Max Duriez a pris sa retraite d’agriculteur il y a un peu moins de dix ans. Mais pour lui, ce n’est pas synonyme d’arrêt d’activité. Pour preuve, il a été embauché dans la cuma qu’il a créé en tant que coordinateur des travaux de l’atelier. C’est le magasinier de la cuma.
Comment vas-tu ?
Ca va bien. Je suis heureux d’être là, de me sentir utile pour la cuma que j’ai créé sans avoir de stress ni d’horaires à respecter. C’est vrai que je suis arrivé un peu tard aujourd’hui, j’avais un rendez-vous, mais ça ne change rien.
Je suis aussi content de ne pas tourner en rond chez moi. Le jour où je ne ferai plus rien, c’est que ça va mal. J’essaye de faire profiter de mes expériences de magasinier pendant cinq ans à la cuma.
Comment ça se passe au boulot ?
Bien. Les neuf salariés de la cuma sont assez autonomes, ils sont responsables de leur travail.
Moi, je viens en appui pour gérer le flux des matériels à entretenir ou réparer, coordonner les emplois du temps de chacun, prioriser les tâches et m’occuper du stock des pièces détachées.
Je ne suis pas là pour être derrière eux mais pour optimiser les chantiers de la cuma.
Qu’est-ce que tu aimes dans ton métier de magasinier de la cuma ?
Mon activité est variée. J’évolue avec beaucoup de personnes autour de moi. C’est ce qui me plaît.
Je réceptionne le matériel des adhérents avec eux, j’effectue les commandes de pièces si besoin, établi un devis et fait les courses pour le petit matériel. Je suis tout le temps en relation avec les autres salariés qu’ils soient mécaniciens, chaudronniers ou secrétaire.
Qu’est ce qui te fait avancer ?
Etre en équipe. Je ne pourrai pas être seul. D’ailleurs, c’est pour ne pas être seul chez moi que j’ai accepté cette mission. J’ai toujours travaillé en équipe.
En étant agriculteur, j’étais en GAEC, puis j’ai travaillé en tant que magasinier en concession avec les mécanos. En parallèle je me suis investi dans la mairie de mon village et dans une association.
Je veux me sentir utile et ici, je sens que j’aide au développement de la cuma, l’outil perdure et c’est ce qui importe le plus.
Qu’est ce qui pourrait faciliter ton quotidien ?
Là, tout de suite ? Un logiciel de gestion des pièces détachées. Pour le moment, dès qu’un mécano en utilise une, il le note sur un cahier. Mais on ne sait jamais combien il en reste. Surtout lorsqu’il y a plusieurs personnes qui interviennent dans l’atelier. Résultat, je ne connais jamais mon stock et ça me demande beaucoup de temps de faire l’inventaire à chaque commande.
Le problème, c’est que l’achat d’un bon logiciel qui peut aller jusqu’à la facturation, c’est assez onéreux. Alors en attendant, je fais sans.
En quoi ton travail de magasinier de la cuma te donne des responsabilités ?
Coordonner le travail de chacun, faire en sorte que tout le monde ait le nécessaire pour bien travailler, c’est important. Je ne veux pas avoir le rôle de chef, je veux être comme un collègue de travail pour eux.
Toutefois, je suis quotidiennement à l’atelier, je prends le poult et l’ambiance qui y règne. J’essaye de trouver des pistes d’amélioration, de faire avancer les choses en rendant des comptes au président régulièrement.
Être de l’autre côté de l’établi, c’est pas bizarre ?
Si, un peu parfois. Mais on se rend mieux compte des choses. En étant agriculteur, en attente d’un service, on trouve toujours que c’est trop long, trop cher. Maintenant que je suis magasinier à la cuma, je comprends mieux compte des délais, il y a des choses incompressibles. J’essaye de l’expliquer aux adhérents. Et s’ils veulent, ils peuvent toujours faire un stage ici.
Chaque métier a des avantages et inconvénients, il faut juste les déterminer.
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