« Elles sont pourries, même pas sûr de les arracher », lance Thomas Lapie, agriculteur dans la Marne à propos des betteraves de son secteur. Les chantiers sont à l’arrêt laissant les producteurs dans l’expectative. L epoint sur la récolte de betteraves dans le Grand Est.
Une récolte de betteraves pourries dans le Grand Est
La météo de cet été dans le secteur du Grand Est n’a pas été à l’avantage des betteraves. Avec leur croissance diminuée, elles ont dû faire face à des attaques de charançons Lixus. Une situation qui habituellement n’aurait pas créé autant de dégâts. Mais sur des betteraves déjà affaiblies par un manque d’eau, les ravages sont notables. Si bien qu’en ce début de campagne, les agriculteurs vont de déconvenues en déconvenues.
C’est la douche froide. Outre des rendements en berne, la qualité des racines est dégradée. La coopérative du secteur, Cristal Union, avait décalé son début de campagne afin de laisser quelques semaines supplémentaires aux betteraves pour tenter de rattraper un peu leur retard de croissance.
Trop sec, trop chaud
Mais les conditions sèches et chaudes de ces dernières semaines ont été délétères. Dans plus de 2 700 parcelles analysées, « nous constatons que les betteraves se dégradent très rapidement, note Cristal Union dans un courrier envoyé aux agriculteurs le 15 septembre 2026. Les pourritures et l’exposition répétée des betteraves à de très fortes températures provoquent une altération cellulaire précoce, transformant le sucre en produits de dégradation tels que l’acide lactique et le mannitol. »
Cela concerne les parcelles dont le taux mesuré au champ de betteraves porteuses de parties non marchandes est supérieur à 15 %. Pour celles-ci, les rendements et la richesse des racines décroient, estimés à moins de 15 t/ha. Les agriculteurs sont donc invités à ne pas récolter les betteraves concernées et à faire appel à leurs assurances.
L’alcool pour sauver certaines betteraves
Toutefois, pour certaines parcelles situées à proximité d’Arcy-sur-Aube, les betteraves dégradées pourront éventuellement être transformées en alcool. Un manière de sauver entre 2000 et 3000 ha. « Le choix des betteraves traitées devra être effectué selon des critères objectifs », assure Cristal Union.
Pour les autres cas, si les betteraves issues de parcelles dont le taux mesuré au champ de betteraves porteuses de parties non marchandes est inférieur à 20 %, l’enlèvement sera assuré. « Pour les cas où les taux sont supérieur à 20 %, elles ne pourront pas être réceptionnées car ces betteraves, impossibles à transformer en sucre, ne seront pas de qualité saine, loyale et marchande », annonce la coopérative.
Avec cette situation, les calendriers de chantiers, le transport des betteraves et l’ouverture des sucreries risquent d’être chamboulées.
Cette campagne betteravière commence très mal dans le Grand Est.
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