Mécanisation agricole : hausse des coûts et défis de compétitivité

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Mécanisation agricole : hausse des coûts et défis de compétitivité

Axema fait la liste des charges qui pèsent sur les exploitations. (©entraid)

Le syndicat des constructeurs Axema caractérise l’augmentation des charges de mécanisation notamment par une externalisation des travaux et de nouvelles stratégies finanières. Des charges qui pèsent sur la compétitivité. 

+ 100 €/ha : une exploitation qui dépensait environ 400 €/ha pour se mécaniser en 2021 doit aujourd’hui débourser entre 490 €/ha et 510 €/ha pour le même niveau de façon. C’est ça, les + 25 % de hausse des charges de mécanisation en 5 ans. Et vues les différentes tendances à l’augmentation en cours, (carburant, coût de maintenance, taux d’intérêts, etc.) ce n’est peut-être pas terminé. Problème : les postes de consommations pour les agriculteurs français sont parmi les plus élevés d’Europe. Ce qui plombe la compétitivité de la production. Explications des charges de mécanisation agricole.

Les facteurs d’inflation et la mutation des coûts d’exploitation

La France a connu une hausse significative des charges de mécanisation agricoles depuis 2020. Pour l’Axema, cette augmentation est due à la hausse des prix des matériels et aux investissements importants réalisés entre 2021 et 2023. Ces charges représentent une part substantielle des coûts d’exploitation des agriculteurs, atteignant en moyenne 25 à 30 % en 2024, d’après Agreste ou le Rica.

Le syndicat estime que sur 15 ans, l’évolution de ces charges n’est pas uniforme selon les postes. Le poids des amortissements de matériel reculerait tendanciellement (-7 points depuis 2010) au profit des travaux par tiers (+4 points) et de la location / crédit-bail (+2,5 points). Cela témoignerait d’une tendance à l’externalisation des travaux et à des modifications dans les stratégies financières et fiscales.

Disparités par filières agricoles

L’impact de cette hausse des coûts varie considérablement selon les filières agricoles. Les cultures spécialisées (viticulture, maraîchage, arboriculture) ont enregistré un fort alourdissement des charges de mécanisation, de 3,7 points à + 5,4 points en 15 ans. « Cela est probablement lié à la difficulté de recruter de la main-d’œuvre, poussant à une plus grande mécanisation », analyse Axema.

La filière élevage bovin viande a également vu ses charges de mécanisation augmenter (+4,2 points) pour arriver à 32,9 % en 2024. Mais du côté des élevages bovins lait et céréaliers, ces filières ont montré une certaine stabilité des charges de mécanisation.

Le défi de la compétitivité française

Ces charges malheureusement n’aident pas dans la compétitivité de la « ferme France ». Malgré une production agricole française significative, le pays peine à être compétitif par rapport à ses voisins européens.

En effet, l’agriculture française est caractérisée par des taux de résultats faibles. Et apparaît donc faiblement rentable.

Liste à la Prévert des plus fortes charges

Axema s’appuyant sur les statistiques européennes Eurostat dégage que cette faible rentabilité peut être attribuée à des consommations intermédiaires les plus élevées, notamment pour l’achat d’engrais, l’entretien du matériel et le recours à l’externalisation des travaux. Les postes « énergie et lubrifiants », les dépenses vétérinaires, les « services agricoles » sont aussi les plus élevés d’Europe.

Enfin et non des moindres, la France est aussi championne des charges sur la consommation de capital sur les biens d’équipement ou la rémunération des salariés. Tout cela pèse lourd sur la compétitivité globale. La France est ainsi 5ème pays européen pour son résultat net agricole en 2025, à 14,5 milliards d’euros.

L’Espagne est N°1, suivie de l’Italie, la Pologne et l’Allemagne.

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