La campagne 2026 qui s’achève laisse à réfléchir. Les coûts de production élevés et les prix de vente très fluctuants entrainent les agriculteurs dans un effet ciseau délétère. Le flou quant à la situation géopolitique, climatique et économique ne donne pas non plus envie d’entreprendre de nouveaux projet. Alors, les agriculteurs pourraient céder aux chants des sirènes de la jachère. Le point sur la rentabilité de la jachère.
La jachère pour réduire des coûts de production, une bonne idée ?
Avant de capituler face aux cultures de céréales ou d’oléo protéagineux, il est conseillé de sortir les calculettes afin de ne pas de lancer dans une chimère. Parlons d’un point de vue économique tout d’abord. « Dans une très grande majorité des cas, remplacer des cultures de vente par de la jachère ou une culture à faibles intrants aura des impacts négatifs sur l’excédent brut d’exploitation », lance Arvalis dans une note.
En effet, l’implantation et la conduite d’une jachère demande un minimum d’investissement. Entendez par là, le coût des semences, les charges de mécanisation liées au semis mais aussi aux frais d’entretien de broyage ou de désherbage. La marge brute sera très probablement négative voire « au mieux très faiblement positive, poursuit Arvalis. Mais inférieure aux marges brutes moyennes dégagées par les différentes cultures céréalières et oléo-protéagineuses (même avec le contexte économique actuel). »
Les charges de structure pèsent
Globalement, à l’échelle de l’exploitation, cette stratégie va réduire sa marge brute. Hormis dans les exploitations où les charges sont amoindries. Car quelle que soit la culture, les charges de structures que sont les fermages, la mécanisation, les annuités, les assurances, les honoraires, les charges sociales et la rémunération de l’exploitant restent relativement stables.
Toutefois, l’intérêt agronomique d’une jachère reste moins contestable. » Cela peut présenter un avantage agronomique à moyen terme, en particulier dans les situations à forte pression de salissement en graminées adventices, reconnaissent les ingénieurs. Pour abaisser la pression de salissement, la gestion de la jachère devra éviter toute grenaison des adventices par broyage uniquement. »
Vision long terme obligatoire
Si l’agriculteur souhaite obtenir d’autres bénéfices agronomiques comme la restitution azotée, une meilleure structure du sol, etc, l’implantation de légumineuses pures reste le meilleur moyen d’y parvenir. La stratégie doit être réfléchie à long terme et ce système implique des adaptations dans la conduite de l’exploitation.
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