Des éléments qui engagent à abattre les pertes d’azote

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Des éléments qui engagent à abattre les pertes d’azote

Léna Oddos (Chambre d'agriculture Bretagne, à g.) et Meryll Le Quilleuc (Air Breizh, à d.) présentaient les enseignements du projet Abaa sur l'exploitation de François Trubert (©Entraid).

Sur une exploitation de la région rennaise, Air Breizh et la Chambre d’agriculture présentaient le 20 janvier 2026 les résultats d’un projet sur la réduction des émissions d’ammoniac. Les agriculteurs volontaires ont identifié des leviers d’action et conforté une trajectoire qui profite aussi à leurs cultures.

Le risque de perte d’azote par volatilisation à l’épandage des effluents liquides est largement dépendant du type de matériel employé. L’analyse d’une quarantaine de chantiers dans le cadre du projet Abaa confirme que la manière dont on l’utilise a également son impact. Léna Oddos, chargée d’études à la Chambre d’agriculture de Bretagne prend l’exemple du pendillard : « On recommande de le baisser au maximum afin de déposer l’effluent au plus proche du sol. » Utilisé haut, le pendillard génère en effet des projections. Ces dernières augmentant la surface de contact entre le produit et l’air, facilitent la volatilisation. Retour sur la qualité de l’air et la volatilisation de l’ammoniac à l’épandage.

Matériel, maîtrise et météo

François Trubert conduit pour sa part ses cultures avec l’objectif de fertiliser sans achat d’azote minéral. « Cela passe par une bonne valorisation des effluents », explique-t-il.

Dans sa démarche, les conditions d’application, dont la météo, sont d’autres paramètres de réussite. « On ne va pas épandre quand il fait bien beau et bien chaud. On privilégie un temps couvert, un peu humide, c’est idéal. »

Démonstration d'épandage

Ici en février 2024 avec la fédération des cuma Bretagne, le projet Abaa a nourri des réflexions sur l’épandage (@cuma Bretagne).

C’est sur son exploitation non loin de Rennes que l’association de surveillance de la qualité de l’air et la chambre d’agriculture régionales présentaient le 20 janvier 2026 les résultats du projet qu’elles pilotaient de 2021 à 2025. Ce projet se concentrait notamment sur un territoire pilote à l’autre extrémité de la région. « Sur le Pays d’Iroise et la métropole de Brest, nous avons constitué un groupe volontaire de 21 agriculteurs, sept cuma et deux ETA », explique Léna Oddos.

« Un premier travail a été de diagnostiquer les fermes pour estimer leurs émissions initiales d’ammoniac. » En outre les agriculteurs ont ainsi identifié des leviers de réduction accessibles.

La force du collectif facilite la mise en place des leviers de progrès

« Ces leviers ont attrait à la gestion du troupeau, au stockage d’effluent ou à l’épandage principalement. » Ces derniers sont d’ailleurs les plus rapides à mettre en œuvre et à produire des résultats selon l’agronome. Elle compare en effet : « Acheter un matériel reste un projet moins complexe que changer un bâtiment d’élevage. »

D’autant que la problématique du prix du matériel agricole trouve des solutions avec la mutualisation. Malgré la diversité des systèmes, les diagnostics font émerger des leviers communs. L’optimisation de l’organisation des chantiers d’épandage en commun fait partie des attentes qu’expriment par exemple les agriculteurs.

Le double enjeu de l’azote

Léna Oddos résume. Sur les exploitations laitières du groupe pilote, la mise en action des leviers les plus accessibles permettait de réduire les émissions d’ammoniac. « De 12 % en moyenne. Sachant que ces exploitations sont déjà performantes. »

Autrement dit, les objectifs en termes de qualité de l’air semblent atteignables. La France vise une réduction de ses émissions d’ammoniac « de 13 % entre 2005 et 2030 », souligne en effet Meryll Le Quilleuc, cheffe de projet d’Air Breizh.

L’association de surveillance constate que les émissions d’ammoniac ont déjà diminué en Bretagne de 11 % entre 2008 et 2022. La baisse est même de – 18 % sur le territoire pilote sur la même période.

Trajectoire encourageante

Alors que l’activité agricole génère 94 % des émissions d’ammoniac, Meryll Le Quilleuc signale : « En soi, l’ammoniac n’est pas un gaz toxique dans l’atmosphère. Néanmoins il y est à l’origine de la formation de particules fines. »

Outre l’enjeu qualité de santé publique, les travaux dans le cadre d’Abaa montrent que la maîtrise du chantier profite aussi aux performances des cultures : « Un test sur un colza fourrager à produit 1 tMS/ha en plus lorsque l’épandage était fait avec un enfouisseur, par rapport à la buse. »

Une application diffuse ses solutions

Entre autres productions, les parties prenantes d’Abaa ont développé une application d’aide à la décision. Agrivision’air estime la perte économique de la volatilisation d’ammoniac à l’épandage suivant les pratiques et les prévisions météo.

Gratuite et libre d’utilisation, l’application mobile fonctionne déjà sur la Bretagne et se déploie prochainement en Pays de la Loire, Normandie, Grand-Est, Aura et Centre Val de Loire.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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