Au transport : ça passe ou ça casse ?

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Au transport : ça passe ou ça casse ?

Il faut connaitre le poids de son fumier pour ne pas dépasser le PTAC du convoi. (© Entraid)

Peut-on prendre un risque au transport de fumier avec un épandeur ? Tout dépend de la densité du fumier. Il peut exister des situations « hors des clous ».

Sur la route, un simple chantier de transport de fumier sur route peut basculer dans l’illégalité en quelques coups de fourche : un produit plus humide que prévu suffit à faire exploser la charge utile de l’épandeur et à vous exposer à de lourdes sanctions.

Transport de fumier sur route : comment éviter la surcharge et rester dans la légalité ?

Il en va du transport de fumier comme celui du lisier et autres matières : est-on en règle sur la route ? Car si le fumier semble parfois léger, il existe des situations à risques. Et il est tout de même possible de se placer hors la loi. Dans quelles situations ? On vous explique.

Difficile de connaître le poids du chargement et la densité de son fumier. Pourtant, il le faut. Car s’il n’existe pas d’obligation stricte de connaître la valeur exacte de la densité de son fumier, il y a obligation absolue de respecter le PTAC et le PTRA du convoi.

Donc l’estimation de la densité devient en pratique indispensable pour ne pas rouler en surcharge sans le savoir. En effet, le code de la route n’impose pas de peser le fumier. Mais il sanctionne le résultat physique : la surcharge. Dans un premier temps, il faut donc estimer la densité de son fumier. Et il faut connaître la charge utile (CU) de l’épandeur. Pour cela, direction la plaque constructeur fixée sur le châssis ou bien la carte grise (Champ F2 et G1) pour la calculer.

PTAC – Poids à vide = CU.

La masse de fumier chargée dans la caisse ne doit jamais dépasser cette CU.

La preuve par l’exemple

Un exemple, un épandeur d’une capacité de 16 m3 rempli à ras bord avec du fumier bovin très humide ou mou de densité 0,85 t/m3 contient 13,6 t de fumier. Si sa CU n’est que de 10 t (comme sur plusieurs épandeurs), le convoi est en surcharge illégale de 3,6 t.

Par ailleurs, l’essieu le plus chargé d’un véhicule ne doit pas supporter une charge supérieure à 13 tonnes selon le code la route français. De même que le report de charge sur le piton d’attelage du tracteur doit être respecté. Il est de 3 tonnes sur le piton et peut atteindre 4 tonnes pour boule type K80.

Mais c’est assez peu répandu sur les tracteurs de ce gabarit pour l’instant.

Poids d'un épandeur en fonction de la densité du fumier.

Poids d’un épandeur en fonction de la densité du fumier. (©entraid)

De façon à illustrer la tendance à la charge en fonction de la densité du fumier, voilà l’exemple théorique ici en graphique de deux modèles d’épandeur. Nous choisissons de manière arbitraire pour chacun un PTAC imaginaire de 16 t. À plein, pour un fumier de 0,75 t/m3, le Samson de 15 m3 de capacité sera en dessous du PTAC. Tandis que le Sodimac de 16,5 m3 de capacité et plus lourd à vide l’aura dépassé. Il ne faudrait donc pas le remplir totalement. Pour vous y retrouver, regardez donc bien vos cartes grises et plaques.

En cas de dépassement et de contrôle, les sanctions vont de l’amende à l’immobilisation du convoi selon les seuils de dépassements stipulés dans le code de la route. Dernier point, comme les contrôles de pesée par les forces de l’ordre s’effectuent sur essieux, il peut être préconisé de calculer son volume utile maximum par type de produit : volume max = CU / densité estimée.

En fonction de l’épandeur, avec un fumier lourd à 0,8 voire 0,9 t/m3 de densité, il ne faudra pas remplir totalement l’épandeur, sous peine de surcharge automatique.

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