Cuma des Grands Bois : comment maîtrise-t-elle ses coûts ?

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Cuma des Grands Bois : comment maîtrise-t-elle ses coûts ?

Rencontre avec les adhérents de la Cuma des Grands Bois. Ils nous racontent leur histoire, leur fonctionnement, etc. (©Entraid)

D’apparence classique, la cuma des Grands Bois, située en Haute-Saône, ne cesse de s’étoffer en créant de nouvelles activités sans avoir peur d’en lâcher une autre. Elle ne connaît ni la crise, ni les difficultés financières grâce à l’implication de tous. On vous dévoile ses secrets.

SOMMAIRE

La cuma des Grands Bois maîtrise ses coûts et ses investissements grâce aux engagements de tous les adhérents. Nous nous sommes rendus à la rencontre des membres de la cuma. On découvre leur histoire.

La cuma des Grands Bois : s’adapter et bouger pour durer

La cuma des Grands Bois a été créée dans les années 80 avec quatre adhérents autour de deux activités : la moisson et le travail du sol. Depuis, elle s’est bien étoffée.

Certaines activités ont eu le temps de naître puis de disparaître. À l’image de l’ensileuse ou de la moissonneuse qui ne sont plus assez rentables. Tandis que d’autres subsistent ou se créent. Comme l’acquisition d’un andaineur à tapis en 2022 ou une activité de fauche en 2024. Celle-ci est en pleine extension dans cette zone de la Haute-Saône.

Une gouvernance qui change et des coûts maîtrisés

Au fur et à mesure des années, la gouvernance a évolué. « J’ai travaillé avec quatre présidents différents », explique Étienne Tonnot, trésorier de la cuma depuis 13 ans. Le dernier changement en date a eu lieu il y a un an. C’est Antoine Bauquis qui a pris le relais.

« Il faut bien que chacun s’investisse si on veut que la cuma persiste. Une cuma qui fonctionne, c’est une cuma qui bouge et pour cela, il faut s’investir », lance-t-il. Mais c’est aussi parce qu’il a quelques idées derrière la tête : construire un bâtiment pour stocker le matériel de la cuma.

À la cuma, les adhérents aiment rappeler qu’ils maîtrisent les charges de mécanisation. Il n’y a qu’à voir comment son trésorier s’applique à tout calculer de manière très précise et rigoureuse. Ainsi, les adhérents profitent de matériels sophistiqués, modernes et récents à des coûts raisonnables.

« Si l’activité n’est pas rentable, qu’il y a un problème de dimensions, nous ne nous privons pas de l’arrêter. Le but est bien de maîtriser nos charges », assume le trésorier. Comme ce fut le cas pour certains matériels dans le passé.

Les anecdotes du président

Le meilleur souvenir du président de la cuma des Grands Bois est l’aboutissement des projets. « Ça s’arrose dans la cabane de chasse en attendant d’avoir un bâtiment ! »

Le pire, c’est les coups de gueule. « Quand on s’emporte et qu’il y a des mots qui sortent alors qu’on ne devrait pas. Tout doit être dit, mais avec respect.

Le truc qui rend fou

Une mauvaise utilisation du matériel. Prendre un outil, se rendre au champ et ne pas pouvoir s’en servir parce qu’en fait, il est cassé ou en panne. »

Le fonctionnement de la cuma

Les types d’exploitations au sein de la cuma des Grands Bois sont la polyculture et l’élevage de bovins laitiers et allaitant. Concernant le bâtiment, pour l’instant ils n’en ont pas. Toutefois, c’est en réflexion. Si chacun est partant, le groupe bloque sur le terrain idéal sur lequel construire. Au niveau de la maon d’oeuvre, il n’y a pas de réels besoins au sein de la cuma. L’entraide est de mise.
Pour l’administratif, à savoir la gestion de la comptabilité, c’est la cuma qui s’en occupe. « On passe deux jours tous ensemble pour éditer les factures. Elles tiennent compte des engagements si les volumes ne sont pas respectés et que ce n’est pas indépendant de la volonté de l’adhérent, sinon ça crée des tensions, explique Étienne Tonnot.

Comme tout le monde est autour de la table, nous sommes tous au courant de ce qui se passe dans la cuma et des conséquences de certains actes. C’est là où on parle des renouvellements de matériels. Ça crée de la cohésion. »

Le point sur l’investissement et la réservation du matériel à la cuma des Grands Bois

Les engagements sont signés avant l’investissement pour pouvoir payer le matériel. Avant l’achat, l’animatrice de la frcuma réalise des simulations de prix de revient pour tenter d’optimiser ce tarif.

En moyenne, la cuma des Grands Boix organise une dizaine de réunions annuelles. Parfois davantage lorsqu’il y a de nombreux projets d’investissements. « Il faut une volonté commune, que tout le monde s’implique. Quand on vient à la cuma, on assume », insiste le trésorier. Une assemblée générale a lieu par an.

Concernant le planning, c’est premier arrivé, premier servi. Cela fait deux ans que le groupe a mis en place la messagerie instantanée WhatsApp. Et pour le moment, cela fonctionne bien. « Nous avions envisagé d’utiliser l’outil Mycuma planning mais on a testé ce système avant d’investir dans une solution plus onéreuse », explique Antoine Bauquis.

La réservation de matériel se fait, par l’adhérent, sur le groupe WhatsApp dans lequel il indique qu’il l’a emprunté et qu’il récupère le matériel chez le responsable. C’est plutôt simple et fluide. « Parfois ça donne l’idée d’aller faire tel ou tel travail dans les champs », avoue un adhérent.

La cuma des Grands bois en chiffres

La cuma des Grands Bois c’est :

  • 24 adhérents ;
  • 130 000 € de chiffre d’affaires ;
  • 20 matériels (environ) ;
  • 2 tracteurs 27 000 €/an ;
  • 2 presses 15 000 €/an ;
  • 1 combiné de fauche 11 000 €/an

L’avis de l’animatrice de la frcuma Bourgogne Franche-Comté : Emmanuelle Fresse

La cuma des Grands Bois a une bonne gestion économique, ce qui favorise l’investissement collectif et sécurise les activités. Sur le plan humain, elle repose sur la confiance, la communication et la coopération des membres. Il y règne un bon esprit de groupe grâce à une organisation claire, des règles établies et une bonne participation des adhérents.

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