu’à une baisse significative des températures. Touché par la sécheresse, les prélèvements d’eau pour l’agriculture sont également restreints.
Dans le Gers, le préfet n’a pour l’instant pas pris d’arrêté préfectoral. Toutefois, la préfecture exige d’adapter le planning de fauche pour éviter le pic de chaleur de l’après-midi.
Dans le Tarn et le Tarn-et-Garonne, les moissons sont autorisées sans restriction. Toutefois, le détourage des parcelles et la présence d’une tonne à eau d’au moins 1 000 litres ou d’un outil de déchaumage (disques) prêt à intervenir sur place sont obligatoires dans les zones à risque.
Dans le Gard et l’Hérault, les travaux de récolte des céréales à paille doivent impérativement être menés face au vent (pour pousser les fumées vers la zone déjà récoltée en cas de départ de feu) avec une surveillance accrue des roulements et courroies des moissonneuses-batteuses pour éviter les étincelles.
Un arrêté de restriction pour la moisson 2026 en vigueur en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes d’Armor
À partir du mercredi 24 juin 2026, les départements de l’Ille-et-Vilaine et des Côtes d’Armor ont interdit de moissonner et de presser de la paille entre 13 heures et 21 heures. Et ce jusqu’à ce que le niveau de risque incendie aura retrouvé un niveau satisfaisant.
De plus, le texte impose des dispositions de prévention aux chantiers qui auront lieu aux heures autorisées. Par exemple, il faudra avoir sur place un outil de déchaumage et un dispositif de lutte contre les feux. naissants.
Indre, Indre-et-Loire, Eure-et-Loir, Allier, Marne sur le qui-vive, pas encore d’arrêté de restriction sur la moisson 2026
En Indre et Indre-et-Loire notamment, les agriculteurs sont appelés à la plus grande prudence. Rien que pour lundi dernier dans l’Indre, le journal La Nouvelle République relatait 14 départs de feu dans les champs. Les agriculteurs ont prêté main forte aux pompiers. Dans l’Eure-et-Loir, le Préfet en concertation avec les OPA recommande la suspension de moisson. En effet, il écrit sur Facebook qu’il recommande « vivement aux agriculteurs et ETA de suspendre les moissons entre 13h00 à 18h00 ». Ajoutant, « l’ensemble des coopératives et négoces fermeront leurs silos à la réception de récoltes, de 14h00 à 18h00 ».
Les préfectures appellent donc les agriculteurs des départements à adopter des précautions pour éviter les départs de feu dans les champs. « Si le niveau de danger incendie est, à ce jour, faible à modéré sur l’ensemble du département, les conditions météorologiques actuelles – chaleur et faible hygrométrie notamment – créent des conditions favorables à la propagation rapide des incendies », alerte la préfecture d’Indre-et-Loire, jeudi 18 juin 2026.
Dans l’Allier et la Marne, préfectures et Chambres d’agriculture demandent d’éviter le travail durant les heures les plus chaudes. Les préconisations sont communiquées en lien avec les conseils de SDIS.
Normandie et Mayenne : l’activité agricole restreinte par arrêté préfectoral
En Normandie, plusieurs arrétés restreignent l’activité agricole. Les travaux dans les champs sont désormais interdit en Seine-Maritime de 13 heures à 18 heures à partir du 23 juin 2026, tout comme les chantiers de moisson dans l’Eure.
Enfin, dans l’Orne, la préfecture interdit les battages et le pressage de midi à 20 heures. Et ce jusqu’ à la fin de l’alerte rouge. Plus au sud, La Mayenne reprend les mêmes horaires, en ajoutant la fauche et la fenaison à la liste des activités à mettre en pause.
Liste de recommandations en guise de prévention
Avec ou sans suspension des travaux agricoles aux heures les plus chaudes de la journée, les services de l’État dans les départements demandent aux agriculteurs d’adopter nombre de gestes de précaution. Comme éviter les heures les plus chaudes, nettoyer et dépoussiérer le matériel.
Mais ça peut aussi être prépositionner des moyens d’intervention. Telle une tonne à eau remplie et un outil de travail du sol prêts à l’emploi, disponibles à proximité immédiate des parcelles en cours de récolte. Il peut aussi être recommandé de réaliser un déchaumage des tours de champs pour créer un pare-feu.
Enfin, il est demandé de reporter, si possible, le travail des chaumes.
Des recommandations, puis l’interdiction
Dans le département des Deux-Sèvres, avant la restriction, le Conseil de l’Agriculture Française des Deux-Sèvres (CAF) s’est coordonné avec la préfecture.
Face à l’épisode de fortes chaleurs qui s’intensifie, le CAF s’était notamment réuni pour définir des mesures d’adaptation urgentes. Une lettre ouverte de la Fédération de cuma relayait les préconisations concrètes. Ainsi que les souplesses réglementaires validées conjointement par le CAF et le Préfet des Deux-Sèvres.
L’objectif est aussi d’adapter les chantiers et protéger les salariés.
Le pourtour méditerranéen déjà expérimenté et toujours sous Arrêtés
L’Hérault et plusieurs départements de la zone méditerranéenne (Gard, Bouches-du-Rhône, etc.) sont eux plus habitués aux arrêtés préfectoraux de restriction. Pour la protection estivale des massifs, les travaux agricoles utilisant des engins susceptibles de générer des départs de feux sont interdits dès que le niveau de risque est classé « élevé » ou « très élevé », généralement de 11h à l’apparition des fraîcheurs nocturnes. Des cartes précises sont mises à jour presque quotidiennement.
Pour l’Hérault, ce 1er juillet, à la demande du Président de la Chambre d’agriculture Jérôme Despey et pour répondre à l’enjeu des travaux de moissons, la préfecture a décidé d’accorder une dérogation aux agriculteurs dont les parcelles sont situées en zone rouge ou orange pour risque d’incendie. Concrètement, à compter du 2 juillet et jusqu’au 25 juillet prochain, les agriculteurs dont les champs sont situés en zone rouge pour risque très élevé d’incendie (ou orange pour risque élevé d’incendie) seront autorisés à moissonner de 20h à 12h sous réserve de la mise en place du dispositif de prévention et d’extinction. Les opérations de moissons resteront donc interdites de 12h à 20h afin de limiter le risque de départ de feu aux heures les plus chaudes.
Le dispositif de prévention et d’extinction comprend les éléments : un extincteur poudre 9kg, un extincteur eau 9L, une réserve d’eau, un téléphone chargé (18 ou 112), un binôme de travail et un déchaumeur – ou outil équivalent permettant de créer une bande coupe-feu.
Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :



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