Annoncé par la ministre de l’agriculture le 3 septembre 2026, le plan Casi, climat, adaptation, sécheresse, incendie, ambitionne de redonner un peu de souffle aux agriculteurs. L’enveloppe d’un milliard d’euros vise à redonner à l’agriculture française la capacité à investir dans les moyens de production pour l’année prochaine. 14 mesures y sont déclinées. Certaines d’entre elles sont appliquées à l’échelle nationale tandis que d’autres, sont déployées sur les territoires via les préfets d’ici le 14 septembre.
Les aides face à la sècheresse: les agriculteurs prudents
Certains départements ont déjà leur déclinaison des aides qui visent à relancer la production pour notamment l’achat de fourrages, semences, plants, ou encore indemniser les pertes incendies. Les premiers versements pour les agriculteurs les plus touchés par la sécheresse auront lieu d’ici à fin octobre. C’est l’engagement pris par la ministre de l’agriculture auprès des préfets. L’aide sera plafonnée à 10 000 euros par exploitation. Elle ne devra pas donner lieu à des « surcompensations » au regard des indemnités versées par les assureurs. Annie Genevard demande aussi aux préfets d’associer les banques pour accorder des prêts de trésorerie de court terme ou des restructurations des dettes en cours.
« Ces aides ne doivent pas permettre d’étaler les dettes sur une ou deux campagnes, ça ne sera pas suffisant, fait remarquer Sébastien Windsor, président des chambres d’Agriculture France. Ils faut plusieurs années à un agriculteur pour se remettre d’une telle crise. Et celle-ci ne doit pas stopper leurs investissements et les innovations prévues. »
Détecter et accompagner
C’est pour cela que l’enveloppe dédiée doit permettre aux agriculteurs d’avoir les capacité financières pour supporter les surcoûts liés à la baisse de la production. Les Chambres d’agriculture s’engagent donc à réaliser des bilans fourragers, notamment, mais aussi à accompagner les éleveurs dans le besoin afin de prioriser les leviers à actionner.
Si certains agriculteurs avaient souscrits un assurance, d’autres se trouvent dans une situation de trésorerie très tendue. Le régime de calamités agricoles permet le versement de l’indemnisation de solidarité nationale. Le gouvernement s’est engagé à la verser rapidement et à abonder ce dispositif.
Être réactif
« L’assurance doit pouvoir jouer son rôle, estime le président. Que ce soit pour les pertes directes mais aussi indirectes. Je pense notamment aux betteraves qui ont été attaquées par les ravageurs. D’habitude, elles sont moins sensibles et les impacts sont beaucoup moins notables. »
La ministre a d’ailleurs annoncé la mise en œuvre d’une réforme sur la base des indemnisations. En assurant la moyenne olympique à huit ans au lieu de cinq. « Nous veillerons à ce que ces aides soient accessibles et versées rapidement », assure le président. Car les élus s’accordent à dire que l’enveloppe de 253 millions d’euros doit être répartie vers les dossiers les plus complexes et ceux qui en ont le plus besoin.
Ne pas oublier les années à venir
Un coup de pouce fiscal a également été annoncé avec notamment, l’allègement des charges fiscales des exploitations touchées et la prise en charge des cotisations sociales agricoles et les échéanciers MSA. « Nous œuvrons sur la mise en place de ce plan d’urgence, il est nécessaire, alerte Sébastien Windsor. Mais les aides doivent également se poursuivre sur le long terme. Les conséquences de cet été se poursuivront encore au moins jusqu’en 2027. » Dans ce sens, la prolongation des aides à l’achat d’engrais ou de GNR restent les bienvenues.
Par ailleurs, les Chambres d’agriculture ont assuré leur accompagnement technique auprès des agriculteurs. « Nous travaillons à obtenir des dérogation ou des aménagements réglementaires, illustre t-il. Un agriculteur ne peut pas être pénalisé lorsqu’il n’a pas pu semer ses engrais verts ou s’il n’a pas pu respecter son engagement pour les mesures agro-environnementales à cause de la météo. »
Plan CASI : des aides pour surmonter la crise
L’objectif des organisations agricoles mobilisées est bien de permettre aux agriculteurs de surmonter cette crise mais aussi d’éviter les suraccidents. Tels que l’impasse sur certains apports d’engrais ou de phytos ou décapitaliser les cheptels ou encore modifier les assolements vers des jachères.
Quentin Mathieu, économiste chez Agridées prend de la hauteur. « Cette question du financement du risque climatique est d’autant plus centrale que les projections disponibles convergent vers une aggravation rapide de l’exposition de l’agriculture française aux sécheresses. »
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