Les tonnes à lisier sont souvent homologuées sans accessoires comme les rampes, bras de pompage… et souvent avec des pneumatiques typés route, moins lourds que des pneumatiques agraires. Le point sur la surcharge des tonnes à lisier.
Charge utile de la tonne à lisier : le piège du poids des équipements
Ces tonnes sont pesées et le poids à vide (PV) est ainsi inscrit sur la plaque rivetée sur le châssis. Le PTAC de la tonne, auquel on soustrait le PV, donne la charge utile. Si on rajoute un bras de pompage, une pompe, des pneumatiques agraires basse pression et une rampe à pendillards, le PV risque de sérieusement grimper.
Le PTAC restera le même, mais la charge utile, pour ne pas dépasser ce PTAC, va fortement diminuer. Pour rester dans les clous lors des déplacements sur route, cette charge utile peut même être inférieure à la capacité d’emport de la tonne.

Avec les nombreux équipements présents sur les tonnes à lisier, ces dernières ce retrouvent parfois en surcharge, surtout pour les volumes de cuve à partir de 20 000 l. (© Entraid)
Au-dessus de 18 000 l, c’est souvent la surcharge assurée
Le réseau cuma a déjà réalisé des campagnes de pesage des ensembles tracteur-tonnes chargés. Le premier constat est que tous les ensembles tracteur-tonne trois essieux sont en surcharge pour circuler sur la route. Un exemple : une tonne de 22 000 l équipée de tourelle, rampe à patins de 24 m et pneumatiques 650/65R30.5 affiche un PTAC de 34,7 t, contre 32 t maximum autorisées. Si on rajoute le tracteur utilisé pour l’occasion, on obtient un PTRA de 47,1 t. Soit 7,1 t de surcharge. L’ensemble le plus lourd dépassait les 55 t.
Pour les tonnes deux essieux, la limite pour rester dans les clous est de ne pas dépasser les 18 000 l. Une majorité des ensembles avec tonne de 18 000 l reste autour de 38 t de PTRA autorisé. Ceux qui atteignent les 40 t sont ceux qui utilisent des tracteurs dont le poids dépasse les 11 t. Le choix du tracteur permet parfois de rester dans la légalité.
Une surcharge qui coûte cher
Une surcharge constitue une infraction routière. À partir de 5 % de dépassement du PTRA, l’ensemble tracteur-tonne peut être immobilisé. Il sera demandé de transvaser la surcharge dans une autre tonne. Jusqu’à 20 % de surcharge, cela entraîne une contravention de 135 € et le retrait de 4 à 6 points sur le permis de conduire. Au-delà de 20 % de surcharge, la contravention peut aller jusqu’à 3 000 €. Avec possibilité de suspension du permis de conduire.
Une surcharge joue aussi sur les distances de freinage et la stabilité du convoi. Elle réduit la durée de vie des pneumatiques et peut entraîner des fissures sur le châssis. Mais plus grave, en cas d’accident, si une surcharge est constatée, la responsabilité civile et pénale du chauffeur, salarié ou adhérent, peut être engagée.
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