Sans valorisation du bois qu’elle produit, la durabilité de la haie agricole devient chimère. La commercialisation à une filière locale d’approvisionnement de chaufferies constitue une des possibilités, parmi les plus pertinentes, pour valoriser de la plaquette bocagère.La seule condition ? Avoir une gestion raisonnée et cultiver ses haies de manière planifiée et responsable. Plusieurs approches sont possibles pour cela. Faire (en étant formé, y compris sur la sécurité), ou faire faire. Dans ce second cas où l’agriculteur délègue à des structures compétentes, il doit néanmoins garder l’œil sur le résultat attendu pour que la haie continue à exprimer tout son potentiel.
Construire un système durable
L’autoconsommation est le meilleur moyen de valoriser le bois plaquette issu des haies de la ferme. C’est en effet celle qui permet la meilleure rémunération, par évitement de charges.
« En ordre d’idée, le kWh revient à un peu plus de 0,02 € dans le cadre d’une autoconsommation en énergie. C’est donc très compétitif si on compare aux 10 à 17 cents du fioul, ou aux 20 cents de l’électrique », indique Mathieu Gadeau animateur de la filière bois à la fédération des cuma Normandie Ouest. Sur un élevage, l’autoconsommation s’envisage également dans les litières, en substitution de la paille. Par exemple en système bio où cette dernière est peu abondante, « ou encore sur des élevages herbagers, qui ont peu de cultures annuelles, voire aucune. »
Le coût à l’arrivée en chaufferie locale avoisine 40 €/MWh
Valentin Falcon, animateur énergies renouvelables à l’Union des cuma des Pays-de-la-Loire, complète : « La vente dans la filière locale est ensuite un bon moyen de valoriser un surplus de production. Cela permet d’encore mieux amortir les coûts de ses chantiers d’exploitation et d’entretien de ses haies. »
Certes, le fait d’ajouter des structures intermédiaires, du transport, du travail administratif, etc, augmente les coûts du combustible. Un affinage (séchage artificiel ou criblage) peut même s’avérer nécessaire. Ainsi, en intégrant les pertes de matière au long de la chaîne, la traçabilité des lots, le coût moyen du produit qui arrive en chaufferie est plutôt aux alentours de 30 à 45 €/MWh.
Une enquête d’Aile sur le prix du bois énergie en Bretagne (2025) relève une légère dégressivité du coût du MWh en fonction du volume consommé. Elle constate surtout une forte disparité pour les plus petites chaufferies (consommant moins de 500 t/an). Quoi qu’il en soit, il est à retenir qu’un utilisateur de plaquettes a tout intérêt à comprendre les coûts et les contraintes de chacun pour définir le marché juste, équitable et profitable pour tous. C’est d’autant plus évident lorsqu’il s’agit d’acteurs locaux du territoire.
Repères des coûts de la plaquette commercialisée
Le coût de production de la plaquette (40 à 60 €/t) est 10 à 15 fois moindre que celui du bois d’œuvre, ou 5 à 6 fois moindre que la celui de la bûche. Après séchage, livraison, etc, il se situe aux alentours de 100 à 130 €/t, soit 30 à 38 €/MWh.
Des opérations éventuelles d’affinage, par séchage artificiel ou par criblage, peuvent ajouter 10 à 20 €/t. Le coût moyen de la plaquette pour l’utilisateur final arrive ainsi jusqu’à 40 € /MWh, voire au-delà.
Construction de références
L’évaluation technico-économique de l’exploitation des haies dans un contexte de gestion durable, avec ou sans garantie de certification, est encore mal connue.
Des fermes polyculture-élevage en Pays de la Loire vont être accompagnées dans le cadre du programme Climatveg 2 auquel la frcuma Ouest est associée pour s’y pencher dès 2026.
Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :



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