Pour avoir des données concrètes et exploitables, il faut connaître le protocole. « Chaque dent neuve est pesée et mesurée avant montage. À la fin de chaque tranche de dix hectares, on démonte les dents et on les mesure une par une. On suit précisément la perte de matière au fil de l’essai », décrit Wilfrid Leprat, animateur Fdcuma du Gers et Hautes-Pyrénées. Retour sur le test d’usure du carbure en Occitanie.
Les tests d’usure du carbure en vidéo
Deux tracteurs, deux configurations de travail
L’essai mobilise deux tracteurs John Deere 6R195. Chaque tracteur est équipé d’un déchaumeur. Un avec un outil de 3 mètres et l’autre de 3 mètres 50. Les deux ensembles réalisent chaque jour la mêmesurface, mais des réglages différents.
Comme le résume Wilfrid Leprat, « un tracteur travaille à douze kilomètres à l’heure sur quinze centimètres de profondeur, tandis que le second reste à sept kilomètres à l’heure mais passe à vingt centimètres de profondeur ».
Sur le déchaumeur de Wilfrid, on retrouve seulement 3 dents standards sur les 10 dents de l’outil. Concernant l’autre tracteur, l’inverse a été installé. Cette organisation croisée permet d’isoler l’effet de chaque paramètre, vitesse d’avancement et profondeur de travail, sur le rythme d’usure des pièces.
Premiers résultats du test d’usure du carbure
Les premières mesures apportent déjà des ordres de grandeur intéressants. « Pour la configuration à sept kilomètres à l’heure et quinze centimètres de profondeur, une dent carbure pesant initialement environ deux kilos a perdu près de 60 grammes sur dix hectares », commente Wilfrid Leprat.
La comparaison avec les pièces standards est nettement plus marquée. « Quand on les a démontées, elles, c’est bien plus important ! La perte de matière atteint environ 300 grammes pour des dents pesant initialement autour de trois kilos« . Un taux d’usure bien supérieur à celui observé sur le carbure.
Qualité du travail au champ et conditionsd’essai
Au-delà de l’usure des pièces, le test s’intéresse aussi à la qualité du travail réalisé. Wilfrid Leprat note qu’avec la configuration à douze kilomètres à l’heure et quinze centimètres de profondeur. « On fait un travail très homogène et presque prêt à travailler ou à semer un couvert derrière. »
Il souligne toutefois que le sol, particulièrement dur en profondeur au moment de l’essai, entraîne des écarts pouvant aller de dix à seize centimètres de profondeur réelle d’une dent à l’autre. Les conditions climatiques ont également pesé sur l’essai. « On est dans des conditions un peu extrêmes, clairement « , reconnaît-il, ajoutant que « des chantiers menés un peu plus tôt dans la saison, juste après la moisson, auraient sans doute permis de travailler un sol moins sec ».
Carbure ou pièces standard : quel est l’enjeu pour les cuma ?
Pour Wilfrid Leprat, l’enjeu de ce test d’usure du carbure dépasse la seule question technique. Les agriculteurs membres de la cuma choisissent aujourd’hui le carbure pour sa longévité. Les animateurs veulent vérifier si la valeur d’achat plus élevée de ces pièces est réellement justifiée par leur résistance à l’usure. »Est-ce que réellement la valeur justifie en fait son usure, ou l’usure justifie la valeur ? « , résume-t-il, avant d’ajouter qu’il faudra attendre la fin du protocole pour donner des chiffres définitifs.
Les résultats définitifs, une fois toutes les dents mesurées en fin de protocole, doivent permettre de fournir des repères chiffrés aux utilisateurs : par exemple, à quelle vitesse et à quelle profondeur une pièce carbure perd un pourcentage donné de sa matière. Ces données factuelles concerneront aussi la consommation de carburant selon l’état d’usure des dents, un critère économique complémentaire pour les adhérents de cuma.
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