L’organisation performante est dépendante d’un matériel adéquat. Un essai d’épandage de lisier mettait en jeu une organisation dissociée autour d’un caisson tampon de 40 m3. Retour sur le chantier d’épandage dissocié à l’essai.
Deux tonnes, un objectif : épandre mieux en polluant moins
D’un côté, tonne de 12 m3 équipée d’une rampe à patins de 12 m d’envergure. De l’autre côté du caisson, une tonne de 25 m³ assurait le transfert du fertilisant organique depuis l’exploitation située à 5 km de là.
La cuma de Vimoutiers accueillait mi-septembre 2025 cette expérimentation qui portait en premier lieu sur l’impact de l’épandage sur la qualité de l’air. Le test reposait donc sur la mesure de différents paramètres, dont les émissions d’ammoniac et celles de CO2.
Les résultats confirment l’intérêt économique et environnemental du transport dissocié. Ils valident aussi sa pertinence sur le plan opérationnel, sous réserve d’un dimensionnement adapté des matériels.
Le chantier d’épandage dissocié, un moyen de mieux valoriser le matériel performant
Un intérêt de la dissociation du transport et de l’application de l’effluent organique repose sur la réduction des tassements du sol, grâce à un volume de l’outil attelé circulant au champ relativement limité. Chez Alexandre Lefebvre, le président de la cuma, le site propose des pentes marquées, jusqu’à 17 %.
Ici, l’association courante d’un 200 ch avec une 18 m3 est inenvisageable. Les 230 ch qu’emploie la cuma devant la tonne d’épandage ne sont pas un excès de zèle.
De plus, la dissociation est un moyen d’assurer une meilleure continuité du chantier : cet ensemble d’épandage ne fait que de l’épandage. Certaines conditions s’imposent toutefois à l’atteinte de ces objectifs. L’essai à l’automne 2025 les confirment.

Chez Alexandre Lefebvre, le président de la cuma, l’essai se déroulait dans un paysage typique du Pays d’Auge. Le site combinait ainsi routes étroites, prairies vallonnées et dénivelé (jusqu’à 17 %), avec des conditions d’adhérence délicates ce jour-là (©cuma Normandie ouest).
Soigner l’organisation du chantier d’épandage dissocié
Tout d’abord, la capacité du convoi de transport doit être au moins égale au double de la capacité de la tonne d’épandage. Le caisson quant à lui doit offrir un volume au moins équivalent à trois fois celui de la tonne de ravitaillement.
Enfin la situation du caisson par rapport à l’ensemble des parcelles a son importance. Au-delà de 500 m, l’augmentation des temps morts pénalise grandement l’efficience de cette organisation innovante.
Pour le transport : 8,6 ch/m3
Sur le chantier de l’expérimentation, la tonne de 25 m³ réalisait deux rotations par heure entre la fosse et le caisson. Ce rythme de ravitaillement s’est révélé légèrement déséquilibré. Insuffisant pour certaines parcelles proches, il devenait à l’inverse trop rapide lorsque les parcelles de travail étaient plus éloignées du stockage tampon, provoquant un risque de débordement du caisson.
| La bonne adéquation du matériel pour le chantier dissocié – Le caisson d’attente doit représenter 3 fois la capacité de la tonne de ravitaillement. – Les parcelles doivent se situer à moins de 500 m du caisson pour éviter les temps morts. – La capacité de la tonne de transfert doit au moins être le double de celle de la tonne d’épandage |
La journée d’essais sur l’épandage de lisier visait à mesurer les impacts énergétiques, environnementaux et agronomiques d’une évolution de pratique. Elle se déroulait dans le cadre du projet AgriQAir de l’Ademe, avec le soutien d’AtmoNormandie.
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