Le robot agricole Agxeed T2 continue de tracer son sillon en Normandie, où le réseau des cuma poursuit des essais en conditions réelles de production. Sur une démonstration du robot porte-outil le 26 avril 2026, Florian Frémont (animateur agroéquipement à la fédération des cuma Normandie Ouest) propose un volume annuel de fonctionnement ‘objectif’ : « Un millier d’heures d’activité du robot permettrait d’équilibrer l’investissement. » En zone d’élevage laitier telle que le bocage manchois local, c’est un besoin que pourraient cumuler deux à quatre exploitations représentatives.
Le robot agricole Agxeed T2 en vidéo
Le robot agricole Agxeed T2 convient bien aux chantiers lents
Aussi l’essai fin avril autour de Feugères (50) porte notamment sur le partage de l’automate et sur sa prise en main par plusieurs adhérents. Le président de la cuma de Carville, Jean-François Tapin, indique tout d’abord : « Il y a une organisation à mettre en place, ne serait-ce que pour assurer les transferts. Mais c’est le propre d’une cuma de faire face à ces sujets. »
Dans ses premiers chantiers du nouvel essai, l’Agbot T2 a tiré un fissurateur dans un champ de 9 ha chez Nicolas Lemoine. « J’ai demandé un travail sur 30 cm de profondeur et à 3,5 km/h. Je suis certain que le robot a respecté ces consignes », rapporte l’éleveur. « Un chauffeur aurait en revanche pu être tenté d’aller plus vite en enfonçant un peu moins. » L’associé du Gaec de la Frémondière précise que l’alternative au robot, « c’était de faire 9 h de tracteur à 7 km/h. Ce n’est pas une tâche qui m’aurait enchanté. »

Guillaume Lettelier (Köckerling) et Jonatan Müller (Agxeed) présentaient les matériels de la démonstration (©Entraid).
La nuit entière pour finir le champ
La démonstration mettait pour sa part en action un fissurateur Trio de Köckerling. En décrivant l’outil de travail du sol, le représentant de, Guillaume Letellier enchérit : « Sur ce chantier, moins on va vite, mieux c’est ! L’objectif en effet est d’aérer le sol, sans que la terre fine s’accumule en profondeur. L’intervention aujourd’hui est donc particulièrement pertinente pour un robot. »
En conséquence de ces caractéristiques, « l’enjeu n’est pas de maximiser le débit de chantier instantané. C’est plutôt de valoriser la capacité du robot à travailler sur des périodes très étendues », complète Florian Frémont.
Moindre consommation de GNR
Jonatan Müller, chef des ventes d’Agxeed, appuie : « On remarque que nos clients poussent le robot à fond sur les premiers chantiers. Puis, avec l’expérience, ils préfèrent réduire la vitesse de 1 ou 2 km/h. Ainsi, ils consomment moins de carburant. »
Les partenaires du projet ‘Robot des champs’ profitaient de ce rendez-vous printanier pour présenter les enseignements d’un précédent essai. À l’automne, le T2 néerlandais avait en effet semé 22 ha d’orge sur l’exploitation de Sylvain Guillet. Ce dernier en retient la qualité de travail : « C’était nickel, avec une précision incroyable », tant de la profondeur que des passages.
« À la levée, on est incapable de voir quelle a été la largeur du semoir utilisé. » L’éleveur laitier complète : « Un point qui change des habitudes, c’est qu’après la traite, au lieu de retourner semer, on va se coucher. Le lendemain matin, le champ est terminé et le robot attend là où on l’avait décidé. »

Avec sa vitesse maximale de 13 km/h, l’engin est adéquat pour un outil qui se tracterait d’ordinaire avec un tracteur de 180 ch (©Entraid).
Robot agricole Agxeed T2 : pas plus cher que le tracteur classique
Cet essai de semis d’orge par le robot Agxeed était comparé au même travail réalisé avec un Axion 800 (200 ch). L’animateur cuma pointe tout d’abord une différence notable. Quand le tracteur a consommé plus de 23 l/ha de GNR, le robot n’a eu besoin que de 12 à 15 l/ha.
« Le chantier de semis au combiné revenait à moins de 100 €/ha », avec un léger avantage de compétitivité du robot par rapport au tracteur. Florian Frémont précise que ses calculs se basent sur des hypothèses d’utilisation de 700 h/an pour l’Axion et de 1 000 h/an pour l’Agbot. « Nous avons aussi intégré tous les coûts liés à la logistique, les temps morts… et le tarif 2025 de l’Agbot. »
Perspectives d’investissements
Entre la récolte de la dérobée et le semis de son maïs, « je pourrais confier aussi confier à ce genre de robot le passage du canadien et celui de la herse rotative », pousse Nicolas Lemoine en considérant : « Pour ces outils de travail du sol, cette solution peut nous éviter d’investir dans de la plus grande largeur. En revanche, pour le semis, cela impliquerait d’investir dans un matériel attelé plus technologique. Ce sera moins prioritaire. »
Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :




![[Avis] Storti Dobermann SW HS EVO2 : « En hachage et mélange, c’est nickel »](https://www.entraid.com/wp-content/uploads/2026/04/miniature-storti-doberman-350x197.png)
