Un panneau solaire encrassé peut perdre entre 5 et 15 % de sa performance chaque année estime le bureau EDF Solutions solaires. Mais les exploitations agricoles, surtout avec élevage, sont propices à un salissement rapide des panneaux. À proximité des silos d’ensilage, ils sont exposés à des poussières sucrées qui ont tendance à se coller plus facilement sur la surface vitrée. Cette poussière se transforme en moisissure et devient difficile à enlever si on la laisse en place plusieurs années. Aussi, plus la pente du toit recevant les panneaux est faible, moins les pluies seront efficaces. Le point sur le nettoyage des panneaux solaires agricoles.
Un exemple parlant
Dans la Loire, la cuma des Monts du Forez et de la Madeleine s’est lancée depuis 2024 dans le nettoyage des panneaux photovoltaïques avec l’acquisition d’un robot. Une activité qui rencontre un certain succès et qui permet de retrouver tout le potentiel de production des toitures photovoltaïques.
Sur une exploitation avec une toiture de 500 m2, l’agriculteur constatait une perte de production de 20 % la deuxième année, soit plus de 2 000 €. Le passage du robot de la cuma a coûté 0,45 € /m², plus 100 € de forfait de mise en place, soit 325 €. Une opération rentable comparé aux 2 000 € de pertes potentielles.
Système D déconseillé pour le nettoyage des panneaux solaires agricoles
Certains seront tentés d’effectuer un nettoyage par leurs propres moyens. Or monter sur la toiture avec un balai pour faire le ménage est à proscrire.
Premièrement, sans ligne de vie la chute peut être fatale. Ensuite, marcher sur des panneaux est à exclure. Ils ne casseront pas mais des microfissures et des rayures apparaîtront dans le verre de surface. Les impuretés s’y accumuleront en priorité. Le poids d’une personne sur le panneau peut aussi endommager les cellules installées sous le verre de surface.
À proscrire également, le nettoyeur haute pression. Il peut détériorer les joints des panneaux. En favorisant la pénétration de l’humidité sur les parties électriques, la perte d’étanchéité entraînerait des dysfonctionnements.
La chaleur : un autre ennemi du panneau photovoltaïque
En plus de la poussière et autres salissures, la chaleur est un ennemi du panneau photovoltaïque. Tous les panneaux sont vendus avec une certification d’une puissance restituée qui est calculée à une température des panneaux de 25 °C. Chaque degré en plus fait perdre 0,5 % d’efficacité. Par une belle journée de printemps, la température des panneaux peut atteindre les 65 °C, soit une perte d’efficacité de 20 % par rapport au potentiel de production.
Les solutions ? Il y a quelques années une entreprise proposait de récupérer les eaux de pluie pour arroser les panneaux en circuit fermé. Une solution déjà trop chère il y a 10 ans. La seule façon de lutter contre la chaleur est à mettre en place lors de l’installation. Il s’agit de laisser une lame d’air entre la toiture et les panneaux. Cet air en circulation les refroidit en partie.
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