Débutés le 19 août 2026 pour les crémants, les vendanges Alsaciennes sont historiquement précoces. Preuve, s’il en fallait encore une, que le changement climatique est devenu une réalité. À Westhalten, dans le Haut-Rhin, quelque 70 viticulteurs peuvent s’appuyer sur leur cuma pour faire preuve de résilience. Le point sur la crise viticole en Alsace.
Crise viticole en Alsace, la cuma pour y résister
La cuma soutient les initiatives de ses adhérents. Elle a notamment participé au projet REPAIR qui consistait à implanter de la piloselle, une plante invasive capable de concurrencer les adventices afin de limiter l’enherbement des parcelles.
Elle accompagne aussi les viticulteurs dans la recherche de techniques innovantes. Ou encore, dans l’utilisation de nouvelles machines ou dans la plantation de nouveaux cépages. « Nous voulons élargir notre spectre afin de réfléchir ensemble aux meilleures solutions », souligne Arnaud Bohrer, le président.
Face aux aléas climatiques, chacun adapte ses pratiques tout en gardant sa spécificité. À l’image de la gestion de l’enherbement avec un semis direct quand cela est possible ou l’enherbement d’un rang sur deux, ou le fauchage de l’herbe plutôt qu’enfouissement, ou encore le désherbage chimique sur des parcelles sur cavaillon. En bio, viticulteurs vont favoriser le labour d’un rang sur deux.
Crise économique et climatique
« Des dérogations pour irriguer les vignes sont désormais possibles sur certains territoires, relate Jean-Nicolas Klein, vice-président de la cuma de Westhalten. L’arrachage pour renouvellement permet de rajeunir les vignes et de changer de cépage. L’arrachage définitif reste, quant à lui, un sujet sensible et collectif. Il peut réduire les surfaces de production, à condition de répondre à une demande identifiée. »
Les vins d’Alsace ne dérogent pas à la crise. « Les transactions du vrac diminuent, avec des prix de vente en baisse alors que les charges augmentent, précise le vice-président. Tandis que les ventes aux particuliers semblent moins impactées. Quant à l’export, son évolution est plus difficile à mesurer dans un contexte géopolitique incertain. Nous vivons une déconsommation mondiale du vin, notamment chez les plus jeunes. »
Freiner aucun investissement nécessaire
Pour y faire face, les adhérents peuvent faire confiance en la rigueur de leur président. Arnaud Bohrer veille au bon fonctionnement de la structure :
- Entretien du matériel par chaque responsable ;
- Négociations avec les banques ;
- Gestion des arrivées et des départs d’adhérents ;
- Recherche de solutions de financement et d’aides à l’investissement …
Autant de missions qu’il mène avec l’appui d’un bureau aux compétences, expériences et visions complémentaires.
La cuma veille à ne freiner aucun investissement, même lorsqu’ils ne concernent qu’un nombre limité d’adhérents. Pour cela, elle a créé treize sous-groupes. « Les équipements sont achetés par la cuma ce qui permet de bénéficier des assurances et des dispositifs d’aides, explique Arnaud Bohrer. Ils restent sa propriété, mais leur gestion est confiée au sous-groupe utilisateur ».
Sans engagement
Ainsi, les coûts pour le viticulteur intéressé par un matériel est réduit. Il peut ainsi se lancer dans son projet et faire profiter du matériel aux autres. Cette façon de faire permet de limiter des contraintes financières à certains et de poursuivre une activité malgré un contexte difficile.
Ce modèle de fonctionnement, sans engagement de souscription, continue de séduire de nouveaux adhérents, en particulier les jeunes. « Leurs profils sont variés, ils s’impliquent et proposent de nouvelles idées pour faire évoluer la cuma. Cet enthousiasme illustre l’ouverture d’esprit qui anime notre cuma », se réjouit Arnaud Bohrer.
Soutien en temps de crise viticole en Alsace
Mais la cuma ne se contente pas d’apporter de la résilience aux exploitations. « Entretenir le lien social », un leitmotiv tenu par l’ancien président. Car pour faire face aux crises du monde viticole actuelles, les adhérents y trouvent du soutien et s’encouragent mutuellement dans des projets individuels tout en passant par la cuma pour réaliser des investissements.
Pour intégrer ce groupe, chaque adhérent détient deux parts sociales de 50 euros chacune.
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