Des débouchés variés
En 2021, une étude commandée par FranceAgrimer estimait que 20 % des volumes étaient dirigés vers la production d’énergie, contre 52 % pour la litière animale et 25 % pour le paillage horticole. « Il est à noter que l’utilisation du miscanthus comme biocombustible connaît un regain d’intérêt en raison de la hausse du prix des énergies », analyse l’interprofession FranceMiscanthus suite à la publication des chiffres 2024. Pour Sylvain Marsac, ingénieur Arvalis, la question des débouchés est primordiale avant toute plantation. « Pour un débouché énergie, une prairie inutilisée de fétuque peut représenter une alternative avec des coûts similaires, voire inférieurs », évoque-t-il.
Trouver un débouché avant de planter
Si le miscanthus est porteur, la recherche de débouché est primordiale avant de se lancer. « Son défaut, c’est sa densité de 120 kg/m³ en vrac. Il prend de la place au stockage et dans les bennes pour son transport. Il faut chercher un débouché en local », assure Thomas Leveaux. D’autant plus que l’utilisation de cette plante dans une chaudière ne s’improvise pas. « Au même titre que les plaquettes de bois, le miscanthus nécessite une chaudière polycombustible. Il est alors possible de passer du miscanthus au bois sans les mélanger, sous réserve d’adapter les réglages à chaque biomasse », précise le conseiller.

Miscanthus (ici en croissance), switchgrass et TTCR nécessitent peu d’interventions lors de leurs cycles. (©Thomas Leveaux)
Les taillis à très courte rotation (TTCR) cherchent leur modèle
Les taillis à très courte rotation (TTCR), composés de saules plantés à grande densité et récoltés tous les 2 à 3 ans, se développent lentement. S’ils se sont installés sur des milliers d’hectares dans les pays nordiques, les surfaces sont rares en France. En Normandie, la chambre d’agriculture a accompagné le développement des TTCR en bande pour lutter contre l’érosion des sols avec un débouché en chaudière. Mais le projet s’est heurté à un problème de coût de récolte prohibitif. « La tête de récolte peut se déplacer jusqu’à 100 km entre deux chantiers, ça alourdit énormément les charges. Le système en bande n’est peut-être pas le plus optimisé. Il faudrait des parcelles de 2 à 3 ha minimum », chiffre Bastien Langlois, conseiller biomasse à la chambre d’agriculture de Seine-Maritime.
Switchgrass et bambou se tournent vers l’énergie
Jusqu’à présent destinés à d’autres débouchés, le switchgrass et le bambou pourraient allonger la liste des biomasses agricoles destinées à la production d’énergie. « Depuis quelques mois, j’ai eu des appels de grands noms de l’énergie qui s’intéressent au switchgrass. Sur le terrain, il y a déjà des producteurs qui vendent des balles à des chaudières », évoque ainsi Franck Fournier, dirigeant de SeedEnergie, importateur de semences de switchgrass. De son côté, l’entreprise Horizom, acteur de la filière bambou, annonce des caractéristiques similaires à la plaquette forestière avec une production de cendre inférieure à celle du miscanthus.

La portance des parcelles dédiée à la production du biomasse, à l’image de l’ensilage de switchgrass, doit permettre un passage d’engin en hiver. (©Seedenergies)
La biomasse ligneuse, miscanthus et switchgrass, en quelques chiffres
- + 1 000 ha/an : surfaces plantées en miscanthus depuis 10 ans
- 120 kg/m³ : densité du miscanthus en vrac
- 15 à 25 tMS/ha : rendement du miscanthus sur haut potentiel
- 10 à 20 tMS/ha : rendement du switchgrass sur haut potentiel

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