Alex « Nous nous adaptons pour semer le colza avec soin »

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Alex « Nous nous adaptons pour semer le colza avec soin »

Alex et Florent Gazeau, adhèrent à la cuma La Vasléenne (Deux-Sèvres). Ils composent avec la sécheresse pour semer leur colza. (©Entraid Médias)

Florent et Alex Gazeau (cuma La Vasléenne, Deux-Sèvres) lancent leur semis de colza dans un contexte sec. Préparation du sol méticuleuse, semoir monograine, ils nous expliquent leur stratégie.

Pour les frères Florent et Alex Gazeau, le semis du colza est une étape primordiale pour leurs exploitations respectives. « C’est la culture qui dégage la meilleure marge aujourd’hui », disent ces deux céréaliers du Poitou. En ce 20 août, Florent finalise la préparation de ses terres, tandis qu’Alex les sème dans la foulée, avec le matériel de la Cuma La Vasléenne, dans les Deux-Sèvres. Alors, après des mois de sécheresse et des prévisions de précipitations faméliques, quel fut le déclic pour enclencher l’implantation du colza ?

Les semis de colza en vidéo

Leur expérience plaide pour semer dans le sec

« Je ne dis pas que j’ai raison, reconnaît Florent. Au bout d’un moment, il faut se lancer. Notre expérience plaide en faveur d’un semis « dans le sec » plutôt que d’attendre une pluie hypothétique. La graine attendra l’eau en terre ». « Nous misons chaque année sur un semis précoce, abonde Alex. Nous visons un développement rapide des plants, pour qu’ils soient robustes lorsque viendront les premiers ravageurs puis le gel. » Une stratégie que favorisent les conditions pédologiques : « mes sols limoneux comportent moins de 20 % d’argile, explique Florent. Le risque de créer des mottes est limité. » Bien que la texture de ces sols soit favorable à un travail anticipé, les frères se sont accordés sur un itinéraire technique pour éviter toute mauvaise surprise.

Éliminer la concurrence pour l’eau et l’azote

Sur des parcelles menées en non-labour depuis une dizaine d’années, Alex et Florent ont exporté la paille. Au-delà de l’échange « 1 tonne de paille pour 2 tonnes de fumier », enlever une partie des résidus végétaux réduit le risque d’effet « éponge » lors des premières pluies post-semis, qui porterait préjudice à l’humectation des graines. De plus, cela limite les faims d’azote lors des premiers stades du colza. Ensuite, les frères ont travaillé sur 10 – 15 cm de profondeur avec un outil à dents droites (Actisol). Objectif, fissurer pour accentuer la porosité verticale. Toutefois, pour ne pas créer des mottes compactes, ils n’ont pas dépassé les 5 km/h sur les 90 ha concernés.

semis simplifié colza monograine

Florent et Alex Gazeau ont fissuré, exporté la paille et affiné le lit de semences pour favoriser les levées et les premiers stades du colza. (©Entraid Médias)

Peser le pour et le contre

Puis ils ont rappuyé avec un rouleau large de 9 m, pour maintenir l’humidité s’il venait à pleuvoir. Un à plusieurs passages de déchaumeur à disques indépendants de 5 m de large ont suivi, pour affiner, « jusqu’à ce que ça me convienne », précise Florent. Alex et lui sont conscients des limites de cette combinaison d’affinement et d’export de matière organique de surface sur sol limoneux. Parmi elles, le risque de formation de croûte de battance et l’érosion éolienne : « de toute façon, il n’y a pas de méthode avec zéro risque ni défaut », concèdent-ils, fatalistes.

déchaumeur à disques Kuhn Optimer au champ

Florent Gazeau affine le lit de semences avec le déchaumeur à disques indépendants Kuhn Optimer de la cuma La Vasléenne. (©Entraid Médias)

Colza implanté au semoir monograine

Alex et Florent emploient un semoir monograine pour emblaver leurs 90 ha de colza. « D’accord, c’est plus lent qu’avec un semoir en ligne, admettent-ils. Mais cette technique assure plusieurs avantages technico-économiques. »

D’abord, une meilleure maîtrise de la densité de semis. « Les doses semées au semoir en ligne étaient trop aléatoires, se souvient Florent. Désormais, grâce au monograine, les doses mises en terre correspondent à nos objectifs. » En découle la possibilité de semer moins dru, 30 grains/m², soit 300 000 grains/ha, avec interrangs de 50 cm. « Cela permet d’investir dans la génétique des semences hybrides, à meilleur potentiel que les semences de ferme, appuie-t-il. »

semoir monograine Monosem NG Plus 4 châssis Extend, au colza

Les frères Gazeau sont convaincus des avantages de semer le colza au semoir monograine. (©Entraid Médias)

Maîtrise de la densité et de la levée

Autre avantage, l’homogénéité de la levée. « Le semis est régulier, décrit Florent. Le Monosem NG Plus 4 de la Cuma sème à profondeur régulière, avec des distances entre graines constantes. De plus, nous avons ajouté des roues Pro aux éléments, qui accentuent le contact terre-graine, ce qui favorise les remontées d’humidité vers les semences. Enfin, les roues arrière rappuient bien le sol. Les levées sont homogènes. » Une régularité qui, pour une même variété, réduit les charges : « nous estimons à 20 €/ha l’économie de semences par rapport à un semis en plein », précise Alex.

Qualité d’implantation plutôt que rapidité d’exécution

Ce 20 août, Florent et Alex ont semé le colza à faible profondeur, pour profiter des premières ondées. « Forcément, il y a de l’incertitude concernant la météo. Utiliser un semoir de précision nous rassure, car il pardonne plus en conditions difficiles », affirme Alex Gazeau.

semoir monograine Monosem NG Plus 4 châssis Extend, au colza

Alex et Florent Gazeau apprécient le placement des graines et la fermeture rappuyée des sillons que confère leur semoir de précision. (©Entraid Médias)

Les frères sèment avec un semoir 6 rangs espacés de 50 cm, à un peu plus de 6 km/h. Soit un peu plus de 1.5 ha/h, si on compte les ravitaillements et les manœuvres. Pour eux, la réussite du colza, culture à forte marge, justifie d’y consacrer le temps nécessaire, même si cela implique de passer une dizaine d’heures de plus au champ. La Cuma La Vasléenne facture le semoir 17 €/ha.

Fertilisation en questions

« Le semoir comporte une trémie fertilisatrice, complète Alex qui permet de localiser un engrais starter lors du semis. » Une technique qu’il appliquera chez lui, au contraire de son frère. Peu enclin aux impasses de fertilisation sur colza, culture majeure de leurs assolements, Florent limitera pourtant les apports sur la crucifère en 2026-2027. « En raison de l’augmentation du prix des engrais minéraux, j’apporterai de l’azote selon les pluies. L’unité de phosphore coûtait 1 €, elle est aujourd’hui à 1,5 €. Par conséquent, je prévois d’en mettre 40 unités/ha plutôt que 70 à 80 habituellement. »

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