Tracteur : quels choix d’investissement ?

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Tracteur : quels choix d’investissement ?

À la cuma du Minez, la conduite des projets de renouvellement de tracteur fait l’objet d’un travail minutieux. Elle a choisi d’opter pour des matériels en crédit-bail (©Cuma Bretagne).

Est-ce encore possible d’affronter la hausse vertigineuse des prix des matériels depuis 5 ans tout en conservant une volonté de renouvellement des tracteurs et une maîtrise des coûts acceptable par le groupe ? En agriculture, si la propriété reste majoritaire, elle perd chaque année du terrain au profit d’offres de location. Plusieurs cuma Finistériennes se sont dernièrement penchés sur la question pour le renouvellement de leurs tracteurs. Décryptage.

La question du choix de la stratégie pour le renouvellement du tracteur se pose souvent dans les cuma. À l’image de la cuma de Pleyber (Pleyber-Christ) qui fut surprise au moment de renouveler ses tracteurs. Cette fois-ci, la reprise qui leur était proposée ne suffirait pas à financer le reste à amortir. Cela avait pour conséquence d’augmenter le prix de l’heure au moins les deux premières années. Depuis toujours, la cuma est propriétaire de ses tracteurs. Mais les responsables ont donc étudié les propositions de crédit-bail (location avec option d’achat) ou location longue durée qui pouvaient leur permettre de conserver un tarif de l’heure assez proche de celui actuel, en retenant une valeur résiduelle plus forte en crédit-bail.

Le choix de la propriété

Finalement, la cuma de Pleyber a fait reprendre un de ses tracteurs pour en acheter deux autres en crédit classique et en y intégrant les coûts d’entretien. Leurs arguments sont multiples.

Il y a tout d’abord celui de l’autonomie : les adhérents conservent ainsi une utilisation libre de leur matériel, sans contrainte d’heures d’utilisation sur la période de détention. Par cette stratégie, la cuma entent aussi conserver dans son parc de cinq engins, un ou deux tracteurs polyvalents au-delà de leur période d’amortissement.

Bien qu’ils seraient utilisés moins intensivement ces deux tracteurs participeraient à maîtriser le prix de l’activité aux alentours de 36 €, GNR et Adblue compris.

Renouvellement du tracteur en cuma : viser le meilleur prix de l’heure

Plus à l’Ouest du département, la cuma du Ribl (Saint-Pabu) oriente ses investissements vers du crédit-bail. Son dernier choix s’est porté sur la marque Fendt qui proposait trois tracteurs équipés RTK. Le président Mickaël Quinquis souligne : « Le groupe était quasiment unanime en faveur de la marque couplée avec un tarif d’utilisation pertinent. » L’activité table sur un volume annuel de presque 3000 h. Assurances et entretien compris, elle tient ainsi un tarif unitaire à 27 €.

Dans sa démarche la cuma ne demande même pas la valeur résiduelle en fin de contrat, considérant que celle-ci est forcément trop élevée pour qu’un achat s’envisage. La cuma sait déjà qu’au terme du contrat de trois ou cinq ans, elle repartira sur ce même mode de financement dont elle a conscience aussi des risques. En effet, au moment de restituer les tracteurs, des frais de remise en état qui pourraient lui être facturés.

Conserver une valeur de reprise

Ce mode de financement est également possible pour les cuma qui souhaitent conserver un premier apport correspondant au montant d’une reprise à chaque nouveau contrat. Ainsi, la valeur résiduelle déterminée au départ reste contenue et inférieure à la valeur du marché. Concrètement, à la fin du contrat, la cuma achète le tracteur pour le revendre à la concession qui lui fera la meilleure proposition de reprise et de loyers.

La cuma du Minez à Scaër a revendu ses deux tracteurs en propriété pour s’orienter vers un crédit-bail. Néanmoins fidèles à leurs habitudes, les responsables ont d’abord établi un cahier des charges adressé aux concessionnaires. Puis ils ont épluché leurs propositions en les comparant sur un tableur. Notons qu’une analyse de la situation comptable de l’activité traction leur permet également de bien ajuster leur capacité d’investissement.

Outre le respect du cahier des charges, la cuma compare les offres de reprises de chaque concession. Elle prend en compte les valeurs résiduelles, les loyers, la part entretien, la franchise éventuelle, les frais en cas de rupture de contrat… Les responsables invitent même les salariés à exprimer leur préférence. Autant de réponses qui s’intègrent dans le tableur décisionnel. C’est ainsi que la cuma a retenu l’offre de John Deere, bien que les loyers demandés n’étaient pas les plus faibles. La valeur résiduelle définie au départ devrait lui laisser une possibilité d’achat pour valeur de reprise ou refinancement du solde.

Un prix et un SAV rassurant

La cuma Ar C’Hazh koad a décidé, elle aussi, de revendre leur tracteur. Mais la cuma basée à Riec-sur-Belon est ensuite partie sur une formule de location longue durée sans option d’achat. Contrairement à une location financière, cette location d’usage par Camacuma reste flexible sur la possibilité de varier le volume horaire annuel sans frais. Sur toute sa durée, le contrat comprend une assistance technique et l’entretien complet du tracteur.

Les modes d’investissement de ces quatre cuma finistériennes représentent aujourd’hui les nouvelles tendances. Elles partagent un autre point commun : leur décision résulte d’un choix partagé avec les adhérents. Ce qui signifie que le conseil d’administration aura comparé et présenté les offres avant un vote.

Pas de place pour l’approximation

Le cahier des charges de la cuma du Minez détaille une multitude de critères lorsqu’il s’agît d’un nouveau tracteur :

  • Puissance
  • type de transmissions
  • pont
  • prise de force
  • pneumatiques
  • freins
  • circuits hydrauliques
  • capacité de relevage
  • attelage
  • cabine
  • autoguidage
  • garanties et entretien
  • etc.

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