Un 1, et 2, et 31,5 % ! Champion du monde. La France décroche le trophée des charges de mécanisation les plus lourdes en 2025. Ces données issues d’Eurostat sont encore provisoires. Mais elles illustrent combien ces postes de dépenses pèsent dans le compte de production des agriculteurs français. Globalement, les agriculteurs européens sont parmi ceux à connaître les plus fortes charges de mécanisation au monde. Car l’Amérique du Nord, l’Australie, le Brésil par exemple ont d’autres modèles d’exploitation et d’équipement. Avec des charges plus faibles. Un point sur les charges de mécanisation agricole en France et en Europe.
Champions d’Europe bien sûr
En Europe donc, à titre de comparaison, les agriculteurs allemands supportent eux des charges de mécanisation à hauteur de 24,5 % de leur compte de production. L’Espagne, qui représente la 3ᵉ force agricole européenne pour sa production 2025 (75,7 Md €), ne connaît des charges de mécanisation que de 12,6 %. Ça laisse rêveur.
L’Italie, 4ᵉ pays producteur, connaît 19,5 % de charges de mécanisation dans ses comptes. Aux coudes-à-coudes avec le Royaume-Uni et la Pologne. La Roumanie (31 %) et les Pays-Bas (27,8 %) suivent la France.

Extrait du tableau sur le tableau compte de revenu d’entreprise de la branche agricole. Cliquez pour accéder au tableau complet. (© Entraid)
7 milliards € de la production française consacrée à l’entretien du matériel
Dans le détail, la France est championne toutes catégories. Nos agriculteurs ont les plus lourdes charges notamment en entretien du matériel. Ce poste est deux fois plus lourd en pourcentage dans les comptes comparés à la moyenne européenne. Même tendance pour la catégorie des « services agricoles ».
C’est-à-dire l’ensemble des prestations et travaux agricoles effectués par des tiers pour le compte d’une exploitation agricole, ou la location de matériel avec opérateur. L’amortissement du matériel est aussi lourd. Mais là, l’Allemagne passe devant en taux. Mais pas en chiffre brut : 8,78 Mds € en France contre 8,36 Mds € outre-Rhin.
À la mécanisation s’ajoutent les autres intrants
Des charges de mécanisation agricole en France très élevées et qui ne sont pas isolées. En effet, d’autres dépenses ont explosé ces dernières années. Comme l’achat d’engrais et autres amendements, qui représente en 2025 presque 4,9 milliards d’euros (5,4 %) du compte de résultat, pour 22,78 milliards d’euros (4,1 %) en cumul à l’échelle UE 27 pays. Plus de 20 % de cette charge européenne est supportée en hexagone…
Et l’hexagone est numéro 1 en dépenses vétérinaires, à égalité avec le Royaume-Uni en pourcentage : 1,6 % de leur compte de production. Mais en montant, la France dépense presque trois fois plus : 1,47 Md €. En fin de compte, le résultat net de la ferme française, donc sa rentabilité, est en cure d’amaigrissement.
Résultat, la rentabilité de la ferme France décroche
« Première en termes de production agricole en valeur, la France a encore rétrogradé au classement européen du résultat net généré par la branche agricole », écrit Axema, le syndicat des constructeurs, dans son rapport économique 2026.
En effet, si notre pays est le plus gros producteur (93,5 Mds € en valeur en 2025), il passe de la 3ᵉ à la 5ᵉ position, derrière l’Espagne, l’Italie, la Pologne et l’Allemagne, en termes de résultat net. On a beau avoir la plus grosse surface ou le plus gros cheptel bovin, on est loin d’être économiquement efficaces. Et « quelle que soit l’orientation technico économique retenue, poursuit Axema, céréales, bovin lait, maraichage, bovin viande, etc., les taux de résultats français se situent en dessous de la moyenne européenne ».
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