Quels alternatives au glyphosate pouvons-nous avoir en ACS ? L’agriculture de conservation repose sur trois piliers. L’absence de travail du sol, la diversification des cultures et la couverture permanente des sols. Les couverts végétaux doivent être détruits avant le semis suivant, ce que le glyphosate permet, seul ou en complément du roulage. Arvalis a donc testé plusieurs alternatives sur une ferme réelle de 638 hectares. On retrouve le roulage seul, des outils de travail du sol animés comme la fraise rotative, et un outil non animé, le scalpeur.
Maïs et blé : des résultats opposés
En maïs, derrière un couvert multi-espèces d’environ 5 tonnes de matière sèche par hectare, le roulage seul fait perdre 11 % de rendement par rapport à la référence glyphosate. Les modalités avec travail du sol font au contraire mieux, jusqu’à 123 quintaux par hectare contre 111.
En blé, le tableau est plus nuancé. Le roulage peine à contenir les adventices : 47 par mètre carré après semis, contre 3 avec le glyphosate, pour un rendement d’environ 41 quintaux contre 53. Les solutions les plus efficaces sont celles qui s’éloignent le plus des principes fondateurs de l’agriculture de conservation.
Plus de travail et un bilan économique contrasté
Remplacer le glyphosate se paie d’abord en temps de traction. 75 heures supplémentaires par an avec le roulage, plus de 225 avec un outil non animé. Cette charge se concentre au printemps et à l’automne, des périodes déjà très chargées.
Sur le plan économique, le roulage réduit l’IFT de 8 % et les charges d’herbicides de 11 %, tout en maintenant une marge nette légèrement supérieure à la référence (à rendements constants).
Les outils de travail du sol dégradent en revanche la marge : les charges de mécanisation augmentent de 12 à 15 % et la consommation de carburant jusqu’à 29 %. Les émissions de gaz à effet de serre restent stables.
Un sol plus perturbé et un modèle à repenser
Le travail du sol agit aussi sur la structure du sol. Le coefficient de perturbation est multiplié par 1,4 avec le roulage et par près de 4 avec l’outil non animé.
Pour Arvalis, sortir du glyphosate ne se résume donc pas à changer d’outil. Cela interroge l’organisation du travail, les coûts de mécanisation et la rentabilité des exploitations. Pour certains systèmes en agriculture de conservation, cela pourrait signifier un retour, au moins partiel, au travail du sol.
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