Vincent : « Mes vaches ne pâturent plus, elles se promènent »

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Vincent : « Mes vaches ne pâturent plus, elles se promènent »

Comme en Haute-Marne, l'herbe des prairies est grillée. (© Entraid)

La sécheresse impacte toutes les plantes. Si les dégâts sont mesurables en grandes cultures avec les rendements, ceux en élevage sont aussi impressionnants. Témoignages de deux éleveurs.

La paille et les fourrages nécessaires pour l’hiver 2027 se font de plus en plus rare dans le secteur frontalier entre la Haute-Marne et les Vosges. Si bien que les adhérents de la cuma du Flambard se voient faire plus de 50 km vers les plaines céréalières du département pour en trouver. Un point sur la possible pénurie de fourrage

Trouver des fourrages pour l’hiver 2027

Des frais et du temps de transport, auxquels s’ajoutent un prix de la paille en hausse cette année. Annoncée à 100 €/botte pour la chambre d’agriculture, elle est très demandée cette année. Pourtant, il semblerait que la qualité et la quantité soient présentes. Du moins, dans ce secteur. “On pensait l’inverse, avoue Hervé Larché, éleveur en Haute-Marne, qui profite de partenariats de longue date avec des céréaliers. La paille est mûre, à peine, à certains endroits, mais ça apporte de la quantité. En blé, le rendement est d’environ 4T/ha.”

Une bonne nouvelle pour cet éleveur. Car cette année, la pénurie des fourrages est annoncée. La faute à la météo. “Les maïs sont en train de faner sur pied, s’alarme l’agriculteur. Ils n’ont pas encore fleuri.” Et il n’est pas envisageable de se tourner vers l’herbe. Celle-ci est complètement grillée.

Deuxième coupe possible ?

Il sera difficile de faire une nouvelle coupe si aucune précipitation n’est prévue. “On se rabat sur la luzerne, ajoute Hervé Larché.Les céréaliers en cultivent de plus en plus. On laisse la première coupe pour les méthaniseurs et on fauche les 2 et 3èmes coupes. Souvent, elles se font en été, pile au moment où la météo est propice au séchage. C’est un régal pour les vaches.” Il estime son coût de revient à 100 €/tMS de la récolte jusqu’au stockage.

Si son approvisionnement en fourrages ne le stresse pas trop, c’est parce qu’il a déjà six mois voire un an de stock. “C’est obligé, sinon, ce serait trop stressant, assure cet agriculteur qui a le commerce dans la peau. Ça me permet aussi de faire de meilleures affaires. D’acheter au moment le plus propice. Quitte à revendre son surplus.”

Des stocks mis à profit

Mais cet été, il tape déjà dans ses stocks. L’herbe est déjà rase dans les prairies. Et même si les vaches ont moins d’appétit, il faut les nourrir. “La semaine de la canicule a été très éprouvante pour elles, reconnaît Hervé Larché. Celles dans les parcs ont profité de l’ombre des arbres. Mais nous avons dû asperger au jet d’eau les vaches en engraissement ou celles prêtes à vêler. Grâce à cela, nous n’avons pas eu de perte pour le moment.”

Dans le Pas-de-Calais aussi les pâtures ressemblent à des paillassons. “Les vaches ne pâturent pas, elles se promènent”, lance Vincent Lemaire, éleveur à Haute-Avesnes dans le Pas-de-Calais. Pour les nourrir, l’éleveur utilise ses stocks de fourrages prévus pour l’hiver 2027.

Baisse de la productivité

Mais ce n’est pas cela qui l’inquiète le plus. Car il s’approvisionne en enrubannage ou en fanes de pois facilement et de manière régulière. “Et avec ces températures, elles mangent beaucoup moins, relate t-il. Lorsqu’il faisait 32 degrés, elles produisaient tous les jours en moyenne 26 kg de lait chacune.”

Il craint plus pour son maïs qu’il distribue à son élevage de porcs. “Il faudrait qu’il pleuve, souhaite Vincent Lemaire. Les maïs sont en pleine floraison et sans pluie, les grains ne vont pas se former.” Une situation qu’il anticipe déjà. “J’achèterai davantage de pulpes ou je garderai du blé pour apporter de l’amidon à la ration.” 

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