Le virus Shamonda semble entamer une vaste tournée. D’abord repérée en Suisse, en Allemagne et en Savoie, cette maladie bovine touche désormais des troupeaux dans le Doubs, le Jura, et s’étend jusqu’en Normandie. « Un cas a été identifié dans le Calvados », relève Laura Cauquil, vétérinaire-conseil du GDS des Savoie, en appuyant : « Il est très probable qu’elle s’étende à tout le pays. » Elle rassure cependant : En termes d’impact, l’affection n’aura « rien à voir avec la DNC ! »
Les animaux surmontent en quelques jours le virus Shamonda
Elle « ne constitue pas une maladie réglementée donnant lieu à des mesures de gestion sanitaire obligatoires », informe une fiche spécifique de GDS France.
Aucun cas de mortalité n’été constaté : « Les animaux s’en remettent en quelques jours », poursuit Laura Cauquil. « Il n’y a pas non plus de vaccin, ni de mesures de restrictions de mouvements des animaux. »
Vecteurs comparables à ceux de la FCO et la MHE
C’est pourquoi la maladie a de fortes chances de se propager largement. De plus, à l’instar de son cousin éloigné responsable de la maladie de Schmallenberg, le nouveau virus se transmet par des insectes culicoïdes. Ces moucherons s’illustrant notamment par leur capacité à suivre les vents sur de très grandes distances.
Tout en conseillant la désinsectisation lors des transports de cheptel, la vétérinaire savoyarde prévient. « Lorsqu’un cas survient, même une désinsectisation de l’élevage ne sera pas efficace. » En l’absence de traitement virucide efficace, seuls des traitements dits « symptomatiques » s’envisagent pour aider les animaux à faire face aux symptômes. L’experte recommande aux éleveurs de contacter leur vétérinaire sanitaire pour apporter les soins nécessaires.
Moyens de prévention et d’éradication limités
« La première chose à faire en cas de suspicion dans un élevage est d’écarter les causes plus « conventionnelles ». Les virus de la FCO continuent de circuler, on signale également une augmentation des cas de salmonellose dans les avortements », indique aussi le GDS de Bourgogne – Franche-Comté. « Il faut donc s’assurer de ne pas passer à côté de ces pathologies pour lesquelles une prévention est possible, ce qui ne serait hélas pas le cas pour ce nouveau virus. »
Les conséquences déjà certaines pour les élevages concernés sont des pertes de productivité, ainsi qu’une hausse des frais vétérinaires. Laura Cauquil alerte enfin : « L’éventuel impact sur les gestations reste cependant la question pour laquelle nous n’avons pas encore de réponses. » Les recommandations insistent sur la surveillance des femelles gestantes et des naissances dans les mois à venir.
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