« Je ne suis pas surpris des consommations spécifiques (Cs) relevées dans ces bancs d’essai moteurs. Mais l’écart que l’on retrouve entre le Puma 165 de Case IH et le T7 210 de New Holland n’est pas neutre alors qu’on devrait avoir des Cs presque identiques. Les deux tracteurs passés au banc doivent avoir un équipement et des réglages différents ». Effectivement, c’est une version de Puma équipée de transmission à variation continue CVX qui a été testée. Or même en statique et au neutre, la « CVT » peut prendre de la puissance. Eric Aubry nous donne son avis sur la consommation de carburant de tracteur de 180 ch.
Consommation de carburant des tracteurs de 180 ch : l’épreuve du banc d’essai
Côté John Deere, pour Eric Aubry, rien d’étonnant pour le 6R175. « Les tracteurs de la marque peuvent être des bulldozers. Mais comme on dit parfois, « il faut la citerne de fioul avec ». La courbe de Cs démarre et reste haute ».
Pour une PDF à 540 ou 1 000 eco, le régime moteur est calé à environ 1 750 tr/min. À ce régime, on a presque la P max et un couple de 750 Nm. Mais la Cs est à 248 g/kWh. Sans utiliser de surpuissance et au banc statique, ce qui peut expliquer la consommation du JD est l’AutoPowr s’il en est équipé. Également l’EGR peut pénaliser la conso.
Enfin la cylindrée de 6,8 l peut aussi l’expliquer. « Mais il faut aussi regarder à l’usage, avec un choix d’outil, un attelage et des masses optimisés ».
Fendt 718 Vario et Valtra T175 : impact de la cylindrée sur la consommation
Ce qui étonne plus est le résultat du 718 Vario. « Fendt utilise souvent l’argument de la sobriété. Mais il n’apparaît pas ici différent des autres. Vu le prix à l’achat, se retrouver dans la moyenne n’est pas très bon ». À 35 % de charge moteur, la gestion TMS moteur – boîte est optimisée pour abaisser le régime moteur. Et être performant en consommation. Mais la Vario peut occurer des consos sur l’hydraulique inhérente à la CVT si elle est mal calibrée. « Il faut aussi voir le parcours d’utilisation de ces tracteurs avant passage au banc et qui peut expliquer des résultats ».
Autre surprise, « dans le bon sens pour Valtra, car je me souviens de Cs plutôt bien plus élevées ». En effet, le Valtra T175 utilise un bloc AGCO Power de 7,4 l. Une grosse cylindrée donc. Et qui le fait consommer, alors qu’il a la puissance OCDE la plus basse. À un taux de charge faible de 35 %, un gros moteur doit « s’alimenter lui-même ». Il y a des pertes par pompage, frottements de plus gros pistons.
Un moteur de forte cylindrée sous-exploité est souvent moins sobre qu’un moteur plus petit poussé à un taux de charge supérieur. Mais « c’est pas si pire » pourrait-on dire : 237 g/kWh maxi et à la Pmax de 173 ch à 1900 tr/min. Attention donc à l’usage. On aura intérêt à chercher un régime inférieur pour plus de couple sans trop perdre en puissance. D’autant que la PDF Eco est à 1 530 tr/min.
Claas Arion 650 : l’efficience énergétique au rendez-vous
Enfin, Eric Aubry voit d’un bon œil les performances mesurées sur le Claas Arion 650. « Sur le terrain j’ai des remontées de fiabilité, de bons niveau d’ateliers ». Et les courbes sont flatteuses puisque l’on trouve par exemple une Pmax plus élevée que le Valtra, avec moins de conso, à un régime moteur plus bas, 1 800 tr/min. Et tout ça pour un couple supérieur.
Mais pour le dernier mot, il n’y a que 2 façons de se situer. Passer son 180 ch au banc. Et « mesurez vos consos ! ».
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