Retour sur le projet Optimoteur qui a pour but de réduire des émissions particules fines d’un tracteur avec la Frcuma Aura.
Projet Optimoteur : comment réduire les émissions de particules fines des tracteurs ?
La frcuma Auvergne Rhône-Alpes (Aura) met en place Optimoteur, un projet pour réduire les émissions de particules fines. Pourtant, quand la question de l’amélioration de la qualité de l’air est abordée, la piste des machines agricoles est rarement la première citée. Ces émissions ont néanmoins diminué de plus de moitié entre 1990 et 2020. Et des leviers existent pour poursuivre dans cette voie.
Certes, l’agriculture a émis en 2020 environ 10 % des particules fines PM25. La combustion des moteurs thermiques et l’abrasion des pneumatiques et des freins en sont à l’origine. Mais il est possible de mener des actions efficaces pour réduire cet impact.
Afin d’accompagner les cuma dans cette démarche, la Frcuma Aura porte donc le projet Optimoteur. Financé par l’Ademe (Agence de la transition écologique), il repose aussi sur un partenariat avec la chambre d’agriculture de l’Isère et la MFR de Saint-Romain-de-Popey dans le Rhône.
Formation, mesure et expérimentation

Présentation par Santiago Mass de la maquette en 2D fabriquée avec la participation de la MFR de Saint-Romain-de-Popey. Elle explique le fonctionnement d’un moteur et de son système de dépollution. (©Frcuma Aura)
Optimoteur se déploie sur trois grands axes d’action. Le premier volet porte sur la sensibilisation et la formation des agriculteurs. La formation à l’écoconduite dispensée par la frcuma a ainsi été mise à jour, avant d’être étendue à toute la région. En parallèle, les élèves de la MFR de Saint-Romain-de-Popey ont contribué à la réalisation d’un poster. Une maquette présentant le système de dépollution d’un moteur a aussi été produite. Ce kit « Mon tracteur respire » est désormais disponible pour une large utilisation auprès du public.
Évaluer l’état du parc de tracteurs
Le deuxième axe du projet porte sur l’évaluation de l’état du parc de tracteurs en région Aura grâce au banc d’essai moteur (BEM) de la frcuma.
Outre une meilleure connaissance du parc, les conseils apportés à l’issue des BEM permettent également aux agriculteurs de diminuer leur consommation de GNR en optimisant l’utilisation de leur matériel, et donc de réduire les émissions de particules fines.
Le troisième pilier d’Optimoteur pour réduire les particules fines
Des mesures et des expérimentations au champ constituent le troisième pilier d’Optimoteur. Des boîtiers connectés Samsys enregistrent en continu la position et la consommation instantanée des tracteurs. c’est ensuite sur cette base que l’on calcule la quantité de particules fines émises. Ils ont été installés pendant un an sur les tracteurs de la cuma de Thodure. Puis sur ceux d’agriculteurs faisant partie du groupe 30 000 Isère Sols Vivants porté par la chambre d’agriculture du département.
À l’issue de ces essais, l’analyse des données conduira à une comparaison des différents outils et itinéraires techniques en termes de consommation et d’émission de particules fines.
Des premiers résultats encourageants
Le projet Optimoteur se terminera en 2027. Toutefois, plusieurs résultats ont été présentés dans les rapports intermédiaires.
Les outils conçus dans le cadre du premier axe de sensibilisation et de formation ont été déployés lors de plusieurs événements à l’automne 2025. Notamment le salon Tech & Bio et la Caravane de la traction de la frcuma. Plus de 150 agriculteurs et élèves d’établissements de l’enseignement agricole ont ainsi pu être sensibilisés aux émissions de polluants par les tracteurs, et aux leviers possibles pour réduire la production de ces composants. Un premier groupe d’agriculteurs a par ailleurs suivi la formation écoconduite actualisée. Tous les agriculteurs qui en feront la demande pourront maintenant la suivre.
L’intérêt de la formation à l’écoconduite
- Apporte une connaissance technique de son tracteur et de ses composants ;
- Permet de choisir un matériel adapté à son exploitation en intégrant le critère consommation ;
- Apprend à mettre en œuvre les moyens pour une conduite économe dans son exploitation.
96 diagnostics du banc d’essai moteur
Depuis le début du projet, les BEM ont abouti à 96 diagnostics. Même si le panel des tracteurs concernés n’est pas parfaitement représentatif des tracteurs de la région, les résultats montrent une très nette baisse des émissions de PM25 au fil du temps. Particulièrement à partir de l’introduction de la norme moteur « 3b » en 2012. La quantité moyenne de PM2.5 produites par tracteur passe ainsi de 2 740 g/an en stage 3a à 231 g/an en stage 5. Les évolutions techniques associées aux normes de dépollution des moteurs montrent ici toute leur efficacité.
Enfin une première analyse des données issues des mesures au champ début 2026 a montré des écarts significatifs de consommation de GNR, et donc d’émissions de particules fines. On a comparé, par exemple, les emissions de PM25 entre un déchaumeur à disques et un déchaumeur à dents. Le premier révélait une consommation de + 50 % par rapport au second. La dernière année du projet permettra d’élargir le spectre des itinéraires techniques étudiés, et d’apporter des réponses quant aux causes pouvant expliquer ces écarts.
Si les actions et mesures d’Optimoteur sont encore en cours, les premiers résultats confirment une baisse importante des émissions de particules fines par les tracteurs ces dernières années. Le renouvellement du parc matériels y contribue largement. Mais les changements de pratique individuels (optimisation de l’usage de son tracteur et écoconduite, choix des itinéraires techniques…) jouent également un rôle important dans l’amélioration de la qualité de l’air.
Passer son tracteur au banc d’essai moteur : les avantages
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- Économise en moyenne 1 l/h de carburant ;
- Permet d’optimiser l’usage de son tracteur en travaillant au régime moteur idéal.
Formation écoconduite : témoignage de Pauline Bourdi

Pauline Bourdi, adhérente de la cuma de Divajeu-Autichamp a particulièrement apprécié l’aspect pratique de la formation. (©Frcuma Aura)
» Je suis d’abord éleveuse. C’est lorsque j’ai rejoint mon associé sur une ferme en grandes cultures que j’ai voulu m’intéresser davantage au tracteur. Indispensable pour cette activité. C’est l’aspect pratique de la formation que j’ai le plus apprécié, notamment les essais sur le terrain ou j’ai pu amener mon tracteur au champ et faire le lien avec les aspects théoriques vus en formation. Aujourd’hui, j’utilise davantage le télégonflage et je fais attention à ne pas me mettre en sous-régime ou en sur régime lors du transport. Pour moi, il y a toujours des bonnes choses à prendre de cette formation, même pour le meilleur des chauffeurs. »
L’intérêt de la formation à l’écoconduite
- Apporte une connaissance technique de son tracteur et de ses composants
- Permet de choisir un matériel adapté à son exploitation en intégrant le critère consommation
- Apprend à mettre en œuvre les moyens pour une conduite économe dans son exploitation
Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com





