Quel est le futur de la traction agricole ? L’interrogation que pose la fédération des cuma Seine normande à son assemblée générale le 12 février 2026 souligne des perspectives. Elles vont du peu probable au très certain. Chenillards de 800 ch, automoteur d’épandage de 32 m3 et 26 t (à vide), moteurs hybride, électrique ou méthane, tracteurs rendu autonome ou même porte-outils sans cabine… Pendant que les photos du diaporama défilent, illustrant des possibilités, le conseiller machinisme Gauthier Savalle indique : « La traction agricole aujourd’hui c’est un moteur thermique avec un opérateur. » Clairement, l’avenir sera différent au moins sur ces deux points.
Pur robot ou tracteur flexible ?
Sous l’effet de la recherche de productivité, de l’augmentation des coûts, de l’envie de précision, et encore des contraintes environnementales, les mutations sont en marche. À propos de l’énergie, le conseiller indique : « Entre la fiscalité, la géopolitique, nous constatons qu’il y a sans doute une accélération pour avancer sur les alternatives au diesel. » Dans la région, les cuma testent déjà l’automate Agxeed présent ce jour-là à Bonneville-Aptot (27). L’orateur rapporte enfin : « Au Japon, une centaine de tracteurs autonomes Kubota fonctionne déjà. Le constructeur annonce la présence d’une unité de démonstration dans tous les pays en 2026. »
Quoi qu’il en soit, l’arrivée du robot des champs implique la montée en intelligence des outils attelés. Il leur faudra par exemple détecter les bourrages ou les casses de pièces d’usure… Il impactera surtout la productivité ainsi que le rythme et la nature du travail : « Le robot travaille moins vite mais plus longtemps. » Une promesse de mieux valoriser les fenêtres météo.
Après celle du rôle de l’opérateur humain dans ces schémas prospectifs, Gauthier Savalle formule une dernière question qui se posera: « Quid du modèle économique ? Sera-t-on toujours capable d’acheter des matériels onéreux, qui seront rapidement obsolètes ? Et est ce que cela sera le modèle le plus pertinent pour les utilisateurs ? »
Le futur de la traction agricole se contruit en collectifs
En attendant, les interventions rappellent qu’il y a déjà des marges de manœuvre en matière de stratégie. Le témoignage de la cuma d’Homare est une illustration. Dimitri Gabriel, alternant au sein de la fédération, propose un autre exemple : « Sachant que son coût est surtout lié à l’amortissement, rentabiliser le tracteur à trois, cela peut être le pari gagnant. Ce format qui permet une organisation simple qui conserve de la réactivité et des temps de trajet limités. » Son argument : 80 % des exploitations ont un tracteur de plus de 200 ch alors que ces tracteurs ne réalisent en moyenne que 350 h/an sur l’exploitation. « Or on peut considérer que le seuil pour rentabiliser l’investissement se situe à 500 h/an. »
Dans son rapport moral, le président de la fédération Vincent Leborgne indique que le moment est idéal pour concrétiser ce genre d’idées. « 2025 finit sur une victoire de la persévérance. Ce crédit d’impôt qui vient d’être acté, c’est une reconnaissance de notre modèle. C’est en moyenne 1 000 € par exploitation, qui incitent au partage de notre matériel. »
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