Le point avec la cuma du Ronceau à Montbouy dans le Loiret sur le prix de revient d’une moissonneuse en cuma en 2026.
Adapter le parc de moissonneuses de la cuma
Moissonner avec l’une des deux machines de la cuma du Ronceau coûte 64,80 €/ha, hors chauffeur et GNR, avec AdBlue. Et les moissonneuses en question ne sont pas de vénérables anciennes, mais deux Claas Trion avec une seule campagne au compteur. « Nous voulions garder un prix de revient compétitif de l’activité moisson », affirme Henri Ganzin, président de cette cuma du Loiret.
Pour ce faire, la cuma a composé avec son historique et une rigueur dans la négociation commerciale.Avant d’acheter les deux Trion, la cuma du Ronceau possédait trois machines. « Deux Case IH Axial Flow 6140 et une John Deere à secoueurs W 540, utilisée par deux adhérents éleveurs, relate Henri. Nous avons perdu un adhérent qui représentait une surface de moisson significative. Supporter les trois machines devenait économiquement lourd, alors qu’elles montraient des signes propices à leur renouvellement. »
S’adapter à la restructuration du groupe
C’est parti pour l’opération « reprise de trois moiss’batt’ pour en acheter deux ». Oui, mais pas n’importe comment. Dans cette cuma de 50 adhérents, 8 recourent à l’activité récolte pour les cultures d’été (céréales et colza, parfois de la féverole), 15 pour celles d’automne (maïs, tournesol, parfois du soja). Parmi eux, les deux éleveurs, soucieux de la qualité de la paille.
Pour battre 800 ha l’été et 400 ha l’automne dans des parcelles moyennes de 15 ha, tout en assurant un bon service, la cuma calcule un besoin de deux machines. L’une sur une rive du canal de Briare, pour 4 adhérents aux parcelles proches les unes des autres. Puisqu’elle servira notamment aux éleveurs, elle devra être conventionnelle. L’autre officiera sur l’autre rive, dans un territoire plus vaste. L’aspect qualité de la paille étant moins prioritaire pour des adhérents céréaliers, elle sera non-conventionnelle.
Tenir le cap du cahier des charges
« Notre cahier des charges disait que les deux machines devaient avoir des débits de chantier similaires, se souvient Henri Ganzin. Nous souhaitions les équiper des mêmes coupes et cueilleurs. Question d’équité entre les adhérents et de compatibilités techniques et logistiques. »
De même, le groupe tient à prendre deux machines de la même marque. Les deux salariés de la cuma auront plus de facilité pour les entretenir, et les adhérents pour conduire l’une ou l’autre le cas échéant.

La cuma du Ronceau entretient ses moissonneuses dans son atelier.(© Entraid)
Pas d’extravagance dans le cahier des charges. « En débit, il nous fallait des machines capables d’avaler 30 ha/j de blé à 75 q/ha », analyse Henri. Seul équipement de haute technologie voulu, un régulateur d’avancement selon la charge. À part ça, « une cabine confortable, la clim’ et un GPS bien intégré, note le président. Des vendeurs nous ont proposé des options hi-tech pour agriculture de précision. Nous ne les aurions pas utilisées, alors qu’elles auraient enchéri la prestation de 1 €/ha. »
Car le prix de revient se joue principalement au moment de signer le bon de commande. Alors la cuma du Ronceau invite les concessionnaires Case IH, New Holland, John Deere et Claas à des démonstrations, puis à leur présenter leur offre. Puisqu’il est parfois difficile de s’y retrouver dans les discours des commerciaux, les adhérents recentrent les débats, rappelant leur cahier des charges.
Taux d’emprunt à 2,55 % sur 10 ans
Un travail appliqué qui aboutit à une signature avec le distributeur Claas. Top là pour deux Trion, une 650 à secoueurs et une 740 à rotor. Les deux auront des coupes de 7,5 m de large et des cueilleurs 9 rangs à 50 cm, tous rigides. « Deux machines de capacités similaires », convient Henri Ganzin.
Niveau tarif, « nous avons obtenu un taux d’emprunt de 2,55 % sur 10 ans, soit l’équivalent d’une remise de 25 000 €, compte le président. La proposition la plus chère était 10 €/ha plus chère. »

La cuma du Ronceau a investi dans deux cueilleurs à maïs. Un seul aurait suffit, mais le second assure un meilleur service.(©entraid)
Les adhérents conduisent les moissonneuses, chacun étant à l’aise dans l’exercice. La conduite n’est que rarement facturée, 23 €/h, lorsqu’un salarié dépanne un exploitant indisponible. L’organisation consiste mettre à disposition chaque moissonneuse une journée par adhérent, réservoir de GNR plein, aux frais de l’adhérent précédent.
La consommation n’excède pas 20 l/ha selon la cuma. Avec un débit minimum de 2,5 ha/ha, le prix de revient de la moissonneuse en céréales s’estime est de 100 €/ha, main-d’œuvre, GNR, frais de gestion et de bâtiment compris. Avec un cueilleur, il faut ajouter 30 €/ha.
À l’origine des prix de revient d’une moissonneuse en cuma
- Achats des moissonneuses Claas Trion 740 et 650, avec coupes céréales : 335 000 et 315 000 €
- Reprises des moissonneuses Deux Case IH Axial-Flow 6140 : 270 000 € (2 300 h chacune), et une John Deere W 540 : 65 000 € (1 950 h)
- Annuités des moissonneuses : 53 806 €, pour un taux d’emprunt : 2,55 % sur 10 ans
- Frais variables (pour les deux machines) :
- Assurance : 4 000 €/an
- Entretien : 12 000 €/an
- Divers : 1 000 €/an
- Prix de revient des moissonneuses, pour 1 200 ha : 59 €/ha
- Achats deux cueilleurs à maïs Capello sur chariot, 9 rangs à 50 cm : 114 000 €
- Reprise d’un cueilleur à maïs 6 rangs à 75 cm : 30 000 €
- Annuités des cueilleurs : 9 561 €, pour un taux d’emprunt : 2,55 % sur 10 ans
- Entretien : 2 500 €/an
- Prix de revient des cueilleurs, pour 400 ha : 30 €/ha
- Ajout des frais de bâtiment et de gestion de la cuma : respectivement 5 et 3 % des montants facturés
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