Dans les grandes lignes, l’Agbot T2 a réussi son semis

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Dans les grandes lignes, l’Agbot T2 a réussi son semis

L'Agbot T2 semait avec le matériel habituel de la ferme des Châtaigniers sur labour. (©Entraid)

Le porte-outil autonome de 150 ch d’Agxeed a passé trois jours entre les mains de la fédération des cuma pour un essai dans des conditions réelles d’une exploitation. La ferme des Châtaigniers avait 45 ha d’orge à semer. Tranquillement, le robot en a fait la moitié.

L’Agbot T2 au semis a montré de bonnes capacités. À la fin de son intervention, le robot porte-outil d’Agxeed avait semé plus de 20 ha d’orge. Mais il y a eu aussi quelques situations où l’automate n’a pas été si autonome. Cependant, les trois arrêts majeurs enregistrés sont plus des enseignements pour sécuriser le déploiement de tels outils qu’un réel obstacle à l’essor des robots sur le terrain. Les quelques bugs corrigés et balayés, le bilan de ce premier essai s’avère en effet très positif. Tout d’abord au niveau de la qualité du travail. L’éleveur qui offrait ses parcelles à cette mise en situation résume tout : « Elle est meilleure qu’avec un bon chauffeur. »

L’Agbot T2 au semis, « sème mieux qu’un bon chauffeur »

Pourtant, Sylvain Guillet n’était au départ pas entièrement serein face à l’idée de déléguer au porte-outil autonome tout ce chantier lourd d’enjeu. « Le semis est de plus une tâche particulièrement complexe », commente Cyrille Marc, conseiller Agroéquipement à la fédération des cuma Normandie Ouest.

« Elle engage en effet des actions du relevage, de l’hydraulique et la prise de force. » Un terrain de jeu idéal, donc, pour tester les limites de l’automate. En même temps, « c’est le genre d’interventions où les actions du chauffeur sont répétitives et qui se déroulent à 100 % dans le champ. C’est dans cette configuration que l’automatisation est la plus crédible ».

Le conseiller balaye par la même occasion d’autres contextes, comme l’épandage de lisier ou la pulvérisation, pour lesquels ce genre de porte-outils ne semble pas destiné. Quant au labour, « il n’est pas adapté non plus, car il faut qu’il reste hors raie ».

Intervention sur l'ensemble de semis

La logistique du ravitaillement en semences est un facteur déterminant de l’efficacité du chantier. (©Entraid)

Le bon emploi dépendra aussi sans doute des conditions. L’animateur cuma illustre : « Sur un terrain humide, il va moins abîmer qu’un tracteur, donc ce sera avantageux de l’utiliser au semis. Si les conditions portent mieux, en revanche, le tracteur avec une bonne pression pourra semer sans trop d’impact et avoir un meilleur débit de chantier grâce à une vitesse plus élevée, pendant que le robot sera très bien avec un déchaumeur de 4,50 m. »

30 ha dans un parcellaire diversifié

Avec des champs de 0,8 ha à 12 ha, l’intérêt du lieu d’essai était de proposer une diversité de configurations de parcelles. « En termes de surface, de formes, d’obstacles naturels et artificiels, il y a un peu de tout », commente l’exploitant. En outre, leur groupement en îlots de 20 ou 30 ha met en avant l’enjeu de la logistique : « C’est un avantage pour ne pas déplacer pour rien l’engin », pointe Cyrille Marc.

Car le moindre transfert constitue une contrainte particulièrement lourde pour cet automoteur qui n’est pas homologué pour naviguer par ses propres moyens sur le réseau routier.

Semis en zone de bocage avec un combiné lemken

La présence de haies a causé un arrêt du chantier et a surtout compliqué l’arpentage réalisé par le fournisseur de la machine avant sa mise en route. (©Entraid)

Malgré les a priori, et en faisant abstraction de la notion de débit de chantier, l’automatisation s’avère déjà être un véritable atout dans les petites parcelles. Le robot ne fatigue pas quand bien même les séquences de retournement se multiplient.

Au pied de la haie, Sylvain Guillet observe un autre avantage du robot porte-outil. « Il fait moins de bruit qu’un tracteur. » Autrement dit, le chantier nocturne ne dérangera pas le voisinage. À condition toutefois de travailler lumières éteintes. En effet, un des bugs de la séance a été causé par un filtre colmaté par la nuée d’insectes attirés par la lumière.

Un robot céréalier pour les éleveurs ?

Aujourd’hui le modèle testé coûte de l’ordre de 350 000 €. C’est-à-dire le double d’un tracteur dont la capacité de traction serait équivalente. Certes, la question de l’investissement aura de quoi faire réfléchir. Mais avant même le dépouillement des chiffres de l’essai, l’éleveur se montre plutôt convaincu que la solution du robot devrait être une réponse à la tension croissante sur la main-d’œuvre.

Au travail plus longtemps mais moins vite

Cyrille Marc ajoute une hypothèse : L’adoption pourrait même se faire plus rapidement dans les secteurs d’élevage. « D’une part des purs céréaliers seront peut-être plus attachés à réaliser ce travail au champ. »

D’autre part les éleveurs auront souvent d’autres priorités dans leur quotidien. Sylvain Guillet conclut : « Et ça aura d’autres avantages, sur la consommation de GNR. Et même sur l’usure des pièces travaillantes, parce qu’en avançant à 5 km/h, ça va jouer sur tout ça, forcément. »

Agbot T2 au semis : le contexte

Dans le cadre du projet PEI Normandie “Robots des Champs 2”, la fédération des cuma loue et teste le robot AgXeed T2 arrivé sur le marché. À la Ferme des châtaigniers (La Chapelle-du-Fest, 50) fin octobre 2025, il a assuré un chantier réel entre les mains de Cyrille Marc, conseiller en agroéquipement.

L’objectif des trois journées était d’évaluer les contraintes de mise en œuvre et les limites de l’engin, ainsi que les caractéristiques du chantier et des impacts, comparativement à un tracteur traditionnel.

Verdict de l’essai de l’Agbot T2 au semis

  • Qualité de travail jugée excellente
  • L’outil n’est pas homologué pour aller sur la route
  • L’arpentage déterminera une clôture virtuelle à l’intérieur de laquelle le robot pourra travailler de façon autonome. C’est le vendeur (Tecmat) qui a la responsabilité de cette opération.
  • Pour que l’automatisation du chantier soit crédible, l’outil attelé devra être adapté. Par exemple ici avec une détection des rangs bouchés ou un capteur du niveau dans la trémie.
  • La productivité est correcte (1 ha/h) mais dépend fortement des conditions et de l’organisation.

Quelques chiffres

L’outil

  • L’Agbot T2 5.115 est un porte-outil à chenilles de 8 t, animé par un moteur diesel (Deutz) de 156 ch.
  • Il propose jusqu’à 4 distributeurs double effet et un relevage arrière de catégorie 3, avec prise de force.
  • Il entraînait le combiné de semis Lemken Solitair 8 (3,5 m) de l’exploitation.
  • Le chantier a été comparé à celui réalisé avec un tracteur classique, un Axion 800 (200 ch), utilisant le même combiné.

Le chantier

    • Semis (sur labour) à 4 cm de profondeur et 103 kg/ha de densité des semences
    • 22,4 ha d’orge semés
    • En 28 heures de fonctionnement
    • Avec une consommation de GNR moyenne de 14,9 l/ha (environ 15 % inférieure au tracteur)

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