Retour sur l’étude Inosys sur les charges de mécanisation en élevage laitier.
Charges de mécanisation en élevage laitier : un poids économique décisif
Les résultats de l’étude Inosys montrent que les charges de mécanisation représentent un poste de dépenses significatif dans les exploitations laitières étudiées, avec une moyenne de 57 653 €/an. Les écarts sont très marqués avec des montants observés variant de 21 819 € à 120 656 € par an, soit un différentiel de près de 100 000 € entre exploitations. Lorsque l’on rapporte ces charges à la production laitière, le coût de mécanisation pour 1 000 litres de lait s’échelonne de 79 € à 206 €, soit un écart du simple au triple.
Enfin, en termes de poids économique, les charges de mécanisation représentent entre 11 % à 25 % du chiffre d’affaires des exploitations, soulignant l’importance de leur maîtrise pour assurer la rentabilité des systèmes.
Traction et carburant en tête des charges méca d’après l’étude Inosys
La traction et le carburant sont les deux postes les plus importants des charges de mécanisation. Ils représentent en moyenne 36 % pour le premier et 23 % pour le carburant soit plus de la moitié des charges de mécanisation. Ces deux postes sont donc ceux à étudier en priorité lorsqu’on cherche à réduire ses charges de mécanisation.
Parmi les charges de mécanisation les plus importantes, on trouve ensuite le poste récolte avec 19 % suivi du poste transport et manutention qui représente 14 % des charges de mécanisation.
Pas de gain de temps en augmentant les chevaux
Les postes liés à la traction et au carburant représentent à eux seuls en moyenne 59 % des charges (de 44 à 72 %). Ils constituent donc des leviers prioritaires pour optimiser les coûts de mécanisation.
Dans l’échantillon retenu, la majorité des fermes utilise entre 3 et 5 chevaux par hectare, avec 15 à 20 heures de traction par hectare. Augmenter le nombre de chevaux par hectare ne réduit pas nécessairement le temps de traction. Cela peut s’expliquer par l’utilisation de tracteurs plus puissants sans changer la taille du matériel, ou par des facteurs liés au parcellaire comme la taille des parcelles, leur éloignement, le temps passé sur la route ou les reliefs. Ces temps incompressibles sont difficilement compensés par l’augmentation de taille du matériel ou la puissance des tracteurs.
Plus on produit, plus les charges de méca diminuent ?
Aucune corrélation claire n’a été observée entre le volume de lait produit et une baisse des charges de mécanisation rapportée aux 1 000 litres dans les exploitations étudiées.
L’analyse montre que, même à niveau de production équivalent, les écarts de charges peuvent être considérables : jusqu’à plus de 100 € par 1 000 litres de lait produits. Autrement dit, l’idée d’augmenter la production ne suffit pas à elle seule à diluer les coûts de mécanisation.
Pas de généralisation
Cette étude montrait aussi que plus il y a d’UGB, plus les charges de méca augmentent… mais pas de façon proportionnelle. Elle montre aussi une forte variation des coûts d’entretien pour des matériels avec des décotes similaires.
Au final, il n’existe pas de logique unique qui permette de comparer les charges de mécanisation de plusieurs exploitations ayant la même production. Trop de critères diffèrent. Les caractéristiques structurelles des exploitations, les objectifs de production, le niveau d’intensification ou encore l’aspect humain avec parfois des priorités sur le temps de travail et le confort. Pourtant, plusieurs leviers peuvent agir sur les charges de mécanisation. Le choix des itinéraires techniques, l’augmentation de la part du pâturage fait partie des leviers pour diminuer ces charges. Le recours aux cuma peut aussi alléger ces charges parfois de façons importantes même si ce n’est pas systématique. Aussi faire vieillir le matériel reste aussi un levier tant que les frais d’entretien restent maîtrisés.
Les participants à l’étude Inosys
Cinq chambres d’agriculture (Hautes-Alpes, Isère, Loire, Rhône, Savoie Mont Blanc), l’Institut de l’élevage et la fuma Aura ont participé à cette étude qui portait sur l’analyse des données économiques de 28 exploitations du réseau Inosys.
Chiffres clés des exploitations étudiées
- 14 exploitations en AB et 14 en conventionnel ;
- SAU moyenne de 100 ha avec une fourchette entre 36 et 185 ha ;
- Main-d’œuvre moyenne de 2,2 personnes par exploitation ;
- Production annuelle moyenne de 470 000 l avec une fourchette entre 150 000 et 850 000 l ;
- Cheptel moyen de 95 UGB avec une fourchette allant de 44 à 188.
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